Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

editorial / ACTUALITÉS

Une Présidence n’écrit pas comme ça

Le président Bouteflika n’assume pas convenablement ses charges. L’affirmer, ce n’est pas faire dans l’exagération. Les indices plaidant pour une telle assertion ne manquent pas. Il y en a eu tellement, tout au long du quatrième mandat. Si, par le passé, d’aucuns s’étaient étonnés de lire le mot “sornettes” dans un message attribué au chef de l’État et avaient tout naturellement douté de la paternité du texte, aujourd’hui, la conviction est quasi faite que bien des choses échappent au contrôle de Bouteflika. Sur plus d’un aspect, ce qui s’est produit hier, à l’occasion de la conférence sur la transition énergétique, est édifiant. Qu’on en juge. Le ministre de l’Énergie, qui supplée la défection du Premier ministre, donne lecture, pour l’ouverture solennelle de la conférence, à un message au nom du président de la République. Ce qui est tout à fait normal, puisque l’activité est placée sous le haut patronage du Premier magistrat du pays. Et puis, cela fait bientôt quatre années que Bouteflika, malade et omnipotent, communique de la sorte. Mais ce qui s’en est suivi est surprenant, étonnant, voire troublant : le message écrit, sommairement emballé, distribué à la presse, est aussitôt ramassé, sans autres formes d’explication, par des préposés à la tâche dont les mines et l’affairement trahissaient la gravité de la situation. Et c’était bien grave. Au plan de la forme, d’abord : la page de garde du discours attribué à Bouteflika était à l’en-tête du ministère de l’Énergie, ce qui ferait croire que le message est de quelqu’un du ministère de l’Énergie. Déduction : les choses se sont faites dans la précipitation. C’est évident. Dans le fond, c’est encore pire : le leitmotiv présidentiel est allé à contresens de l’objet de la conférence. Il a plaidé pour l’accroissement de l’exploitation des hydrocarbures alors que la rencontre devrait inciter à explorer les voies de la transition, c’est-à-dire la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la promotion des renouvelables. Le message attribué au Président, il faut bien le dire, est passé outre sa fonction, ce qui renforce l’idée que la copie n’a pas été validée comme devait l’être tout discours présidentiel. Mais alors, qui a osé parler au nom de Bouteflika, puisqu’il est clair qu’une Présidence ne devrait pas écrire comme ça ? Pour se permettre une telle audace, il faut avoir la certitude qu’il n’y a point de crainte à le faire.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER
Commentaires
1 réactions
Fraternity le 18/01/2018 à 15h01

La servilité et le mensonge n'ont pas de limites, pour les valets du pouvoir; Hier, c'était le Président, son excellence: Il s'agit de son programme, de son discours, de ses instructions, de ses orientations, et de ses prérogatives. Aujourd'hui, c'est la Présidence de la République à sa tête Said , son frère et consorts qui rédigent et attribuent les messages et les discours fabriqués à son excellence. Le pouvoir ne sait même pas produire un vrai mensonge, par manque de créativité..

Commentaires
1 réactions