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editorial / ACTUALITÉS

Vaut mieux “harak” que harakiri

C’est incontestablement une des plus belles victoires remportées par le mouvement du 22 février. Après 20 semaines de mobilisation populaire et, notamment, depuis ce vendredi 5 juillet, il sera décidément difficile, voire impossible, pour tout acteur, groupe ou alliance politique, d’oser quelque démarche qui irait, peu ou prou, à l’encontre de la volonté des Algériens. Car, désormais, nul ne peut faire mine de n’avoir pas entendu leurs messages ou de n’en avoir pas saisi le sens. Et nul ne peut escompter encore un essoufflement, un déclin ou un reflux d’un mouvement qui s’affirme, de semaine en semaine, comme une véritable révolution citoyenne.
Parti pour un “Forum du dialogue national” dont on soupçonnait qu’il allait déboucher sur une adhésion plus ou moins assumée à la nouvelle “approche politique” du régime telle qu’annoncée mercredi dernier par le chef de l’État par intérim, le groupe des “Forces du changement” a finalement adopté, hier, une résolution favorable à l’organisation d’une transition politique. Alors que de nombreux observateurs avaient cru déceler dans les déclarations des différents membres de ce groupement de partis, de personnalités et d’associations les signes d’une tentation d’aller vers une élection présidentielle comme souhaitée par le régime, il n’en fut rien. Faute de pouvoir faire autrement, les participants au “Forum du dialogue national” ont dû reprendre à leur compte l’essentiel des revendications du mouvement populaire, y compris celles ayant trait au départ d’Abdelkader Bensalah et de Noureddine Bedoui, dont les têtes sont réclamées par les manifestants depuis plusieurs semaines.
Pour autant, il ne s’agit sûrement pas d’une posture politicienne ou purement populiste. Les membres des “Forces du changement” ont parfaitement conscience de cette évolution du rapport de force, désormais favorable à la rue. Ils savaient donc qu’une adhésion à la solution électorale préconisée par le régime comportait un risque avéré, d’une part, et aurait un coût, d’autre part. Le risque, c’est celui de permettre au pouvoir de rebondir en s’appuyant sur le soutien des nouveaux alliés… inespérés, ce qui aurait pour conséquence d’éloigner le dénouement de la crise. Le coût, c’est celui qu’ils endosseraient eux-mêmes. Considérés jusque-là comme opposants, ils se verraient rejetés par la rue et classés à la même place que le FLN, le RND et compagnie. Les “Forces du changement” ont donc opté pour le “harak” pour ne pas se faire harakiri. Les meubles sont sauvés. Ceux qui, parmi le groupe, tenaient à une présidentielle sans autre préalable que ceux énoncés par Bensalah ont dû déchanter. Et le régime a de quoi se mordre les doigts.


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