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A la une / Enquête

Nouvelles ripostes pour déjouer des plans délictuels transfrontaliers

Carte du crime organisé : ce qui a changé

En s’adaptant aux nouvelles donnes du crime transfrontalier, le CGN a mis le cap sur le verrouillage tous azimuts des frontières. Le trafic humain, comme d’ailleurs le trafic de drogue et de véhicules, touche des régions autrefois paisibles. Le crime organisé touche même des lieudits où les gangs aménagent pour opérer des enlèvements.

De l’identification de “Pokémon”, un baron de drogue algéro-marocain toujours en fuite, à l’arrestation d’un autre baron à Oued Souf, en l’occurrence “Becha”, en passant par les importantes saisies quantifiées en tonnes à Hassi Khebi et autres Zeghdou, à Tindouf et Béchar, le Commandement de la Gendarmerie nationale (CGN) a fait de la lutte contre la drogue en 2009 un axe prioritaire. La mort de deux valeureux gendarmes, tués lors d’un accrochage avec les narcotrafiquants qui ont eu recours à l’usage d’armes de guerre, constitue un précédent gravissime à nos souveraines frontières. La lutte frontale adoptée par le CGN, désormais devenue une donne contre-pragmatique, voire urgente, contre la violation de nos territoires, a abouti à la saisie de près de 50 tonnes de kif traité, au démantèlement de champs de culture de résine de cannabis, mais aussi à la découverte de plants et de cocaïne.

Barons ou dealers de drogue, c’est kif-kif
C’est que la carte du crime organisé a sensiblement évolué, au vu des marchandises qui allaient transiter via l’Algérie pour être acheminées vers les pays du Moyen-Orient, dont l’Égypte, et l’Europe, dont la France. Et tous les palliatifs prévus par les narcotrafiquants sont tombés à l’eau et, avec eux des saisies spectaculaires, et dans des conditions sévères, par les Groupements des gardes-frontières (GGF). Ainsi, pour le troisième trimestre de l’année en cours, il ressort que 5 wilayas ont été touchées par le trafic de drogue par mer, c'est-à-dire par les frontières fluviales, un mode nouveau d’opération des barons de la drogue qui recourent à des moyens plus sophistiqués, comme les zodiacs, pouvant atteindre les 500 km/heure. Les dix affaires traitées dans ces wilayas montrent que Aïn Témouchent vient en tête, suivie d’Alger et d’Oran et, enfin, Mostaganem et Jijel. Et même si les quantités interceptées sont en deçà de ce qui est saisi au niveau des frontières terrestres, il n’en demeure pas moins que les narcotrafiquants étaient en “période d’essai” de ce mode à travers ces régions. Une sorte de ballon-sonde des moyens mis en branle et de la vigilance des éléments de la Gendarmerie nationale que les narcotrafiquants voulaient vraisemblablement tester avant de passer au cap supérieur. Échec et mat, puisque la période du mois de septembre a vu le trafic de drogue chuter à 30 %, sachant que toutes les investigations menées par le CGN ont porté leurs fruits. En revanche, les narcotrafiquants, si on suit la carte du crime organisé des trois derniers mois, ont subi un échec évident à nos frontières terrestres où près de 6 tonnes de résine de cannabis ont été interceptées, avec un lot d’armes, des 4X4 de marque Toyota Station et autres logistiques déployées pour tromper la vigilance des éléments du GGF. On relèvera d’ailleurs que Béchar et Tlemcen ont constitué les deux points de transit des barons du kif avant de subir un autre échec. Par wilaya, également, trois affaires liées à la culture de stupéfiants ont été traitées par la Gendarmerie nationale à Béjaïa et Alger, avec en sus le démantèlement de 25 plants.
À l’intérieur du pays, les dealers de drogue ayant récupéré des petites quantités rejetées par la mer, ont également été traqués par la Gendarmerie nationale qui a réussi à saisir près de 900 kg de kif traité. Une quantité destinée au marché local où le prix du joint a connu une flambée extraordinaire à cause de l’indisponibilité de la marchandise. Résultats des courses : les narcotrafiquants tombent dans le piège de leurs complices qui n’ont d’autre choix que de se repentir au vu des dispositifs de lutte mis en évidence par le CGN, et ce à travers les directives fermes du patron de la Gendarmerie nationale, le général major Ahmed Bousteila. En ce sens, il convient de rappeler que le divisionnaire de la police judiciaire au CGN, le colonel Djamel Zeghida, avait indiqué, au début de l’année en cours, lors d’un point de presse, que près de 60 tonnes de drogue devraient transiter par l’Algérie, d’où la nécessité de faire une offensive contre les narcotrafiquants à tous les niveaux.

Qu’en est-il de la carte  de l’immigration  des harragas  et des Africains ?
Le bilan détaillé de la cellule de communication au CGN, que dirige le colonel Abderrahmane Ayoub, montre également que la carte de l’immigration par mer a subi “un lifting”, et ce, au gré des passeurs qui stimulent la tentation de nos jeunes avant de les abandonner en haute mer. Crime organisé par excellence, l’immigration par mer, communément appelée harga, a connu une sensible baisse dans la wilaya de Aïn Témouchent qui a atteint, il y a quelques temps, des pics sans précédent du nombre de jeunes qui s’aventurent via la mer pour l’Espagne ou encore l’Italie. En revanche, lit-on dans ladite carte, Tlemcen détient le record des jeunes interceptés avec 200 personnes arrêtées en trois mois seulement, contre 69 pour Oran et 20 pour Annaba. Cela va sans dire que les passeurs essayent un autre canal, celui de Mostaganem où 4 personnes ont été appréhendées. Au total, ce sont 308 personnes interceptées en pleine tentative de rejoindre la haute mer et les gendarmes ont eu à traiter, ces trois derniers mois, 71 affaires, dont 61 à la seule wilaya de Tlemcen, liées à l’immigration par mer.
Sur ce chiffre, on retiendra 94 personnes écrouées, la plupart des passeurs, et 213 autres libérées. Au chapitre de l’immigration clandestine, pas moins de 23 wilayas sont affectées par ce phénomène où transitent près de 20 nationalités, la plupart des Africains en quête des pays européens.
Avec 23 % des affaires traitées, Tamanrasset vient en tête du hit-parade avec 466 étrangers arrêtés, la plupart refoulés vers leur pays d’origine, suivie de Illizi avec 355 personnes interceptées et également refoulées et, enfin, Tlemcen, Ghardaïa et Aïn Témouchent avec respectivement 134, 109 et 103 étrangers en situation irrégulière sur nos territoires.
Les grandes villes, comme Alger et Oran, n’échappent pas à ce fléau, puisque 83 personnes ont également été arrêtées dans ces deux capitales commerciales du pays. Les autres régions, comme Mascara, Aïn Defla, Boumerdès, Batna, Tipasa, Bouira, Adrar et autres Béchar, font partie de cette carte qui tend à s’enrichir au vu des arrestations opérées par la Gendarmerie nationale. Les passeurs tentent, en vain, de trouver d’autres palliatifs, comme les lieudits pour dissimuler leurs “invités”, mais les gendarmes ont, eux aussi, leur petite idée sur le trafic humain. Sans grandes variations pour la fausse monnaie et le trafic d’armes, le CGN relève, en ce qui concerne le trafic des véhicules qu’aucune wilaya n’est à l’abri. Sur les 44 affaires constatées et les 75 personnes arrêtées, les wilayas d’Oran, d’El Tarf, de Aïn Defla, Khenchela, Batna et Djelfa, constituent l’axe majeur du trafic de voitures. Combien même les autres régions du pays sont concernées, comme Alger, Sidi Bel-Abbès, Bordj Bou-Arréridj, M’sila, Tébessa, Médéa, Sétif et autres Constantine.
Enfin, note-t-on, les enlèvements touchent des localités anonymes avec 53 cas signalés en trois mois, notamment en Kabylie, où on dénombre au moins deux enlèvements par mois, sinon des tentatives de rapt. Dans ces régions, où les citoyens coopèrent de plus en plus avec les gendarmes, les populations ne cessent de faire appel à l’installation de compagnies et de brigades de la Gendarmerie nationale pour un meilleur maillage sécuritaire.