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A la une / Enquête

Virée dans un cyber-game de la capitale

Ces joueurs venus d’un monde parallèle

Ces enfants ne sont pas si différents que nous. Ils utilisent simplement des abréviations typiques aux jeux vidéo, une nouvelle langue destinée aux experts des games. La majorité d’entre eux passent leur temps à s’affronter dans le mode virtuel, incarnant ainsi le rôle de soldat, de terroriste, de monstre, de sourcier  ou encore de délinquant sanguinaire.

Il est 15h30, une meute d’adolescents en blouse blanche, dont l’âge varie entre 10 et 14 ans, sortis directement de l’école, assiègent le cyber-game “Planète néant”, situé dans un quartier populaire de la capitale. Aucun mot prononcé, à peine un hochement de tête en signe de salutations au gérant du cyber et ils traversent la boutique pour s’installer dans une seconde salle. “Ce sont des habitués des games, leurs parents payent mensuellement leurs abonnements. Ils passent entre deux et trois heures de jeu ici. Ils sont de la maison maintenant”, explique Ameur, gérant du cyber, âgé de 22 ans. À peine installés, les 14 adolescents, tous avec des pseudos bizarres comme l’Ganez, Speed killer…, se lancent dans une discussion codée à l’aide d’un casque branché au PC. Ça parle de Ping, de Mmo, de Wow, de Rpg, de Rts, de Pvp ou encore de Pve… comme s’ils venaient d’une autre planète sortis directement des machines, dont ils sont les seuls à comprendre le langage. Et bien pas de panique ! Ces enfants ne sont pas aussi différents que nous, ils utilisent simplement des abréviations typiques aux jeux vidéo. Une nouvelle langue destinée aux experts des games. La majorité d’entre eux passent leur temps à s’affronter dans le mode virtuel, incarnant ainsi le rôle de soldat, de terroriste, de monstre, de sourcier ou encore de délinquant sanguinaire. Dans ce cyber-game, on propose tout une panoplie de jeux. ça va de World of Warcraft avec Minimap dota, le célèbre Counter strake version 1.6, en passant par Lineage II, etc. On avait l’air complètement “largué” ou encore venu d’une époque révolue, lorsque le jeune Ameur, au look un peu gotique, nous explique les jeux. Pour le volet réseau, les joueurs se mesurent quotidiennement entre eux, grâce à la connexion réseau du cyber. “On peut se mesurer à des équipes allant jusqu'à 8 personnes placées face à face sur des machines puissantes. Ils passent leur temps à s’entraîner, pour se préparer à affronter des équipes étrangères”, dit-il. Selon notre interlocuteur, les gamers finissent par se lasser de jouer contre les mêmes personnes et optent pour le game sur l’internet. “Avec le Net on se perfectionne davantage à force de s’affronter aux équipes étrangères. Notre plus grand problème, ce sont les versions pirates. D’ailleurs, la dernière fois le serveur piraté a été bloqué durant deux mois. C’était la folie”, déclare Walid, un jeune diplômé au chômage âgé de 25 ans et expert des jeux sur le Net. Son copain explique que l’abonnement aux serveurs originaux coûtent excessivement cher. S’ajoutent à ça, les abonnements mensuels aux jeux, les extensions, les addons avec les corrections bugs et les nouvelles map. Tout ça, pour finir avec un budget de plus de 30 000 DA convertis en euros et payés avec carte de crédit. Autre souci pour ces gamers, la lenteur du développement NTIC en Algérie.
C’est le sujet de discussion préféré des joueurs ; on parle de Ping la vitesse de connexion au serveur. “Plus votre ping est élevé, plus vous êtes moins accueilli dans le salon de multi-joueurs, surtout lorsque votre adversaire est en Europe avec une connexion de 20 mégas”, se permet un Ping de 10. “Cela veut dire que son action dans le jeu est de 10 millisecondes pour traduire ses faits et gestes. En Algérie on se contente d’un ping de 250 à 300. Alors”, s’indigne notre interlocuteur. Dans ce monde de jeux, ça ne parle que de nombre d’attaques menées, de bombes désamorcées, de vitesse riposte et de stratégie de guerre. Un monde où règne la violence en maître et le massacre imaginaire n’a pas de limite. La majorité des joueurs rencontrés ont au minimum une année de jeu, à raison de plus de 5 heures par jour, mais ils n’avouent jamais être accros à ça. “Non, je ne suis pas accro au jeux. Je peux décrocher quand je veux. Pour l’instant ce n’est qu’un loisir permanent en attendant de trouver du boulot”, précise Walid.

N. A.