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A la une / Enquête

Après deux ans de bataille contre le Home Office

Fin du cauchemar pour Hicham Yezza

Après l’avoir injustement accusé de terrorisme, les autorités ont exploité des irrégularités sur son titre de séjour dans l’intention de l’expulser en Algérie. Le jeune universitaire de Nottingham sera détenu pendant cinq mois. Il vient d’obtenir son titre de résidence au Royaume-Uni.

En août dernier, Hicham Yezza obtenait son titre de résidence définitive au Royaume-Uni. Il a gagné une âpre et longue bataille contre le Home Office, ministère britannique de l’Intérieur, qui s’est acharné, pendant deux ans, pour l’expulser. Au cours de cette période, Hicham a connu l’enfer de la prison et des centres de rétention pour immigrés clandestins. Il a été détenu pendant cinq mois pour des irrégularités contenues sur son visa. Un ultime prétexte que les autorités britanniques ont trouvé pour le punir d’un crime qu’il n’a jamais commis.
En date du 14 mai 2008, le jeune Algérien est arrêté sur le campus de Nottingham, son lieu de travail. Dans cette université où il a obtenu ses diplômes de graduation et de post-graduation, il occupe désormais un poste dans l’administration. Hicham dirige aussi Ceasefire, une revue de politique internationale qu’il a créée en 2003. Son interpellation fait suite à une dénonciation. Un membre du staff de l’université a trouvé sur son ordinateur un document qualifié de subversif.
Il s’agit d’un manuel d’entraînement des terroristes d’El Qaïda que Rizwan Sabir, un étudiant en sciences politiques d’origine pakistanaise, lui a envoyé pour consultation. Sabir, qui préparait un PHD sur le militantisme islamiste, avait téléchargé le manuel du site du ministère américain de la Justice. Sans être son promoteur, Hicham l’orientait dans la préparation de sa thèse et c’est tout naturellement que Sabir lui a transmis le document. En tentant de défendre son ami, l’étudiant est embarqué à son tour par la police.
Les deux universitaires passeront près d’une semaine en garde à vue. “J’étais innocent mais la police a persisté à me garder en détention pendant plusieurs jours sans aucune charge. Cette expérience est dévastatrice”, a relaté Hicham dans une tribune parue dans The Guardian en août 2008. Au cours des interrogatoires, il a expliqué aux enquêteurs que le document trouvé sur son ordinateur est déclassifié et qu’il était disponible sur le site de vente en ligne Amazon.
Au fil des jours, les services de sécurité se rendent compte de leur bourde. Ils relâchent Hicham et Sabir. Mais ils évitent de faire leur mea culpa. Les deux hommes ne sont pas libérés pour leur innocence mais pour insuffisance de preuves. Pour faire diversion, les services de sécurité s’acharnent sur le jeune Algérien. Elles prétextent des irrégularités sur son visa pour le renvoyer dans son pays. Il est de nouveau arrêté et transféré dans un centre de rétention pour immigrés clandestins, dans l’attente de son expulsion. Hicham fait l’objet d’un chantage. Soit il accepte de quitter le territoire britannique sans faire de bruit, soit il est poursuivi en justice pour séjour illégal. L’élan de solidarité exprimé à son égard par la communauté universitaire l’aide à ne pas baisser les bras. Il refuse le deal sordide des autorités et s’engage à lutter fermement pour faire valoir ses droits. Un comité de soutien intitulé “Free Hicham” voit le jour sur le campus de Nottingham.
Des fonds sont récoltés afin de payer les avocats du jeune Algérien. Toutefois, en février 2009, un magistrat le condamne à 9 mois d’emprisonnement. “Il est difficile de croire que le juge l’a envoyé en prison pour une infraction des lois migratoires”, a dénoncé Graig Murry, ancien ambassadeur britannique, dans un article sous le titre : “L’islamophobie et l’incarcération de Hicham Yezza”. Peter Tatchell, militant des droits de l’homme renommé, a accusé les autorités d’exploiter l’affaire du visa pour faire taire les critiques et épargner à la police des sanctions, suite à l’arrestation injustifiée de Hicham et de son ami Sabir. À ce jour, aucune investigation n’a été ouverte. “Mon appartenance religieuse et mes origines ont fait de moi un suspect”, déplore Hicham.
Durant son séjour dans la prison de Woodhill, au centre de l’Angleterre, il dit avoir rencontré des individus accusés de terrorisme mais qui ignorent tout des charges retenues contre eux. En vertu de la sacro-sainte législation antiterroriste, les services de sécurité britanniques ont obtenu le droit de piétiner les libertés individuelles. À Nottingham, ils ont violé les franchises universitaires. Cédant à la pression, le rectorat de cette université n’a pas trouvé mieux que de supprimer le module concernant le terrorisme.