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A la une / Enquête

Me Yahia Bouamama, bâtonnier de la Cour de Blida et Chlef

“La conjoncture est favorable pour s’affirmer”

Ancien magistrat et actuellement bâtonnier de l’Ordre des avocats, regroupant la cour de Blida et celle de Chlef, Me Bouamama dépeint la situation dans laquelle se débattent les juges en des termes durs : “Les magistrats de notre pays qui se sont  enfermés sur eux-mêmes depuis bientôt des décennies tentent de sortir de cette espèce de gouffre qui les étouffe, qui leur donne l'impression de dépendre d'un pouvoir qui les tient à sa disposition.” Il poursuit : “Il leur suffit de revenir à leur mission première et fondamentale qui est de rendre justice en faisant abstraction de toute forme de pression en n’obéissant qu'à la loi et à leur conscience. Ils reprendront, à ce moment-là, cette confiance en eux qu'ils ont perdue”. Selon lui, “la conjoncture est favorable pour s'affirmer comme étant ce pouvoir indépendant qui s'exerce librement dans le respect des droits des personnes et des lois. Tous les ingrédients, la conjoncture nationale et internationale, le discours officiel, la vox populi... sont réunis pour réussir et mener à bien cette lutte qui ne concerne pas uniquement le magistrat mais aussi l'avocat et surtout le citoyen qui a tendance à ne pas croire en sa justice. C'est devenu un problème de société et des plus sensibles. Plus vite, les magistrats acceptent la critique et font leur autocritique et plus vite, ils concrétiseront leur véritable indépendance. Et c'est la justice  qui aura triomphé”. Il rappelle, avec une certaine amertume, que “quand l'avocat s'exprimait dans ce sens, au moment où le magistrat était muet et ne pouvait parler pour une myriade de raisons, ses propos étaient bien accueillis. Maintenant que la conjoncture a changé, le magistrat affirme n'avoir point besoin d'avocat pour parler à sa place”. Sa longue carrière dans le secteur de la  justice lui permet d’affirmer qu’“il est indéniable que le magistrat algérien ne se sent pas libre et indépendant dans l'exercice de ses fonctions. Il lui faut du temps pour acquérir déjà cet état d'esprit d'indépendance avant de l'arracher des mains des autres... tous les autres. Et il sait, quoiqu’il ne le dise pas, que l'avocat a toujours été pour lui le soutien nécessaire et précieux  dans ce combat. Ne sont-ils pas les deux faces de la même pièce, comme on dit ?”  Me Bouamama conclut en ces termes : “Le mal, tout le mal est de ne pas entendre la voix de la raison dès qu’elle vient du partenaire que nous sommes. L'avocat n'est point l'ennemi mais le partenaire qui concourt au même titre que le magistrat à rendre justice...”


N. H.