Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Enquête

Mmes Hamida Kettab et Fazilett Dif, animatrices de l’association El-Amel

“La radiothérapie est le bât qui blesse et tue les patients”

Liberté : On annonce la mise en œuvre du plan de lutte contre le cancer. Qu’en pensez-vous ?
 Le plan cancer est un projet dont on attend le lancement depuis des années avec impatience, car il permettrait de faire face, d’une façon globale, rationnelle et réaliste, à ce fléau qui touche 40 000 nouvelles personnes par an, à parts égales entre les hommes et les femmes. Le président de la République avait insisté, l’année dernière, sur la nécessité de son implémentation. Une journée parlementaire a été organisée pour son lancement. Mais depuis, à part quelques réunions, le projet n’avance pas. Nous espérons que cette année sera celle de sa concrétisation. Bien sûr qu’il faut des synergies entre tous les acteurs, un effort commun, une vision commune, mais il faut le faire, sinon on restera toujours embourbés dans nos problèmes et les patients algériens continueront à mourir dans la souffrance physique et morale. 

Il faut attendre plusieurs mois avant d'obtenir un rendez-vous pour une radiothérapie. Comment vivez-vous, avec les malades, cette situation ?
 C’est très difficile, croyez-moi ! La radiothérapie est l’autre bât qui blesse et tue les patients. Avec seulement cinq centres dans tout le pays, la demande est déjà trop forte. Alors, imaginez la situation quand ces centres tombent tous en panne et en même temps (c’est déjà arrivé), ou que les malades d’un centre comme le CPMC soient envoyés à l’Est et à l’Ouest ? Ceux de l’Ouest envoyés vers Blida ou Alger ? Non seulement les patients vivent le calvaire lors de leurs déplacements (ils n’ont pas où aller, la fatigue extrême du voyage, la solitude loin de la famille…), mais en plus, il faut effectivement attendre des mois pour avoir un rendez-vous. Dernièrement et une fois de plus, les patients du CPMC sont choqués par une note de service qui les informe que les RDV de radiothérapie sont complets jusqu’à… avril 2011 ! La maladie aura eu le temps de refaire son œuvre morbide, et nombre de malades ne seront jamais au rendez-vous !

En tant qu'association, êtes-vous encore confrontés aux SOS lancés par les malades pour avoir des médicaments ?
C’est notre lot quotidien ! En tant qu’association, nos moyens sont réduits. Nous nous démenons pour leur assurer des rendez-vous, pour leur ramener des produits en rupture (ce qui n’est pas facile du tout pour les produits anticancéreux), mais nous ne pouvons malheureusement pas grand-chose. Notre vocation n’est pas d’assurer le traitement, mais d’informer et de sensibiliser les populations. Nous sommes aussi aux côtés de nos patients pour leur assurer l’accès au traitement, au respect de leur dignité, surtout en fin de vie… toutes les choses inscrites dans notre Constitution.