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A la une / Enquête

Plus de 200 milliards y sont consacrés

Le service public, un casse-tête pour la wilaya d’Alger

La capitale est quotidiennement confrontée à une multitude de problèmes liés à la gestion du service public afin d’assurer les meilleures conditions de vie possibles aux Algérois, qu’ils soient résidents ou visiteurs. Virée dans le “royaume” des Epic d’Alger.

Parallèlement aux projets structurants devant rehausser Alger au rang de grande capitale du bassin méditerranéen par, notamment, la révision du Pdau, l’aménagement de la baie, l’alimentation H24 en eau potable, le relogement de milliers de familles et l’éradication de l’habitat précaire, la wilaya d’Alger est quotidiennement confrontée à une multitude de problèmes liés à la gestion du service public, et ce, afin d’assurer les meilleures conditions de vie possibles aux Algérois, qu’ils soient résidents ou visiteurs. Ce qui n’est pas une mince affaire devant l’accroissement de la population avec toutes ses exigences et l’état de vétusté des voiries et des réseaux nécessitant pour leur entretien une armada de moyens humains et matériels.
L’hygiène, l’assainissement et les routes représentent le gros du service public. Un dossier spécial leur sera consacré prochainement. Néanmoins, le plan lumière, l’affichage publicitaire et les écoles de formation des Epic seront traités. La direction de l’administration et du contrôle informatique nous a ouvert ses portes pour nous permettre de pénétrer au royaume de 21 établissements (Epic) chargés d’assurer aux citoyens de la mégapole les prestations de service public. Les mesures prises depuis 2004 ont permis de doter les principaux intervenants, à savoir NetCom, Asrout, Erma, Hurbal, Edeval, EGPFC, Ecmu et EGCTU, en moyens humains et matériels. Les effectifs de ces établissements avoisinent 2 800 agents, dont 1 100 pour NetCom, 890 pour Asrout (assainissement et travaux routiers), 400 pour Edeval (développement et entretien des espaces verts) et 140 pour l’Erma (éclairage public). Le parc roulant a été renforcé d’environ 360 véhicules tous types confondus (camions à benne, bennes-tasseuses, microbennes, camions Ampliroll, Dumper, camions nacelle, camions-citernes, etc.).
Pour permettre une intervention rapide, il a été jugé utile de créer de nouvelles unités géographiquement proches des usagers. Les Epic chargés de la prise en charge des missions basiques au niveau de 28 communes dites intra muros sont passés de 2 ou 3 unités à 8 ou 9 unités. Ces dernières sont décentralisées aussi en sections puis en secteurs. Pour concrétiser cette décentralisation, les établissements ont été dotés de crédits pluriannuels dont l’enveloppe a atteint 200 milliards de centimes. Asrout, un des plus importants intervenants, a acquis une centrale à enrober à chaud d’un montant de 16 milliards de centimes.
Cet instrument aura pour mission d’accroître l’efficacité opérationnelle de l’établissement et assurer son autonomie vis-à-vis des fournisseurs, d’autant plus qu’Asrout est sollicité par le secteur des travaux publics et des circonscriptions administratives pour la prise en charge des travaux de revêtement sur le territoire de la wilaya d’Alger. Pour assurer la qualité de service en adéquation avec les exigences des citoyens et la modernisation de la gestion du service public au niveau des 57 communes d’Alger, il a été confié à l’Erma le suivi de la réalisation en cours d’un centre d’éclairage où seront regroupés des BET et laboratoires de contrôle.

Plan lumière et affichage publicitaire
Pour assurer un éclairage cohérent, faire émerger l’identité de la capitale et rehausser le patrimoine architectural, il faut impérativement, à l’instar des autres grandes villes du monde, élaborer un schéma directeur d’aménagement lumière, ou plan lumière, qui permettra de faire appel aux concepteurs lumière, architectes et designers de répondre aux attentes d’Alger.
Ce plan s’articule autour de 3 axes qui sont la mise à niveau de l’éclairage fonctionnel (86 sites seront réhabilités dans l’hypercentre, y compris La Casbah), la mise en lumière des sites et édifices importants (31 sites seront concernés), la décoration lumineuse festive qui sera faite uniquement lors des évènements et fêtes et vise à décorer les artères principales de la capitale. C’est grâce à ce plan lumière qu’Alger trouvera sans doute sa place parmi les grandes métropoles et fera découvrir à ses habitants et visiteurs une promenade lumière. Un éclairage qui va sécuriser, animer et embellir plus la ville. Le premier avis d’appel d’offres national et international s’étant avéré infructueux, une deuxième offre sera incessamment lancée.
En matière d’affichage publicitaire, la wilaya d’Alger, devant le vide juridique constaté, a promulgué l’arrêté n°848 du 10/05/2005 portant approbation du règlement local de l’affichage publicitaire et du cahier des charges y afférent. Une décision prise à l’effet de mettre un terme à l’anarchie et aux dépassements relevés.
Il faut rappeler dans ce cadre la prolifération anarchique de l’affichage publicitaire, notamment en milieu urbain, qui n’a pas manqué de dénaturer le paysage de la capitale et privé aussi les collectivités locales de ressources conséquentes. Le manque à gagner était estimé à fin 2004 pour l’ensemble des communes à plus de 130 milliards de centimes correspondant à l’exploitation par les afficheurs publics et privés pendant des années de plus de 500 panneaux au niveau notamment des autoroutes, sans aucune contrepartie.
Ainsi, et dans le souci d’assurer le maximum de ressources financières aux collectivités locales, il a été décidé de mettre en œuvre les dispositions dudit arrêté par des règles d’organisation nécessaires pour une meilleure gestion de l’espace urbain et sa rentabilisation par les collectivités territoriales et d’assurer les ressources financières que le Trésor public et les municipalités sont en droit d’attendre, la protection du cadre de vie des citoyens et la sauvegarde de la cohérence esthétique du tissu urbain, la mise à disposition des collectivités locales des dispositifs de contrôle de l’activité publicitaire, garantir un certain nombre d’équilibres fondamentaux en matière de publicité au niveau de l’ensemble du territoire de la wilaya à travers un découpage en zones de publicité au nombre de 5, dont une est interdite.
La nouvelle réglementation, dont le suivi de l’application au niveau de chaque commune, relève de la compétence du P/Apc, prévoit un certain nombre de points à respecter, dont l’installation de tout dispositif publicitaire qui reste assujetti à une autorisation délivrée par la municipalité après avis de la commission chargée de la circulation et de la sécurité routière, sans oublier la conformité aux prescriptions techniques de dimensionnement et conditions d’implantation.
Dans le cadre de la mise en œuvre de ce dispositif, la wilaya a lancé une opération de mise en adjudication des sites destinés à l’affichage publicitaire en contrepartie du versement de redevances et de dotation des communes en mobilier urbain homogène, de style ville, d’un standard et d’une qualité supérieure qui s’intègre dans le paysage urbain. Il a par cette opération pilote permis au niveau de 37 communes en l’hypercentre d’engranger plus de 206 milliards de centimes, soit 155 milliards de centimes en mobilier urbain et 50 milliards représentant la redevance à percevoir par les trésoriers communaux (pour les trois années d’adjudication). Avant l’organisation de l’affichage, la recette globale de ces communes n’était que de 2,3 milliards de centimes.
Les résultats de cette opération ont permis à 32 communes sur  57 que compte la wilaya d’Alger, à travers la mise en adjudication de 434 sites d’affichage, de se doter d’un ensemble de mobilier urbain esthétique, homogène composé de 397 abribus, 9 kiosques de vente, 39 vespasiennes, 8 kiosques d’orientation et de communication, 37 potelés, 508 bancs publics, 2 921 jardinières, 64 fontaines publiques, 865 corbeilles de ville, 494 bornes de protection et 981 barrières de protection.
Une deuxième opération a été lancée pour le compte des 4 communes de la circonscription de Sidi-M’hamed. Elle a permis un gain de plus de 87 milliards de centimes, soit 6,3 milliards de redevances des 3 années et 81 milliards représentant l’investissement. Il s’agit de 40 abribus, 22 kiosques de vente et de 10 vespasiennes.
De ce fait, le gain global de l’opération de l’organisation de l’affichage publicitaire est de plus de 294 milliards, soit plus de 57 milliards représentant la redevance pour les 3 années et 231 milliards représentant l’investissement en mobilier urbain installé à ce jour et celui prévu dans les 4 communes de la circonscription de Sidi-M’hamed. Les communes d’El-Biar et de Ben Aknoun seront prochainement concernées par des opérations identiques.

Des écoles de perfectionnement pour les Epic
Assurer l’entretien permanent de tout ce qui touche au bien-être des citoyens demande un savoir-faire et un sens du contact humain. C’est dans ce souci que la wilaya a procédé à la création de 4 écoles de perfectionnement au profit des ouvriers des établissements publics locaux et ceux des communes de la wilaya. Il s’agit de l’école de propreté d’Alger, fonctionnelle à Bologhine. Cette école permettra la modernisation de NetCom. Elle consiste en la requalification de la profession de balayeur et d’éboueur ainsi que celle de l’ensemble de la filière (chef d’équipe, contremaître, conducteur, mécanicien), l’école des métiers de restauration ou centre de formation aux techniques traditionnelles de restauration du bâti ancien algérien rattachée à l’établissement public de wilaya (régie foncière de la ville d’Alger) en collaboration avec la ville française de Lyon dans le cadre du protocole de coopération entre cette ville et la wilaya d’Alger signé en mars 2006. L’école d’horticulture au niveau de l’établissement public Jardin d’Essais d’El-Hamma (et non Epic comme on le croit) devra dispenser des cours d’art floral (initiation, perfectionnement et créativité), de jardinage (plantes, soins culturaux), des cours pratiques de la taille (arbres, arbustes, rosiers), ce qui permettra d’améliorer et de moderniser la gestion des espaces verts existants ou à créer sur le territoire de la wilaya d’Alger.
À noter que le Jardin d’Essai d’El-Hamma a été repris à l’Agence nationale de la conservation de la nature (ANN) et qu’il était fermé pour réhabilitation depuis près de 3 ans. En partenariat avec des spécialistes français, une équipe d’Algériens y travaille actuellement d’arrache-pied pour redonner à cet espace, l’un des repères d’Alger considéré dans les années 1930 comme le 4e plus beau jardin botanique du monde, la place qui lui revient. Il sera totalement rénové avec l’introduction de plusieurs espèces végétales alors que beaucoup d’animaux et oiseaux iront peupler son zoo dans un nouveau look. Conformément aux instructions du wali d’Alger, le jardin rouvrira ses portes au public au printemps prochain coïncidant avec l’organisation des floralies d’Alger.
Pour ce qui est de la quatrième école, elle concerne le perfectionnement dans le métier de l’éclairage (rattachée à l’Erma). Il y a lieu de rappeler que la mise en adjudication des parkings dans l’objectif d’améliorer la qualité des prestations et le rendement du patrimoine de la wilaya, la plupart de ces infrastructures ont fait l’objet d’avis d’appels d’offres au cours de l’année 2005. Cette opération a permis d’améliorer la qualité des prestations et d’obtenir un gain important évalué d’avril 2006 à fin 2007 à 15 milliards de centimes. Six nouveaux parkings sont prévus à El-Harrach, Hydra, Ben Aknoun, Sidi-M’hamed, Madania et Kouba.

A. F.