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A la une / Enquête

Djamel Aïdouni, président du syndicat national des magistrats

“Nous allons remettre un mémoire au ministre de la Justice”

Le président du Syndicat national des magistrats affirme avoir proposé plusieurs mesures dont la consécration d’un budget autonome au pouvoir judiciaire.

Liberté : Le SNM réclame un renforcement de l’indépendance de la justice. Pourquoi maintenant ?

Djamel Aïdouni : Nous avons demandé le changement de la composition du Conseil supérieur de la magistrature. Nous voulons que tous les magistrats qui y siègent soient élus par leurs pairs. Actuellement, 10 magistrats sont élus et 6 sont désignés par le président de la République. Cela, en plus des membres du Conseil supérieur de la magistrature qui siègent par la force de la loi, comme le ministre de la Justice et le premier président de la Cour suprême. Nous avons également demandé à ce que l’inspection générale ne soit plus sous la tutelle du ministère de la Justice, mais dépende du CSM. Comme nous réclamons une indépendance financière, c’est-à-dire la consécration d’“un budget autonome” au pouvoir judiciaire, à l’instar des autres institutions du pays. La consolidation de l’indépendance de la justice constitue l’objectif majeur des magistrats algériens. Contrairement à ce qu’on pense, ce n’est pas la première fois que nous revendiquons la consécration de ce principe. Nous n’avons pas cessé de réitérer cette doléance, depuis la création du syndicat. Nous avons exposé cette préoccupation notamment devant la commission juridique de l’Assemblée nationale et dans le cadre des consultations politiques menées par Abdelkader Bensalah.

Quel écho avez-vous reçu ?
Durant les consultations politiques encadrées par Bensalah, nous avons, par exemple, proposé la création d’une commission de supervision des élections, dans le cadre de la révision du code électoral. Cela a été fait, mais pas comme nous l’avons souhaité. Nous ne voulions pas d’une commission de supervision générale, mais d’une structure dont la mission commence dès la révision des listes électorales jusqu'à la prononciation des résultats. Les magistrats composant cette commission ont joué un rôle. C’est une première. Maintenant, il faut penser à renforcer cette commission et lui donner des prérogatives de contrôle et d’action.
En d’autres termes, nous réclamons l’attribution de prérogatives élargies et efficientes à la commission de supervision des élections. Aujourd’hui, il y a des dysfonctionnements qui confirment
l’autorité du magistrat lors des élections locales, de wilaya et législatives dans un cadre purement formel. C’est pour cette raison que nous appelons à une révision des lois pour que la supervision des magistrats soit totale, du début jusqu'à la fin du scrutin.

Les regroupements régionaux que vous avez présidés ces dernières semaines  répondent à quel objectif ?
Ces regroupements régionaux tenus déjà à Médéa, Chlef, Alger, Constantine, Oran et Ghardaïa étaient l’occasion de recueillir les doléances des magistrats que nous représentons et qui seront consignées dans un mémoire que nous allons  remettre au ministre de la Justice, probablement après une assemblée générale du Syndicat national des magistrats.

Les comptes rendus des correspondants de presse font état de vives critiques envers le syndicat. Certains magistrats auraient demandé même votre destitution. Est-ce vrai ?

Ils n’ont pas demandé mon départ, mais le changement des membres du bureau élu depuis deux ans. Or, le statut du syndicat stipule que les membres du bureau doivent siéger pendant quatre ans. Je n’ai pas voulu leur répondre devant les journalistes. Mais, j’ai remis les pendules à l’heure, lors de la séance à huis clos. S’il y a contestation contre le Syndicat des magistrats, c’est surtout par manque d’informations. Certains ne connaissent pas peut-être nos démarches constantes auprès de la tutelle et nos efforts de faire parvenir les revendications de la base. Pourtant, nous avons des représentants au niveau de chaque cour. Le syndicat a réussi à arracher beaucoup de choses, à commencer par l’augmentation des salaires de 2008. Il a pesé de tout son poids dans l’affaire de l’inspecteur général qui est réglé. Le SNM est également intervenu pour régler de  nombreux cas disciplinaires.