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  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
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Foot / Enquêtes sport

Répercussions économiques

L’histoire du détournement des réformes

Quatorze ans après la révolte populaire, l’Algérie reste toujours en transition vers l’économie de marché. Le 5 octobre a été “préfabriqué” par les décideurs de l’époque pour faire passer les réformes libérales, telle est l’une des pistes de lecture présentées, à l’époque pour expliquer la révolte populaire de 1988. Cette thèse se trouve confortée par le contexte. L’équipe de réformateurs avec comme chefs de file Hidouci et Hadj Nacer, préparait une série de mesures visant à consacrer l’économie de marché, en particulier l’autonomie des entreprises. Indice qui semble corroborer la thèse : le 5 octobre a conduit à l’élaboration en 1989 d’une nouvelle Constitution qui pétrifiait l’option d’économie de marché et de libre entreprise en Algérie. Cependant, les preuves n’ont pas été jusqu’à présent apportées pour confirmer telle ou telle thèse. La genèse du 5 octobre reste toujours une énigme dans l’histoire de l’Algérie post-indépendance. Ce qui semble plus clair aujourd’hui, c’est le cheminement des réformes depuis 1988. Octobre a été le coup de starter. L’image de pillages de magasins d’État, synonymes de pénuries, de rétention de marchandises et de favoritisme, dérivatifs des frustrations populaires, renvoie à la faillite de l’économie dirigée. Le 5 octobre a justifié l’accélération des réformes libérales. Les années 90 — 91 furent ainsi des années de mise en œuvre du dispositif institutionnel préparé par les réformateurs en 87 - 80. Citons l’élaboration de la loi sur la monnaie et le crédit, de la loi sur les relations de travail. L’ancien Chef du gouvernement qui pilotait l’équipe de réformateurs ouvrait le commerce extérieur aux concessionnaires et tentait d’appliquer pour la première fois en Algérie le principe du commerce industrialisant. Dans ce contexte, de grands groupes tels que Peugeot, Renault, Daewoo, Fiat, Rhône-Poulenc affichaient leurs intentions d’investir dans des projets industriels en Algérie. Comme à l’accoutumée, ces réformes connurent une vive opposition de la part de certains clans au pouvoir. Les troubles de 91 ont contribué à refermer rapidement cette parenthèse libérale. Ce qui caractérisait cette époque, c’était une situation financière très difficile qui obligeait l’Algérie à consacrer l’essentiel de ses recettes à payer le service de la dette, conséquence de la chute des prix du pétrole de 86, et des erreurs de gestion, au sommet de l’État. L’alternative du rééchelonnement qui fut suggéré dès les années 87-88 a été repoussée en vain. En 1993, l’étranglement financier avait atteint son paroxysme. L’Algérie était dans une situation de cessation de paiement où elle ne pouvait même pas payer un bateau de blé. Contrainte, elle allait accepter les mesures de remise en ordre du FMI qui lui permettaient de réechelonner sa dette (2 réechelonnements Club de Paris, 1 Club de Londres) et de retrouver sa santé financière. Cette nouvelle situation allait accélérer les réformes. L’ouverture du commerce extérieur en 95, la convertibilité commerciale du dinar allaient ainsi favoriser la disponibilité de produits de large consommation. Fini le temps des pénuries. L’heure est à la liberté de choix. Mais entre-temps, le dinar avait perdu énormément de sa valeur (1). La population s’est appauvrie, conséquence des politiques d’austérité, du plan d’ajustement structurel et des licenciements massifs entre 95 et 98 (400 000 travailleurs avaient perdu leur emploi). En d’autres termes, le citoyen n’avait plus besoin de faire la queue. Le produit était disponible, mais il lui fallait beaucoup plus de dinars pour satisfaire ses besoins de consommation les plus élémentaires. Eu égard à l’érosion importante et cumulée du pouvoir d’achat (2), nombre de produits restaient hors de portée d’une grande masse de la population. Le prix du lait par exemple a été multiplié par dix (plus de 1000 % d’augmentation). Revers de la médaille, l’ouverture du commerce extérieur a été une brèche ouverte aux trabendistes pour s’enrichir sur le dos des consommateurs. En lieu et place d’une économie productive, on a assisté à l’émergence d’une économie de bazar qui symbolise véritablement le détournement des réformes. Le parasitisme d’antan n’a pas disparu. Il prospère sous d’autres formes. En bout de course, les aspirations populaires nées d’octobre 1988 ont été enterrées au profit d’une accumulation primitive qui crée des disparités de richesses. Ingrédients d’une situation explosive qui risque d’ouvrir un nouveau cycle de violences si rien ne bouge en matière d’amélioration des conditions de vie de la population, en particulier dans le domaine de l’emploi, du logement, de l’accès à l’eau potable. N. R. (1) Il fallait en 1989, 1 DA pour 0,75 FF. Il faut aujourd’hui sur le marché officiel 11 DA pour obtenir 1 FF. (2) Le revenu par habitant tournait autour de 2 000 dollars en 88. Il n’est que de 1 500 dollars aujourd’hui, selon les données des institutions internationales.