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LIBERTE Éco / Entreprise et Management

Kamel Agsous, ancien P-DG du groupe Fondal

“Pas de sous-traitance sans l’essor d’une industrie”

© D. R.

L’inertie qui caractérise l’industrie algérienne, ne contribuant qu’à hauteur de 5% au produit intérieur brut (PIB), fait baisser immanquablement le niveau d’activité de la sous-traitance industrielle en Algérie. Celle-ci ne représente qu’environ 1 à 2% de l’activité industrielle globale du pays. Or, au sein des pays industrialisés, ces deux ratios se situent entre 15 et 25%. Cette faiblesse de la sous-traitance industrielle nationale a pour origine l’absence de vision stratégique générale du développement industriel national.

“La stratégie de développement par les filières mécanique, électrique, électronique, métallurgique, …initiée par les pouvoirs publics depuis près de 10 ans, n’a pas intégré dans le développement la notion de sous-traitance locale”, relève M. Agsous Kamel, ancien PDG du groupe Fondal. Certaines contraintes liées beaucoup plus à la gouvernance institutionnelle et managériale freinent encore “l’essor de cette activité industrielle, surtout que cette dernière met souvent en relation des entreprises publiques (donneurs d’ordres) et privées (receveurs d’ordres)”, constate M. Agsous.

L’automobile, faut-il le souligner, demeure aux yeux de tous les observateurs, un secteur structurant une activité de sous-traitance industrielle importante, assurée par des PME dans divers métiers relevant de la mécanique, électronique, la métallurgie, la plasturgie, le caoutchouc etc.  Il entraîne en effet, le développement de l’ensemble des industries manufacturières. Cependant, “en Algérie, l’option de lancer des investissements dans un secteur aussi complexe au double plan des technologies et du marché n’a pas tenu compte de certaines conditions majeures sans lesquelles il ne peut y avoir de rentabilité dans ce secteur”, affirme cet ancien gestionnaire qui préside actuellement la bourse de la sous-traitance.

L’une des conditions concerne, selon lui, l’effet volume qui est aléatoire parce qu’il dépend essentiellement du marché et donc de la conjoncture économique. “En effet, nous constatons, aujourd’hui, un ralentissement de l‘activité automobile dans une phase où elle devait monter en cadence. La preuve en est que le total de la production des 5 usines opérationnelles, attendue pour 2019, n’excédera pas les 100 000 véhicules.

Nous sommes donc loin de l’objectif fixé par les pouvoir publics qui ont prévu une production de 500 000 unités pour 2022 avec un taux d’intégration de 40%”, fait savoir M. Agsous. L’autre condition a trait à la faiblesse d’un secteur industriel national de sous-traitance, incapable de répondre en l’état aux exigences techniques et commerciales de l’industrie automobile.

D’où la nécessité d’une mise à niveau de quelques PME recensées dans diverses activités liées au montage de véhicules. À ces deux contraintes s’ajoute un élément qui complique sérieusement la maîtrise de ce secteur et qui réside dans des évolutions technologiques rapides (motorisation, électrique, hybride, ..), dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée par une conjoncture économique de plus en plus incertaine.

Toutefois, si l’on veut développer une industrie automobile locale, aujourd’hui encore à un stade embryonnaire, les pouvoirs publics doivent envisager, suggère Kamel Agsous, son insertion dans un projet de développement industriel intégré à moyen et à long termes (5 à 10 ans) afin d’éviter des impasses industrielles, financières et sociales préjudiciables à l’économie nationale.  
 

Badreddine KHRIS



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