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Économie / Entreprise et marchés

Parlons management !

Faut-il faire exploser les DRH ?

Le management des ressources humaines est aujourd’hui au centre des enjeux stratégiques dans les entreprises. Mais, souvent, les missions des DRH et leur statut dans l’organisation se révèlent peu adaptées à ces enjeux. Des idées novatrices viennent d’émerger pour combler ce hiatus. Comme cette fonction est généralement la moins développée dans l’entreprise algérienne, il paraît opportun de s’inspirer de ces nouvelles approches pour transformer plus efficacement nos DRH et en faire les architectes du renouveau de nos entreprises.

Ram Charan a jeté un véritable pavé dans la mare avec un court article paru en 2014 dans la Harvard Business Review avec un titre volontairement provocateur : It’s time to split HR (c’est le moment de scinder les DRH)(1). Ram Charan est l’un des plus célèbres spécialistes mondiaux du management des ressources humaines. Coach de grands patrons de multinationales (dont le mythique Jack Welch de General Electric), il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages sur les RH, tous des best-sellers. C’est dire combien son point de vue sur l’évolution des DRH peut être pertinent. Pourquoi ce coup de gueule de Ram Charan ? D’abord, il constate que les politiques RH ont peu d’impact sur l’amélioration des performances financières des entreprises ; et cela, parce que les responsables RH ne sont pas suffisamment au fait de la réalité du business. Et même lorsqu’elles excellent dans leurs fonctions traditionnelles (rémunération, relations de travail…) et dans le développement de la culture d’entreprise, les DRH, constate-t-il, sont davantage tournées vers des questions internes et moins vers les vrais besoins qu’exige la compétitivité sur les marchés.  Quelles réponses Ram Charan nous propose-t-il dans son papier pour la Harvard Business Review ? Un message fort : se débarrasser des DRH classiques et scinder la structure en deux entités : la première – qu’il nomme HR-A (pour administration) – serait dédiée aux questions administratives et à la rémunération et pouvait être rattachée à la fonction finances ; l’autre entité – qu’il appelle HR-LO (pour leadership et organisation) – se focaliserait sur le développement des compétences nécessaires à la compétitivité et serait rattachée directement au PDG. Pour diriger cette entité, Ram Charan recommande de faire appel non pas à des profils trop “ressources humaines mais à des responsables venant des opérations : commercial, production… C’est ce profil qui, selon lui, est plus apte à comprendre les enjeux du développement des talents et apporter des solutions pratiques en cultivant les pépinières de compétences. À cet égard, il rappelle que Bill Conaty, le célèbre vice-président RH de General Electric du temps de Jack Welch, venait du secteur de la production aérospatiale de GE (2).  Que pourraient retirer les DRH algériens du coup de gueule de Ram Charan ? Bien évidemment, comme du reste le reconnaît Ram Charan lui-même, ses recommandations sont à adapter au contexte de chaque entreprise. Il reste que le besoin de revoir de façon approfondie les missions des DRH d’entreprises algériennes apparaît comme une nécessité. Chacun sait, en effet, que nos structures DRH sont souvent organisées selon des schémas obsolètes. Par exemple, beaucoup d’entre elles fonctionnent encore sur le modèle des anciennes DAG où la fonction moyens généraux accapare le gros du temps et de l’énergie de ses responsables. D’un autre côté, la gestion des talents figure rarement dans l’agenda de nos DRH alors qu’elle constitue une priorité pour nos entreprises. Il paraît donc plus qu’urgent que nos entreprises reconsidèrent de façon radicale la vocation de leurs DRH en les positionnant à un rang le plus élevé possible dans la hiérarchie et en choisissant des profils ad hoc pour les manager. Sans DRH qui s’investissent dès à présent dans le développement des compétences, l’entreprise algérienne restera fragilisée et ne pourra pas espérer se maintenir dans la bataille de la compétitivité.
 

1 - It’s time to split HR. Ram Charan. July-August 2014 issue of Harvard Business Review.

2 - Avec Bill Conaty, General Electric a été la première firme à hisser la fonction de responsable RH au rang de vice-président (CHRO : chief human resource officer).


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