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Économie / Entreprise et marchés

Le changement

Pourquoi ça foire ?

Loin d’être un effet de mode, le changement correspond à une vraie nécessité pour les entreprises. Mais peu d’initiatives de changement réussissent. Car ses promoteurs négligent souvent les principes de sa mise en œuvre.

Si on recherche l’expression “Change managementˮ, Google nous ressort plus de 70 millions de références ! C’est dire que la gestion du changement est devenue aujourd’hui une préoccupation majeure pour les entreprises. Compétition accrue sur les marchés, accélération dans l’innovation technologique, bouleversement des réglementations, mutations sociologiques… sont autant de facteurs qui forcent les entreprises à changer continuellement si elles veulent rester sur le marché. Si celles-ci ont pris conscience de la nécessité du changement, peu d’entre elles réussissent à obtenir les changements souhaités. Une étude réalisée en 2012 par le Strategy/Katzenbach Center (1)  révèle que seules 54 % des entreprises sondées ont eu des résultats probants dans leurs initiatives de changement. Un résultat bien maigre comparé aux investissements financiers et organisationnels engagés dans ces initiatives. Toujours selon la même étude, trois principales causes expliquent ce faible taux de succès. En premier, l’étude cite la “fatigue du changement”. Autrement dit, les salariés à qui on demande des modifications souvent importantes dans leurs comportement et façons de faire, s’épuisent vite avant l’atteinte des résultats escomptés. La seconde cause serait due au fait que l’entreprise n’a pas les compétences indispensables pour conduire de telles initiatives et les maintenir sur la durée. La troisième serait liée au fait que les initiatives déclenchées par le top management n’ont pas de relais suffisants au niveau du middle management. Dans un papier publié en juin 2014 dans la revue Strategy & Business,  deux consultants seniors chez Booz & Co et collaborateurs du Katzenbach Center, nous proposent dix principes pour réussir le changement (2). Voici ceux qui apparaissent comme les plus décisifs. En premier lieu, les auteurs considèrent que l’existence d’une culture d’entreprise forte est absolument critique pour la réussite du changement. Toutefois, la culture ne doit pas consister en de simples slogans mais découler de valeurs authentiques que se donne l’entreprise et que les managers doivent incarner et faire vivre au jour le jour dans leur comportement. L’autre principe essentiel pour la réussite réside dans la nécessité d’impliquer d’abord le top management dans les initiatives de changement. C’est seulement à ce prix que le changement gagne en crédibilité auprès des autres collaborateurs. Un autre principe fort veut qu’on mobilise non seulement la rationalité dans les enjeux du changement mais, surtout, qu’on fasse appel à l’intelligence émotionnelle des collaborateurs, notamment en utilisant la symbolique dans la communication d’accompagnement. Ne pas se fier uniquement aux voies hiérarchiques classiques pour conduire le changement est un autre principe fort pour la réussite. Il s’agit aussi de manager “entre les lignes” en identifiant dans l’organisation des “champions” capables de jouer le rôle d’ambassadeurs du changement.
Le besoin de changement pour l’entreprise algérienne est grand. Rappelons ici les résultats saisissants du sondage Gallup (3) qui a révélé que 54% des salariés algériens sont des “désengagés actifs”. Autrement dit, plus de la moitié d’entre eux n’aiment pas leur entreprise et sont même prêts à aller contre ses intérêts ! C’est là une situation difficilement tenable. Le changement s’impose ainsi à nous avec une acuité encore plus vive que dans les autres environnements économiques. En outre, les principes que nous venons d’évoquer paraissent particulièrement bien adaptés à l’entreprise algérienne en quête de changement. Car ils mettent en avant la nécessaire implication du top management dans la conduite du changement. Or peu de nos managers sont prêts à s’engager véritablement dans les transformations indispensables de leur vision du management des hommes et de leurs comportements. Il faudra les y préparer, notamment à travers la formation et le coaching. C’est donc là un chantier prioritaire pour l’entreprise algérienne qui veut s’engager dans la voie du changement. À défaut, toutes les initiatives d’amélioration de ses performances auront peu d’effet.  

1 -http://www.strategyand.pwc.com/global/home/what-we-think/katzenbach-center/organizational-culture
2 - “10 Principles for Leading Changeˮ. Strategy & Business. June 6, 2014 / Summer 2014 / Issue 75
3 - http://www.gallup.com/poll/165269/worldwide-employees-engaged-work.aspx


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