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A la une / Entretien

Nicolas Dot-Pouillard, chercheur associé au Programme Wafaw, à “Liberté”

Accord russo-américain sur la Syrie : “Washington doit exercer des pressions sur Riyad”

©D. R.

Chercheur associé au Programme Wafaw (When Authoritarianism rails in the Arab World, European Research Council), Nicolas Dot-Pouillard revient dans cet entretien sur l’accord russo-américain à Munich et les possibilités de sa mise en œuvre sur le terrain.

Liberté : L’accord russo-américain sur la Syrie est-il applicable sur le terrain ?
Nicolas Dot-Pouillard :
Pour le moment, il n’est pas applicable. Or, l’accord en lui-même est un pas positif. Mais il faut d’abord attendre de voir si l’armée stoppera sa bataille d’Alep et si les mouvements de l’opposition armée feront de même. Sans cela, je ne vois pas comment il peut être mis en œuvre. Toutefois, Washington, n’ayant pas d’influence directe sur l’opposition syrienne, doit exercer des pressions sur les pays du Golfe, principalement l’Arabie saoudite, pour amener les factions armées syriennes à accepter cet accord. Il y a aussi la Turquie qui soutient une partie de l’opposition syrienne contre le régime de Damas. La question qui se pose est la suivante :  la Russie peut-elle exercer son influence sur le régime de Bachar al-Assad pour qu’il accepte également cette trêve ?

La conclusion de l’accord de Munich dessine une nouvelle configuration des rapports de force sur l’échiquier syrien et dans l’ensemble de la région. Quelle sera justement la place de l’Arabie saoudite et de la Turquie ?
Actuellement, les regards sont concentrés sur la bataille d’Alep. Mais il n’y a pas que cette bataille. Le régime syrien a mené plusieurs batailles qui lui ont permis de reprendre le contrôle de plusieurs villes à l’opposition, comme celles de Homs, de Deraa ou de Lattaquié. Ce qui a permis, entre autres, à la communauté alaouite (dont est issu le président Al-Assad, ndlr) de respirer. Nous avons assisté aussi, ces derniers jours, à la remontée de l’armée syrienne dans le nord du pays, frontalier avec la Turquie. Pour le moment, les rapports de force sont favorables au régime de Bachar al-Assad et Moscou. Mais la Russie sait qu’elle devra, à un certain moment, passer par la voie des négociations pour mettre fin à cette crise.

Y aura-t-il une intervention au sol de la coalition internationale en Syrie ?
Effectivement, cette possibilité a été évoquée la semaine dernière par l’Arabie saoudite qui s’est proposée d’envoyer ses troupes au sol, sous la conduite de la coalition internationale que dirigent les États-Unis en Syrie contre l’organisation de l’État islamique. Mais, à mon avis, une telle intervention est peu probable pour plusieurs raisons. Nous avons d’abord la réaction de Bachar al-Assad qui a mis en garde contre toute intervention étrangère, en allusion, évidemment, à la proposition de l’Arabie saoudite. Puis, je doute que Riyad puisse disposer de suffisamment de moyens pour financer une telle opération. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’elle intervient déjà au Yémen où elle s’est embourbée.

L. M.


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2 réactions
no passaran le 14/02/2016 à 9h27

c'eut été intéressant de connaitre les avis de ce spécialiste sur l'infantilisme de la presse française qui annonçait tous les jours que Assad allait tomber en 1 ou 2 mois. Comme les moutons de Panurge, cette presse suivait les prévisions de leurs ''stratèges'' qui ignoraient tout des rapports de force sur le terrain et sur la scène mondiale. Évidemment elle ouvrait ses colonnes à leur larbins de service pour donner du crédit à leur fantasme et délire.

no passaran le 14/02/2016 à 9h35

L'alliance Arabie saoudite/Occident a fait tomber les masques, c'est une aubaine pour ceux qui n'arrivaient à faire connaitre cette alliance de deux idéologies dont l'obsession est de priver les peuples de la liberté et de les exploiter. Votre pétrole et vos dollars montrent leur limite car en face vous avez trouvez quelqu'un qui connait vos petits travers.cette alliance crie au massacre quand elle veut faire oublier les siens en Irak, au Yémen et en Syrie où l'on décapite avec jouissance...

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