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A la une / Entretien

MM. Antoine Ortoli et Thierry Lefebvre, responsables du groupe Sanofi-Aventis à “Liberté”

“en 2014, Sanofi produira 80% de ses médicaments destinés au marché algérien”

Dans cet entretien, accordé exclusivement à Liberté, le vice-président international et porte-parole du leader international du médicament, Sanofi-Aventis, M. Antoine Ortoli, et le directeur général de Sanofi-Algérie, M. Thierry Lefebvre, défendent avec fierté, leur choix d’investir en Algérie.

Liberté : En votre qualité de responsable n°2 du groupe, comment évaluez-vous, aujourd’hui, les activités de Sanofi Aventis ?

M. Antoine Ortoli : Ma responsabilité est sur un périmètre géographique qui est relativement large incluant l’Amérique latine, l’Afrique, le Moyen-Orient, une partie de l’Asie, l’Inde, la Turquie qui remonte sur la Russie, l’Ukraine, etc. Donc, la plupart de ces pays sont des pays dits émergents. je n’aime pas tellement ce mot parce qu’il y a plein de pays qui ont déjà émergé, mais beaucoup plus de pays à forte croissance où nos marchés sont en développement rapide, donc c’est une responsabilité sur l’ensemble de ces opérations, c’est à peu près sur 15 000 personnes et un chiffre d’affaires très conséquent. Les pays émergents étant pour le groupe ce qu’on appelle une plate-forme de croissance, c’est-à-dire un axe de développement important et nous y sommes aujourd’hui les leaders incontestés, tout simplement parce qu’effectivement depuis très longtemps, on est convaincu qu’une partie de l’avenir se déroulera dans ces territoires.

Vous avez dit un chiffre d’affaires “très conséquent”, pouvez-vous nous révéler le montant exact ?
M. Antoine Ortoli : Sanofi, qui devrait être la première compagnie mondiale en 2012, puisque Pfizer nous laisse la première place, fait un chiffre d’affaires d’un peu plus de 30 milliards d’euros pour 110 000 personnes, et nous sommes présents dans plus de 100 pays.

Quelle est la part du chiffre d’affaires de Sanofi en Algérie ?
M. Thierry Lefebvre : En Algérie, notre chiffre d’affaires, en 2011, est de l’ordre de 21 milliards de dinars, soit 210 millions d’euros. Avec les partenariats, on arrive à produire aujourd’hui 50% des volumes et l’an prochain à 60% des volumes.

Quel est le but de votre visite en Algérie, M. Ortoli ?

M. Antoine Ortoli : Le but de mon voyage c’est évidemment de rencontrer mes équipes locales, ce que j’aime bien faire. Ici, nous avons une équipe importante de 650 personnes au total. Ceci, d’une part. D’autre part, c’est aussi une occasion de rencontrer un certain nombre d’autorités en particulier le ministre de l’Industrie, et celui des finances, et bien sûr nous avons rencontré notre partenaire unique et privilégié qui est Saidal. Pour ma part, l’objectif est clair : il s’agit de reformuler ou formuler la confiance et notre engagement sur le marché algérien qui est pour nous stratégique ; c’est un marché important, c’est un marché de plus de 2 milliards d’euros, c’est un marché en croissance, c’est un marché où les produits sont remboursés. En Algérie, il y a effectivement des besoins dans nos domaines d’excellence, à savoir le diabète, l’oncologie et bien d’autres domaines. Je dis confiance, c’est parce que c’est un marché que nous connaissons bien, nous y sommes depuis plus de 20 ans, quelles que soient les circonstances. Nous avons fait le choix d’investir et de rester même durant les moments les plus difficiles qu’a traversés l’Algérie, contrairement à d’autres groupes, parce que le nôtre a une certaine éthique, une certaine culture. on n’est pas simplement là pour être opportunistes et partir au moment où les choses deviennent compliquées. Donc à un certain moment, on a accompagné nos patients et les autorités de santé dans une logique de partenariat pendant toutes les années difficiles qu’avait connues l’Algérie, et nous en sommes fiers parce que l’industrie pharmaceutique n’est pas une industrie comme les autres ; elle est là pour accompagner les gens qui sont malades et ayant besoin de soins ; les patients sont au centre de nos préoccupations et tous les professionnels qui les entourent, les médecins et bien sûr les autorités de la santé qui sont pour nous un partenaire de premier niveau.

Pouvez-vous nous dire sur quoi ont porté vos entretiens avec les autorités algériennes ?
M. Antoine Ortoli : Après cet engagement renouvelé, cette confiance aussi, les autorités nous ont demandé d’avoir une nouvelle approche du marché pharmaceutique, c’est-à-dire de ne plus être simplement un importateur de produits finis, créant des valeurs ajoutées à l’extérieur de l’Algérie, mais d’être un partenaire capable de fabriquer dans une très grande majorité les produits qui sont vendus sur le marché algérien, et de créer à la fois de l’emploi parce que je pense que c’est la vocation profonde d’un groupe et notre président qui a été son fondateur (aujourd’hui en retraite) disait : “Je fais ce groupe pour les hommes et les femmes qui le constituent pour les pays où nous serons implantés.” Il disait au passage : “je veux être algérien en Algérie et brésilien au Brésil”, et je pense que ceci reste un élément très fort de notre culture. Je considère, aujourd’hui, que nous sommes des algériens en Algérie. Ne nous sommes pas une multinationale qui est là simplement pour tirer profit, pour être purement opportuniste. Nous sommes là dans la durée, dans la continuité et dans l’engagement et la confiance.

Quels sont vos projets futurs en Algérie ?

M. Antoine Ortoli : Dans ce cadre-là, effectivement, nous avons décidé, (et c’est une décision lourde pour notre groupe), d’élargir notre capacité de production et de la remettre au niveau des technologies des plus modernes. Notre grand projet consiste en la construction d’une nouvelle usine dans la ville nouvelle de Sidi-Abdallah. C’est un projet qui entre dans le cadre d’extension des activités de Sanofi-Aventis en Algérie. La construction de cette usine coûtera quelque 77 millions d’euros. Elle nous permettra, dès qu’elle sera opérationnelle, de couvrir environ 80% des volumes des médicaments distribués sur le marché algérien. Aujourd’hui, plus de 60% des médicaments vendus par notre groupe en Algérie sont produits ici, dans nos usines ou par nos partenaires. Mais, on veut aller plus loin pour atteindre plus de 80% avec la construction de cette usine, d’ici à 2014, c’est un outil qui garantira la qualité de nos produits et qui permettra la création d’emplois ; ce sera une fierté pour nous mais aussi pour l’Algérie. c’est un bel investissement. À présent, nous travaillons à la partie d’engineering, c’est-à-dire à la conception de cette usine. En parallèle, nous travaillons également sur l’obtention du terrain qui sera l’objet d’une concession, le dossier ayant été approuvé par l’Andi. La démarche administrative suit son cours et on espère signer cet accord de concession à peu près d’ici le 2e trimestre de l’année 2012. Ce qui nous permettra de déposer le permis de construire, et de donner le premier coup de pioche avant la fin de l’année 2012, et de faire une inauguration comme il se doit. Logiquement, on fabriquera les premiers lots de médicaments, après validation, avant fin 2014.

Quelle est la quantité de médicaments fabriqués et distribués par votre groupe aujourd’hui, en Algérie ?
M. Thierry Lefebvre : Aujourd’hui, on parle de 70 millions de boîtes de médicaments distribuées, c’est-à-dire 35 millions de boîtes fabriquées localement, et l’année prochaine on sera à 38 ou 40 millions de boîtes. Avec l’ouverture de la nouvelle usine, en 2014, on espère atteindre entre 70 et 80 millions d’unités. Elle a été agréée pour avoir une capacité plus importante et faire face à notre croissance future pendant les années qui suivent.

Une fois cette usine (sera) ouverte, en 2014, allez-vous cesser d’importer vos produits ?
M. Antoine Ortoli : Non ! On continuera toujours à importer certains de nos produits parce qu’une usine ne peut pas maîtriser toute les technologies ; il y a des technologies sophistiquées dans les domaines de l’oncologie et/ou des biotechnologies qui nous pousserons, pour des obligations industrielles ou de raisons de maîtrise de la technologie, à continuer à importer. Reste que notre souhait le plus secret, c’est qu’on puisse aussi utiliser cette usine pour exporter vers d’autres pays. Je pense qu’aujourd’hui il y a quatre préoccupations majeures qui sont l’environnement (c’est-à-dire avoir une usine propre), la création d’emploi, le transfert des technologies, deux choses que nous faisons déjà, et enfin la contribution sous forme d’exportation. C’est quand même le souci de tous les pays, en particulier l’Algérie, de rééquilibrer sa balance commerciale, et nous étudierons en temps utile les opportunités pour pouvoir exporter à partir de cet outil qui sera de niveau tout à fait international.

Avez-vous été approché par les autorités algériennes pour la production des vaccins, notamment ceux destinés aux enfants ?

M. Antoine Ortoli : Dans notre organisation, Sanofi-Pasteur qui est leader mondial dans le vaccin, est une entité autonome, donc elle n’est pas directement sous ma responsabilité. C’est pour cette raison que je n’aime pas trop parler au nom de mes collègues. Je sais qu’il y a un souhait, à un moment donné, de trouver des partenariats dans le domaine du vaccin, mais je ne peux pas vous en dire beaucoup plus aujourd’hui. Je laisserai mes camarades, mes collègues en charge du vaccin s’exprimer. Mais, effectivement, c’est un domaine stratégique autant pour les autorités de santé algériennes que pour nous. Pour nous, tout souhait de localisation de production est à regarder avec beaucoup d’attention et également beaucoup d’engagement.

Par ailleurs, vous n’êtes pas sans savoir que des ruptures cycliques des anticancéreux sont signalées en Algérie. Avez-vous été sollicité, en tant que producteur spécialisé dans le domaine d’oncologie, par les autorités pour contribuer à remédier à cette situation ?

M. Thierry Lefebvre : Ce que je dirai concernant les problèmes d’oncologie, c’est que nous avons livré nos produits tout au long de l’année, à chaque fois que des commandes nous ont été données. Tous les produits nous les avons livrés de façon systématique, et nous les avons livrés malgré des retards de paiement énormes que la PHC avait avec nous. Pour nous, l’éthique et la santé du patient est notre préoccupation en permanence, donc les produits d’oncologie ont été livrés à chaque fois que nous avons eu des commandes. Aujourd’hui, cette question de dette a été réglée.

Alors, la PCH ne vous doit plus rien aujourd’hui ?

M. Thierry Lefebvre : Aujourd’hui, je confirme que la PCH a honoré toutes ces dettes envers le groupe. Juste avant, nous avons eu une très bonne surprise d’apprendre qu’un autre co-client sur la PCH, soit effectivement apuré. Ce qui est véritablement appréciable. mais, néanmoins, à aucun moment nous n’avions posé la question de savoir si nos patients devaient être soignés ou pas. Ils devaient être soignés et on a été confiant aussi que cette dette importante serait liquidée un jour. C’est arrivé juste avant nous, et ça était une bonne date.

En matière de gestion du médicament, comment trouvez-vous l’Algérie par rapport à d’autres pays ?

M. Thierry Lefebvre : D’abord, je crois que tous les pays ont leurs règles et leurs modes de fonctionnement et qu’il nous appartient de nous adapter. L’Algérie où je vis depuis maintenant 18 mois est un pays qui fonctionne très bien et j’y fonctionne avec plaisir. Après qu’il y eut des difficultés ici ou là, cela fait partie des affaires, ça fait partie de nos rôles de savoir les gérer et aider l’entreprise à les gérer.

M. Antoine Ortoli : Si je compare l’Algérie à d’autres pays, je dirais que, pour moi, l’Algérie n’est pas un pays qui me crée plus de problèmes que les autres pays. Et, j’ai une bonne base statistique parce que je gère 90 pays. Les difficultés qu’on peut y avoir sont parfois la conséquence d’un défaut de communication et de dialogue, mais ni plus ni moins.

Un dernier message pour conclure…

D’abord, nous sommes le groupe Sanofi, mais nous sommes algériens en Algérie. Deuxième chose, notre métier c’est vraiment d’être au service des patients, et c’est ça qui est véritablement notre vocation et ce qui est au cœur de nos préoccupations. Troisièmement, effectivement nous sommes en Algérie depuis longtemps, nous y sommes bien, nous y sommes en confiance, et notre engagement est un engagement à long terme. Il est évident que dans cet engagement c’est l’investissement qu’on est prêt à faire au travers cette usine nouvelle qui sera pour nous un fleuron et je l’espère également pour la santé publique en Algérie. Donc, ce sont des messages positifs…
F. A.