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A la une / Entretien

Un ancien officier du protocole de la présidence decortique l’assassinat de Boudiaf

“Il faut rejuger Boumaârafi”

L’ancien officier Belaïd Metref s’est intéressé de près à l’affaire de l’assassinat du président Boudiaf. Pourquoi ? “Cette affaire est, plus que tout autre, révélatrice de la réalité du système en place depuis 1962 et surtout des mutations qu’il a connues durant les années 1980”, estime-t-il. C’est à ce titre que l’analyse de cet événement mérite, selon lui, d’être approfondie dans tous ses aspects. Belaïd Metref a eu à organiser des dizaines de voyages présidentiels, et les dispositifs de sécurité, en pareilles circonstances, n’ont pas de secret pour lui.

Liberté : M. Metref, qu’y a-t-il donc à dire sur l’assassinat de Boudiaf qui n’ait déjà été dit ?
M. Belaïd Metref : C’est précisément sur ce qui a été dit, plutôt écrit sur cette affaire, notamment dans les Mémoires du général Nezzar et dans le livre du professeur Ridouh, qu’on peut se poser des questions.
Ces deux ouvrages, comme du reste le rapport de la commission d’enquête sur l’assassinat de Boudiaf, soulèvent de nombreuses questions.

Lesquelles ?
En tant qu’ancien officier du protocole de la présidence, je m’attarderais sur celles qui touchent à mon domaine de compétence.
Parlons d’abord de la mission de ce corps nommé GIS, créé en 1989.
La mission du GIS est d’intervenir dans des situations difficiles, telles que les prises d’otages dans un aéronef ou un bâtiment. Ce corps est également qualifié pour faire face à des situations comme l’affaire Bouiali (expérience malheureuse de l’utilisation d’unités combinées — Sécurité militaire-police —, la police reprochait à la Sécurité militaire de n’avoir pas suivi le plan arrêté ensemble et d’être responsable de la mort d’un officier de police…).
Le GIS ou tout autre unité de type “commando” peut intervenir dans un dispositif de sécurité présidentielle, dans l’étanchéité d’un périmètre où se rend un Président (comme dernièrement à Évian, lors de la réunion du G8, les gendarmes-parachutistes français, avec chiens et artificiers, ont “neutralisé” toute la zone où devait avoir lieu le sommet, la veille de sa tenue). Jamais une unité du type GIS n’a assuré la protection rapprochée d’un Président, domaine exclusivement réservé à la garde rapprochée du chef de l’État.
Ces dernières années, nous avons été témoins de plusieurs manifestations officielles réunissant des chefs d’État — ONU (Millénaire), Aqaba (Bush, Sharon, Abbas), sommet du G8 à Évian.
D’ailleurs, les éléments du GIS n’ont reçu aucune formation à cet effet. Ils ont une vocation offensive et choisissent le moment d’attaquer, après avoir étudié la situation.
Les éléments d’une garde rapprochée d’un chef d’État (différente de celle d’une autre personnalité) ont une vocation défensive et ne connaissent ni le moment, ni l’endroit, ni le nombre d’assaillants qui vont essayer d’attenter à la vie du Président.
Ils doivent riposter à l’attaque et protéger de leur corps le chef de l’État en même temps, tandis que les éléments du GIS sont entraînés pour attaquer et se défendre eux-mêmes. C’est pourquoi, lors de l’assassinat de Boudiaf, dès les premières déflagrations, ils s’étaient tous jetés à terre, dans un réflexe d’autodéfense. Supposons, maintenant, que le GIS ait reçu également une formation de protection des hautes personnalités, comme par exemple le Service de protection des hautes personnalités (SPHP) français. Eh bien ! même dans ce cas, il n’est pas habilité à servir de garde rapprochée du Président, car celle-ci doit être obligatoirement constituée d’éléments exclusivement attachés au Président d’une manière permanente, afin d’améliorer sans cesse l’homogénéité de leur équipe et la synchronisation de leurs mouvements de défense. C’est pourquoi, lors de l’attentat contre Boumediene en 1968, les éléments de la garde rapprochée n’ont pas laissé le temps aux CNS de tirer une deuxième rafale de kalachnikov, ont éliminé deux autres assaillants et n’ont pas cherché à poursuivre les autres CNS qui battaient en retraite, ne se souciant que de protéger Boumediene.
Cette année, en France, lors du défilé traditionnel du 14 juillet et suite à la tentative d’assassinat de Chirac, l’année dernière, par un extrémiste de droite, le dispositif de sécurité a été encore amélioré par la multiplication de policiers en civil, mêlés à la foule, procédant à des fouilles et à des vérifications d’identité. Mais il n’a été remarqué aucun policier armé d’une Mat, aussi bien sur l’itinéraire officiel qu’autour de la tribune présidentielle.
Tout ceci pour démontrer qu’il n’y a pas plus aberrant que la présence d’une “Mat Beretta” (et Boumaârafi n’était certainement pas le seul à avoir cette arme) lors du discours du président Boudiaf, à la salle de culture de Annaba.
Enfin, dans les pays comme le nôtre, les milieux bien informés savent qu’un attentat  contre un chef d’état ne peut éventuellement réussir que s’il est préparé et exécuté à l’intérieur du système. Exemple : Madame Ghandi, Sadate, Boumediene, Hassan II, le roi Fayçal d’Arabie, etc.
Les spécificités de ces pays (religieuses, ethniques, régionales, etc.) empêchent les services de sécurité attachés à un chef d’État de réduire au minimum (il n’y a pas de risque zéro) les risques d’un attentat, car il leur est absolument interdit, pour des raisons politiques évidentes, d’exclure de leurs rangs des éléments marqués par ces spécificités.

Comment procède-t-on donc habituellement pour éliminer ou réduire ces risques ?
La seule solution que nous avons trouvée dans notre pays pour contourner cette difficulté, c’est de faire une “enquête d’habilitation”, renouvelée périodiquement, sur toutes les personnes appelées à travailler de manière permanente dans l’entourage immédiat du Président.

De telles enquêtes n’ont donc pas été menées sur les hommes chargés de veiller sur la sécurité de Boudiaf ?
L’analyse objective des trois pages des Mémoires du général Nezzar consacrées à la mort de Boudiaf permettra de faire comprendre à notre opinion publique le drame que nous avons vécu ce jour-là.
Nezzar dit que le commandant du GIS n’avait fait que son travail, qu’à sa place il aurait exactement agi de la même manière.
Il conclut ce paragraphe en se posant la question suivante tout en y répondant : comment se trouve-t-il qu’un officier chargé d’épauler la sécurité rapprochée se soit engagé au plus près du dispositif ? Ceci s’explique par la situation du moment et aussi par le désir de mieux faire.
Nezzar fait ici l’aveu de son incompétence et de l’anarchie qui régnait en cette période.
Le commandant Hamou est l’exemple même de l’utilisation irrationnelle des compétences, caractéristique de la période Chadli : il avait commencé son apprentissage dans la garde rapprochée de Boumediene à la fin des années 1970 et lorsque, après plusieurs années, il a acquis et assimilé toutes les capacités inhérentes à cette fonction, il est désigné commandant d’une unité, le GIS, qui demande des aptitudes diamétralement opposées !
C’est ainsi que, le 29 juin 1992, les principaux responsables, directement concernés par la sécurité du président Boudiaf, les ministres de la Défense nationale et de l’Intérieur, le chef de la Sécurité militaire et le directeur général de la Sûreté nationale occupaient ces fonctions hautement stratégiques depuis moins de deux ans seulement. Tous
ces responsables sont la parfaire illustration du principe  de  Peter : ils  avaient  tous  atteint  leur niveau d’incompétence en même temps, dans une période des plus difficiles, ce qui explique pour moi les nombreux dysfonctionnements relevés d’ailleurs de manière exhaustive par la commission nationale d’enquête sur la mort du président Boudiaf.

Mais revenons aux failles techniques du système de protection mis en place le 29 juin 1992 à Annaba…
Il y a une règle fondamentale relative à la protection rapprochée du chef de l’État sur laquelle on ne peut transiger sans remettre en cause l’essence même de cette fonction. Aucune personne étrangère à sa garde rapprochée (permanente) ne doit pénétrer armée dans un périmètre délimité par le chef de cette garde. À Annaba, en ce jour fatidique, cette règle a été transgressée (pour la première et dernière fois) par les éléments du GIS qui avaient pénétré dans la zone exclusivement réservée à la garde permanente de Boudiaf, lui enlevant par la même occasion son qualificatif de “rapprochée”.
Dans le rapport préliminaire de la commission d’enquête rendu public, je relève notamment que “les lacunes, les négligences et le laisser-aller, remarqués à tous les niveaux des services qui ont programmé la visite, organisé son déroulement et assuré la sécurité du Président, ont constitué, directement ou indirectement, les facteurs qui ont facilité objectivement l’exécution du crime”. Le rapport ajoute, entre autres, que le groupe chargé d’assurer la protection du Président avait été désigné la veille et sans coordination avec les autres services de sécurité et que Boumaârafi avait été désigné contre l’avis de son chef hiérarchique, le lieutenant Turki.

Comment peuvent s’expliquer, d’après vous, d’aussi graves carences ?
L’explication est très simple : après le départ du président Chadli, il n’y avait plus de commandant en chef. Le président Boudiaf avait d’ailleurs le premier employé le terme de “décideurs” (ceux qui ont essayé de l’empêcher d’assister au mariage de son fils au Maroc). Il n’y avait plus d’unité de commandant de l’armée. C’est pourquoi, lors du voyage de Boudiaf à Oran, c’est la forte personnalité du commandant de région (Mémoires de Nezzar, p. 262) qui avait fait que ce dernier prît à sa charge la sécurité du Président et non selon des règles bien établies. Il est à remarquer que ce commandant de région n’a pas jugé utile d’utiliser le GIS (envoyé à Oran comme soutien) dans la salle où Boudiaf a prononcé son discours. Dans son livre, Nezzar semble critiquer le dispositif de sécurité à cette occasion, la salle étant truffée de soldats en civil armés.

Et il aurait tort, selon vous ?
Certes, je concède que ce n’est pas la meilleure manière en l’occurrence, mais le choix des hommes est ici déterminant. De toutes les façons, c’est le résultat qui compte et l’assassinat de Boudiaf a eu lieu à Annaba et non à Oran !
À l’instabilité des responsables, due à la versatilité du président Chadli, a succédé la cacophonie des décideurs pour le voyage de Boudiaf à Annaba. Toujours selon Nezzar, c’est le général Tewfik, chef du DRS, qui l’a contacté pour lui proposer, “entre autres”, Belkheir, ministre de l’Intérieur, pour prendre en charge l’organisation de ce voyage à la place de Hocine Bendjoudi, une personne de l’entourage de Boudiaf. Belkheir n’a pu tenir à son niveau qu’une réunion informelle avec Bendjoudi. Qu’a-t-il bien pu lui dire, puisque dans ce tragique voyage, tout a marché de travers, comme l’a relevé la commission nationale d’enquête ?

Il y a eu une polémique au sujet de l’absence de Belkheir à Annaba... Se devait-il d’y aller ?
Je tiens à préciser à ce propos que la présence ou non d’un ministre à une manifestation présidentielle est du ressort du chef de l’État et de lui seul, sans tenir compte des règles protocolaires.
Si l’absence de Belkheir aux côtés de Boudiaf a certainement été décidée par ce dernier, par contre, en tant que ministre de l’Intérieur et au regard des circonstances exceptionnelles qui prévalaient à cette période (état d’urgence, déstructuration de la Sécurité militaire, inexpérience de l’entourage de Boudiaf…), sa présence à Annaba me paraît indispensable, parce qu’il était le seul à pouvoir coordonner les actions des différents services de sécurité, civils et militaires.
Le manque de coordination entre les services de sécurité était dû au fait que le GIS et le SPP venus d’Alger était mis sur un pied d’égalité et n’avaient pas de supérieur hiérarchique pour délimiter leur rayon d’action. C’est ce qui a permis au GIS de s’imposer et de pénétrer dans la zone exclusivement réservée à la garde rapprochée, profitant surtout de l’inexpérience du commandant du SPP, lui aussi nouveau à ce poste. C’est précisément à ce dernier que revient habituellement la mission d’organiser, de mettre en œuvre et de coordonner l’action de tous les services de sécurité qui s’articulent autour de la protection rapprochée du Président.
Eu égard à toutes ces considérations, la présence de Belkheir, général et ministre de l’Intérieur, s’imposait dans un QG installé à la Sûreté de wilaya de Annaba. Ce faisant, il aurait respecté la décision de Boudiaf qui ne voulait en aucun cas être accompagné par des figures de l’ancien régime (Mémoires de Nezzar), tout en assurant la coordination des services de sécurité de la police et de l’armée — comme il était décideur lui aussi.

Et pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Pouvait-il se rendre à Annaba sans l’accord de Boudiaf ?
Il a préféré rester à son bureau à Alger et faire un communiqué, après l’assassinat de Boudiaf, pour dire que l’assassin ne faisait pas partie de ses services ! En conclusion, toutes les lacunes constatées sont principalement dues à la collégialité de la prise de décision. Les ministres de la Défense nationale et de l’Intérieur et le chef du DRS se sont directement impliqués dans l’organisation du voyage présidentiel. Il a été décidé, pour l’unique fois dans l’histoire de l’Algérie indépendante, de mettre ensemble, pour la protection rapprochée d’un Président, deux groupes à vocations diamétralement opposées.

M. Metref, vous ne mettez en évidence, pour le moment, aucun lien direct entre la désorganisation que vous décrivez et le lieutenant Boumaârafi qui a tiré sur Boudiaf...
C’est précisément ce cafouillage généralisé qui a rendu possible la présence de Boumaârafi dans l’entourage immédiat du président Boudiaf. S’il y avait eu enquête d’habilitation sur ce personnage, il n’aurait pas été là. Sauf à avoir des desseins autres que la protection efficiente de la personne de Mohamed Boudiaf.  Si le GIS devait être éloigné du Président et si on ne l’a pas fait, on a fait pire en désignant, parmi ce corps du GIS, un élément indiscipliné, à la dernière minute, qui, en plus, était détesté par son chef direct qui s’était opposé à sa désignation à cette mission, qui avait été formé dans une école dont certains de sa promotion avaient été impliqués dans des affaires liées directement au terrorisme et étaient élèves de Ali Djeddi, membre du madjlis echoura du FIS (Mémoires de Nezzar). Cet élément a utilisé une arme qui ne figure dans aucune panoplie des gardes rapprochées de chef d’État.

La piste islamiste doit-elle, pour autant, être écartée ?
Nezzar conclut le chapitre consacré à l’assassinat de Boudiaf en ayant la conviction que les commanditaires de l’assassinat sont les islamistes : même dans ce cas, ce sont les décideurs, par les mesures prises et leurs comportements, qui sont les premiers responsables puisque, selon la commission d’enquête, ils ont facilité objectivement, directement ou indirectement, l’exécution de cet assassinat.
Selon le code pénal militaire (article 68), le droit de mettre en mouvement l’action publique appartient dans tous les cas au ministre de la Défense nationale.
C’est donc au général Nezzar, juge et partie dans l’assassinat de Boudiaf, que revenait la décision de décider que ce ne serait pas la juridiction militaire qui instruirait le procès d’un officier qui avait assassiné le commandant en chef de l’ANP. Pour cette unique raison, le procès de Boumaârafi devrait être révisé.

Mais vous ne dites pas assez sur le profil de Boumaârafi qui, selon vous, ne devait pas être à Annaba...
L’expertise psychiatrique a conclu à la responsabilité de Boumaârafi. Sans m’immiscer dans les débats des spécialistes en la matière, je ferai remarquer que les experts dans l’affaire de Nanterre (Le Monde du 28/03/02) ont un avis partagé, mais tous soulignent que le “passage à l’acte” ne revoie pas à une pathologie unique.
De toutes les manières, ceux qui sélectionnent les éléments devant servir dans la garde rapprochée d’un Président n’auraient jamais choisi Boumaârafi, d’abord à cause de son caractère et de son tempérament. Très succinctement, Boumaârafi est du type “Rambo” et ne déparerait aucunement un groupe de choc du genre commando. Par contre, le trait dominant chez un garde du corps d’un chef d’État est un mélange de calme et de tension à peine perceptible, une “force tranquille” en quelque sorte. Ensuite, dans le contexte politique au moment de la création du HCE, Boumaârafi aurait été écarté, précisément pour toutes les raisons évoquées dans les Mémoires de Nezzar à propos de la piste islamiste qu’il ne fallait pas écarter. Enfin, la candidature de Boumaârafi aurait été immédiatement rejetée, du simple fait que sa pauvre mère, malade mentale, était décédée alors qu’il était adolescent (livre de Ridouh).
Combien de criminels ont pu sauver leur peau parce que leurs avocats leur ont trouvé un parent malade mentale ? “Papillon” n’a-t-il pas raconté en détail comment il a pu tromper, en simulant la folie, la vigilance des psychanalystes et échapper ainsi à l’exécution de la peine capitale ? Pour accréditer la thèse du suicide de l’actrice de cinéma Marylin Monroe, le FBI n’a-t-il pas évoqué que sa mère avait fréquenté un asile psychiatrique ? Quand il s’agit de la sécurité d’un Président, tous les stratagèmes, toutes les ruses et même les mensonges peuvent servir de prétexte et quand il n’y en a pas, on en invente, c’est ainsi que procèdent tous ceux qui ont la responsabilité d’assurer la sécurité d’un chef d’État, surtout pour les pays comme le nôtre. Je vous
cite un exemple : plusieurs hélicoptères servant aux déplacements présidentiels s’étant écrasés sans que ne soit trouvé un quelconque indice prouvant un éventuel sabotage.
Pour convaincre Boumediene de ne plus utiliser ce moyen de transport, l’hypothèse que les hélicoptères pouvaient avoir été programmés au moment de leur construction pour “crasher” après un certain nombre d’heures de vol avait été avancée comme une certitude !
Nezzar rejette d’emblée la piste de la “mafia politico-financière”, affirmant, entre autres, que celle-ci est le fruit de l’imagination d’officines algériennes et étrangères qui veulent à tout prix diaboliser notre pays. La mafia politico-financière malheureusement existe bel et bien.

S. C.

Qui est Belaïd Metref ?
Belaïd Metref est un ancien officier de l’ANP et du protocole de la présidence sous Boumediene. Major de la promotion internationale de l’Académie navale de Grande-Bretagne, il a été promu, en 1965, commandant d’une vedette lance-torpilles. Il avait alors moins de vingt-deux ans.  C’est en 1966, une année plus tard, qu’il a été choisi, avec quatre autres officiers appartenant à d’autres corps d’armée, pour créer la direction du protocole de la présidence de la République.
En 1970, son nom figurait, dans l’ordre protocolaire de la direction, en seconde position, après celui du directeur, Abdelmadjid Allahoum. Il est nommé, à 29 ans, chef des personnels militaire et civil de la Marine nationale. Il est ainsi le premier officier issu des rangs de l’ANP désigné à cette fonction.
À ce titre, il a servi d’assesseur auprès du tribunal militaire de Blida.
En 1975, il est de nouveau affecté à la direction du protocole de la présidence, jusqu’à la mort de Boumediene. Il avait quarante-deux ans, en 1986, lorsque fut prise la décision de sa mise à la retraite, “dans des circonstances confuses et dans la précipitation”, dit-il. Belaïd Metref est convaincu qu’il avait fait l’objet d’une chasse aux sorcières, voire d’un règlement de comptes. “J’ai pu connaître de manière précise les véritables raisons de ma mise à la retraite prématurée : des affaires de corruption et de blanchiment d’argent, touchant la plus haute hiérarchie et dont j’avais été le principal témoin en 1978 quand j’étais à la présidence, qui commençaient au moment de ma mise à la retraite à prendre des proportions d’affaires d’État”, affirme-t-il.

S. C.