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A la une / Entretien

Dr. Abdelghani Meslem à Liberté

« Il n’existe pas de lien entre les séismes et les changements climatiques »

©D.R.

Le Docteur Abdelghani Meslem est un sismologue algérien travaillant à la fondation internationale de recherche en sismologie, sismologie, risque sismique et gestion des catastrophes NORSAR, à Oslo (Norvège). Il revient au cours de cet entretien sur les tremblements de terre, et leur impact sur l’environnement.

 

[Interview réalisée par Imène AMOKRANE]

Liberté : Existerait-il un lien entre le changement climatique et les tremblements de terre ?

Abdelghani Meslem : En réalité ce sujet a été soulevé (et publié que dans des sites web ou même dans des journaux) par certains chercheurs et scientifiques qui ne sont pas vraiment connus. Ils disent que le changement climatique peut provoquer des séismes, sans vraiment donner plus d’informations et des preuves solides. Tout ce que je peux vous dire pour le moment, c’est que ce n’est qu’une hypothèse à confirmer. D’ailleurs, cette question n'a même pas été évoquée au niveau des communautés scientifiques internationales (c’est-à-dire être présentée ou publiée dans des séminaires ou conférences internationales, dans des revues scientifique).

Il est possible que l'évocation de cette question est peut être dû à la mauvaise interprétation d’un autre évènement (de nature non-tectonique et qui peut être provoqué sous l’effet de réchauffement de terre) qui est souvent pris pour tremblement de terre (qui est un évènement de nature tectonique). Cet évènement s’appelle tremblement de terre de glace ou tremblement de gel (en Anglais : icequake, ou bien aussi cryoseism).

Icequake peut être causée par une action de craquage soudaine dans le sol gelé ou roche saturée avec de l'eau ou de la glace. Comme il y a de l'eau drainée dans le sol, il peut éventuellement geler et se dilater sous des températures plus froides, en mettant l'accent (forme de stress ou pression) sur ses environs. Ces pressions s'accumule jusqu’a d'être relevés en explosion en forme de icequack.

Les mauvaises interprétations sont dues au fait que les premières indications des icequakes (ou cryoseisms) peuvent être ressemblant au cas des séismes avec les tremblements, les vibrations, fissuration du sol et les bruits. Cependant, icequake peut être distinguée des séismes par des conditions météorologiques et géologiques. Certaines références indiquent que les icequakes peuvent générer de haute intensité (jusqu’à même VI sur l'échelle de Mercalli modifiée - MM) mais très localisée (proximité de l'épicentre), contrairement aux effets étendus des séismes.

Qu’en est-il de l’effet contraire ? En d’autres termes est-ce que les séismes pourraient provoquer des changements climatiques (à court et long terme) ?

Les connaissances scientifiques actuelles dans le domaine de sismologie et l’environnement ne donnent aucun signe scientifique d’existence d’un lien possible entre les séismes et le changement climatique. Selon les résultats de recherches menées par plusieurs organisations internationales, le changement climatique est principalement lié à l'émission des gaz à effet de serre provenant des activités humaines, c’est-à-dire les industries. D’ailleurs le but principal de la COP21 vise à conclure un accord engageant les différents états, et surtout les USA et l’Inde, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Sinon, que pouvez-vous dire sur le travail effectué par la fondation Norsar, qui est spécialisée, entre autre, du suivi des essais nucléaires ?

C’est un centre de recherche en Geohazards (la sismologie et la sismologie de l'ingénieur, risque sismique et gestion des catastrophes). En outre, NORSAR, sous un contrat avec le ministère des affaires étrangères norvégien, est chargée du suivi des essais nucléaires en partenariat CTBT (ou Traité d'interdiction complète des essais nucléaires ; et dont l’Algérie fait partie des pays signataires du contrat). Car NORSAR autant qu’un centre de recherche en Geohazards possède des instrumentations sismique très efficaces et qui permettent de détecter des vibrations (qui peuvent être provoqué suite à un essai nucléaire) même si la source de cette vibration se trouve a une très grande distance (exemple le cas de la Corée du Nord). Donc une fois les vibrations sont enregistrées, NORSAR fait les analyses pour voir s’il s’agit bien d’un séisme ou d’une activité humaine, c’est-à-dire une explosion due à l’essai nucléaire. Donc NORSAR n’a aucune activité qui est relié aux déchets nucléaires (plutôt on trouve ce genre d’activités là où il y a réacteur nucléaire, chose qui est complètement différente). Il s'agit donc d'un sujet qui est carrément relié à l’environnement.


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