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A la une / Entretien

Jesús Seade, candidat du Mexique pour le poste dE directeur général de l’OMC

“JE VAIS FAIRE RENTRER L’OMC DANS LE XXIe SIÈCLE”

© D.R

Il fait partie des huit candidats au poste de directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le Mexicain Jesús Seade Kuri fait figure de favori au regard de son CV. Fin connaisseur des arcanes de l’institution, lui qui a une longue expérience du multilatéralisme, occupant des postes à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international. Il a été également numéro deux de l’OMC. En se portant candidat, il se présente comme le réformateur d’une organisation en mal de crédibilité, confrontée à d’énormes difficultés et de grands défis en pleine crise économique provoquée par la Covid-19. Dans cet entretien exclusif à Liberté, il décline sa feuille de route à mettre en œuvre s’il est choisi à la tête de l’institution. Cette dernière a déjà engagé le processus de désignation de son patron qui doit recueillir le consensus des 164 membres.

Liberté : Vous êtes candidat au poste de directeur général de l’OMC dont l’élection est prévue pour le mois de novembre prochain. Quel est votre projet pour l’organisation ?
Jesús Seade Kuri :
Si je suis élu directeur général, je vais jeter les bases pour sa transformation plus fondamentale, exigeant l'attention des dirigeants, négociant des accords, en stimulant les efforts pour trouver de possibles voies à suivre. Un directeur général efficace doit combiner connaissances techniques avec créativité et jugement politique, mais aussi ambition et vision. Il doit être considéré comme un facilitateur et un interlocuteur efficace, juste et auquel 164 gouvernements et dirigeants feront confiance. J’ai la conviction que je remplis ces conditions.

Je porte une vision d'avenir pour une OMC redynamisée, fonctionnelle, forte et inclusive, qui retrouve sa pertinence dans le système commercial, avec un bras de négociation représentatif et dynamique, un système de règlement des différends fort et un forum moderne et adaptable pour le XXIe siècle qui puisse relever les défis mondiaux post-pandémie du commerce et du développement global. Une organisation d’envergure et réceptive pour tous ses membres.

En quoi ce changement de direction pourrait constituer un point d’articulation pour la réforme et le devenir de l’Organisation ? 
Le nouveau directeur général doit avoir la conviction que l'OMC est appelée à s'adapter aux nouvelles réalités, aux nouvelles formes de commerce et aux nouveaux acteurs-clés. Un nouvel accord politique doit être conclu pour résoudre les bases du nouveau mandat de l'OMC, en tenant compte des sensibilités, des besoins et la limitation de ses membres. Mon engagement est de retrousser les manches et de me tenir aux côtés des membres pour faire entrer l'OMC dans le XXIe siècle.

Le directeur général est la seule personne qui peut et doit défendre l'OMC sans intérêts particuliers au-delà de ceux de l'organisation elle-même. Le nouveau DG doit encourager le dialogue afin que les membres décident du cours de l'organisation. De plus, le DG doit travailler sans relâche pour être un facilitateur et un générateur de consensus, mais en reconnaissant que la responsabilité de la direction et du succès de l'organisation incombe aux membres. Pour y parvenir, il faut un leadership politique et de négociation pour créer le dialogue nécessaire et aider à avancer substantiellement. Une connaissance approfondie des questions commerciales pour comprendre pourquoi les équilibres délicats sont là où ils sont et ce que signifieraient les différentes options, sans quoi, lors de la première discussion entre les principaux négociateurs, le directeur général sera marginalisé. Enfin, il existe un large consensus sur le fait que l'OMC a besoin d'une réforme, mais il n'y a pas de consensus sur ce que devrait être la réforme. 

L’OMC a beaucoup perdu de son influence au vu surtout de la multiplication des litiges commerciaux et d’un certain retour des logiques protectionnistes dans le monde. Quels sont les axes à réformer ? 
Sur le front des négociations, l'OMC n'a pas pu répondre à certaines attentes initiales que nous avions tous fixées lors de sa création en tant qu'instance multilatérale de négociation. Sans contester son importance, peu de résultats de négociation ont été obtenus à ce jour en 25 ans d'existence.
L'OMC n'est pas un forum isolé et n'a pas sa propre dynamique, elle fait partie de l'équipe internationale. Le temps de la coopération commerciale dépend de l'environnement général de la coopération et de la compréhension internationale. L'OMC est confrontée au défi de reconfigurer et de réaffirmer son importance face aux changements géopolitiques importants, ainsi qu'aux changements économiques, technologiques et logistiques qui requièrent que l'institution mette à jour les règles, la discipline, et reconsidère son processus décisionnel.

Les problèmes de l'OMC découlent en partie de son succès, le nombre de ses membres a augmenté rapidement et le profil économique divers de certains nouveaux participants a affecté la complexité et l'efficacité de son fonctionnement. Pour garantir un débat politique autour de l'OMC, les chefs de gouvernement des pays membres doivent réaffirmer leur soutien au commerce fondé sur des règles. Les avantages du commerce doivent être répartis au sein des systèmes d'imposition et d'avantages au niveau national. Chaque région d'un pays de l'OMC doit tirer profit des avantages du commerce. Depuis la création de l'OMC, il y a 25 ans, il n'y a pratiquement pas eu de négociations significatives alors que ça doit être l’âme du système multilatéral du GATT. Ce déclin des négociations est probablement la source de nombreux autres problèmes. De plus, il est nécessaire de rendre le travail régulier plus efficace, en améliorant les processus de notification et le travail quotidien de l'OMC et de ses comités. L'incapacité d'aborder pleinement les pratiques et politiques commerciales déloyales perçues de certains membres de l'OMC en vertu des règles en vigueur. En outre, en incluant de nouveaux thèmes dans l'agenda des négociations, en plus des initiatives conjointes, il est nécessaire de discuter de la manière d'intégrer d'autres questions telles que le changement climatique, la concurrence, entre autres, afin que l'OMC réponde à la réalité du XXIe siècle.

Il est impérieux de résoudre la crise de l'organe d'appel. La conséquence secondaire de la crise est que le système de règlement des différends est, depuis 10 ans, dans un désaccord grave entre les États-Unis et une grande partie du reste du monde. De nombreux pays se sont plaints de son fonctionnement. Alors maintenant, il est complètement à terre. Cela ne peut pas fonctionner. C'est la vacuité des jugements de l'Organe d'appel. Et sans l'Organe d'appel, il n'y a aucun moyen d'avoir un système de règlement des différends fiable. Il s'agit donc d'une deuxième zone de crise majeure, sans négociations, sans instance d'appel. Pour avancer efficacement sur ces questions, le temps presse, ainsi que la fermeté dans nos progrès. L'OMC ne peut pas se permettre des courbes d'apprentissage dans cette conjoncture. La MC12 approche, et nous devons arriver avec des progrès réels et crédibles pour créer une dynamique.

Le litige commercial entre les USA et la Chine risque-t-il de remettre radicalement en cause les fondements du système mondial de libre-échange ?
Je pense que la remise en cause des fondements du libre-échange mondial va au-delà du différend commercial entre ces deux pays. Pour comprendre cette situation, il est essentiel d’avoir une perspective historique plus large. En partie, parce qu’il y a eu une série de changements dans l’économie mondiale, dont certains ont été très positifs tandis que d’autres ont créé des problèmes qui continuent de sévir. Bien que de nombreux aspects négatifs ne soient pas liés au libre-échange, ils sont responsables du conflit actuel qui a gagné la mondialisation. En fait, la plus grande tentation d’imposer des mesures protectionnistes et unilatérales qui, en fait, ont augmenté progressivement dans les pays du G-20 au cours de la dernière décennie ; et, surtout, le manque de dialogue (et de confiance) entre les principaux acteurs est un autre élément, dont il faut tenir compte.   

Et si nous y regardons de plus près, nous constatons que lors de la crise financière de 2008, et actuellement avec la catastrophe économique liée à la Covid-19, le cadre commercial multilatéral a été un pilier-clé de la stabilité. Il est urgent de déployer des efforts extraordinaires avec tous les membres pour réparer et maintenir la pertinence de l’OMC en tant qu’axe central d’un système qui répond aux besoins de nos populations, entreprises, consommateurs, et à leurs besoins de développement, le tout dans un système solide et inclusif.

Pour une OMC du XXIe siècle, il est nécessaire de changer les positions “traditionnelles” que les membres ont maintenues au cours des 10 ou 15 dernières années. C’est un fait que le commerce international a changé, ce qui signifie que les positions et les arguments doivent changer également. Pour cela, nous devons édifier des ponts et créer les conditions nécessaires à l’émergence d’un consensus. Je peux vous assurer que j’ai la capacité de le faire. Mon engagement est de travailler sans relâche pour créer les conditions afin de parvenir à des accords.

Que préconisez-vous en tant que potentiel futur directeur de l’OMC pour aplanir les conflits commerciaux mettant aux prises non seulement la Chine et les USA, mais aussi d’autres acteurs majeurs de l’économie mondiale, dont l’Europe notamment ?  
Pour les aspects qui représentent un défi au sein de l’OMC, il est nécessaire de commencer par écouter, comprendre, bien communiquer entre nous et essayer de construire un meilleur dialogue. Non seulement pour la Chine et les États-Unis, mais également pour d’autres acteurs qui se sentent ignorés dans l’organisation. La coordination entre les trois principaux membres de l’économie mondiale est reconnue comme vitale, mais doit s’accompagner d’un consensus plus large. L’exploitation des points communs à travers des négociations à partir de positions fermes et sans conflits est la clé pour parvenir à un accord. Je l’ai déjà fait auparavant, par exemple lors de la création de l’OMC et récemment avec le nouveau Traité Mexique - États-Unis - Canada (T-MEC). 

En particulier, l’affaire de T-MEC a été une situation atypique et complexe avec les États-Unis car, comme lors de l’Uruguay Rond, je suis arrivé à un moment à une impasse. Un de mes objectifs était de construire des ponts entre les différentes forces politiques pour générer le consensus nécessaire et intégrer la dynamique économique. Cela a permis de trouver des positions communes et des situations avantageuses pour les différents acteurs des sphères politiques, commerciales, syndicales et force de travail. Mon engagement formel envers chacun des membres est d’être un DG et un interlocuteur efficace, proche de tous les membres du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest et également être à équidistance.

Vos rapports avec l’administration Trump sont tendus. Cela pourrait-il influer sur votre candidature ?
Le Mexique et les États-Unis sont des partenaires et des alliés dans de nombreux domaines, aussi plus qu’une relation tendue, je la décrirais comme une relation de travail étroite et continue. Pour les deux côtés, un dialogue constant a toujours été maintenu, comme en témoigne la récente visite de travail du président López Obrador dans ce pays. Me concernant, en tant que secrétaire d’État pour l’Amérique du Nord et négociateur en chef du T-MEC, j’ai travaillé directement avec mes homologues dans ce pays, et malgré les conjonctures difficiles, nous avons avancé dans les différents points de l’agenda d’intérêt commun, du domaine commercial au domaine académique. Pour cela, je considère que ma candidature a une valeur ajoutée car non seulement j’ai traité avec les autorités américaines, mais j’ai également une vaste expérience en tant que négociateur et facilitateur en questions commerciales au plus haut niveau, comme également une longue carrière et des liens d’amitié à travers toutes les régions du monde m’ont donné une compréhension unique de l’environnement mondial.

Washington menace de quitter l’organisation ; cela pourrait-il arriver ou bien s’agit-il seulement d’un chantage ?
J’ai l’impression qu’il existe un consensus national aux États-Unis pour critiquer l’OMC. Ce n’est pas seulement Donald Trump ou Bob Lighthizer, cela vient également des démocrates qui sont  aussi sur la même position. Mais je ne pense pas que quiconque, y compris les démocrates, veuille tourner le dos à l’OMC. Il me semble qu’il y a plus d’intérêt de la part des groupes d’intérêt à y rester qu’à partir. Ce qui précède répond également que ceux qui seraient le plus touchés pourraient être plutôt les États-Unis.
Il me semble que le ton des plaintes doit signifier que les changements dont elles ont besoin sont tout aussi énormes. Bien que ce ne soit pas nécessairement cela. Je pense qu’ils ont quelques plaintes spécifiques qui sont peut-être des choses qui peuvent être traitées de manière chirurgicale pour trouver satisfaction dans les thèmes qui changeront la façon dans laquelle fonctionne le règlement des différends, l’organe d’appel, et qui améliorent le rôle des membres. C’est pourquoi je pense que les États-Unis seront prêts au dialogue, à améliorer l’Organisation, mais non pas à renoncer. 

Vous avez participé à la création de l’OMC, vous-êtes également passé par le Fonds monétaire international. Quel regard portez-vous sur le monde dérégulé où les équilibres des forces (économiques) sont déséquilibrés ?  
Mon expérience, aussi bien à l’OMC qu’au Fonds monétaire international, a enrichi ma vision sur les défis auxquels sont confrontées les différentes régions du monde. Il s’agit plus d’une question de déséquilibre économique que de dérégulation économique, car les règles qui régissent l’économie et le commerce international existent, seulement, pour être efficaces, elles doivent être respectées. Rien ne peut se faire en vase clos, tout est interconnecté. Nous avons vécu une terrible crise financière mondiale aux alentours de 2007-2009, et c’est réellement suite à cela que les choses ont commencé à être perturbées également dans le commerce.

Les frictions dans le commerce, dans l’Organe d’appel, remonte officiellement à neuf ans, mais le désaccord date de bien plus longtemps. Il y a eu un grief survenu après la crise et la façon dont chaque pays a réagi de manière extraordinaire pour prendre des mesures exceptionnelles pour défendre son économie, son emploi. Les États-Unis, l’Europe, voire la Chine l’ont fait chacun à sa manière. Tout cela a commencé à créer des frictions. En tant que directeur général adjoint, j’ai été témoin de près des fortes attentes à l’égard de l’OMC. Il est indéniable que sa tâche n’a pas été à la hauteur de ces attentes. Bien qu’ayant expliqué ma vision, il faut reconnaître que cela doit être transversal à la problématique du développement.

Les pays du Sud demeurent assujettis économiquement aux puissances du Nord. Comment sortir de cet échange inégal entre le Nord et le Sud ?
Je m'efforcerai d’établir un dialogue informel sur les faiblesses et les défis de l'Organisation dans le contexte actuel, tels que les échanges inégaux entre le Nord et le Sud, à travers des forums annuels ou des conférences spécialisées pour connaître le point de vue de tous les membres et chercher la meilleure solution. Par conséquent, il sera très important d'accorder également de l'importance aux questions prioritaires traditionnelles de l’agenda du développement durable. Il est à noter que l'objectif nº10 de l’Agenda 2030 pour le développement durable insiste sur la réduction des inégalités. Pour cela, il est nécessaire de garantir que personne ne soit laissé pour compte ni exclu.La Covid-19 a intensifié les inégalités existantes, je vais donc chercher immédiatement à travailler avec les membres pour faire face à la crise. L'OMC doit redoubler d'efforts pour aider ses membres. De même, nous devons rechercher des mécanismes pour aider les pays les plus touchés à se réintégrer dans le commerce international.

L’Algérie, souvent considérée comme le plus vieux candidat à l’OMC, est-elle condamnée à rester éternellement aux portes de l’Organisation, sans jamais y être officiellement admise ?  
L’adhésion de l’Algérie démontre l'espoir et la valeur de l'OMC, mais aussi l'urgence de redynamiser l'organisation et la manière de mener à bien certains processus. Certaines questions que je veillerai à traiter à l'OMC relèvent du fonctionnement des comités. Par exemple, les membres pourraient devoir attendre des mois pour présenter quelque chose au comité MSF ou OTC, ou à tout autre comité, car la prochaine réunion aurait lieu dans cinq mois et il devrait être possible d'accélérer les travaux afin que les questions difficiles prennent effectivement cinq mois, mais d’autres pourraient être traités différemment. En ma qualité de directeur général, je chercherai activement un équilibre entre la concrétisation de la plus haute valeur ajoutée par rapport aux contributions budgétaires des membres et la mise en place d'une équipe hautement qualifiée engagée dans le succès de l'Organisation et au service de nos membres. Les pays qui souhaitent rejoindre le système commercial multilatéral ont une excellente opportunité. Il est bénéfique de maintenir ce processus.

Quand et surtout comment le commerce mondial pourrait commencer, selon vos projections, à se remettre un tant soit peu du mal profond que lui fait subir la pandémie de coronavirus ?  
Le coronavirus a causé une perturbation massive du commerce mondial, j'oserais dire qui tentera d'aider les pays à reprendre leurs activités de manière coordonnée ? Uniquement l’OMC. La vérité est qu'il existe des défis importants à court terme en raison du choc de l'offre et de la demande. Le commerce, selon l'OMC, pourrait baisser cette année jusqu'à un tiers. En outre, il convient de rappeler qu'avant la pandémie, le commerce international s'est contracté pour la première fois depuis 11 ans, reflétant en grande partie de sérieuses frictions commerciales entre les principaux acteurs du commerce mondial. Malgré cela, il sera fondamental de redynamiser l'économie mondiale depuis la reconstruction et l'ouverture du commerce international.

En ce sens, il existe différentes opportunités compte tenu des changements des modèles de production et de consommation favorables aux nouveaux services et biens. Par exemple, l'adoption de technologies par les entreprises pour fournir des biens et des services au niveau international peut impliquer une mondialisation des services. Cela créera des opportunités pour les pays exportateurs et importateurs, entreprises et consommateurs. Cela nécessite, d'une part, la mise en œuvre des protocoles nécessaires pour rétablir les chaînes de valeur mondiales et également un leadership approprié à la tête de l'OMC pour mener à bien ces efforts. Il est difficile de se prononcer sur une reprise post Covid-19, mais bien sûr, l'OMC jouera un rôle crucial dans cette reprise, c'est pourquoi je considère qu'il est important que le processus de sélection du nouveau directeur général soit défini le plus rapidement possible, afin de concentrer tous les efforts sur une reprise durable et soutenue pour tous.

Entretien réalisé par : AKLI REZOUALI


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