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A la une / Entretien

René Naba, ancien journaliste, écrivain franco-libanais, à liberté

“La démocratie consensuelle du liban est en danger”

Auteur de “Aux origines de la tragédie arabe”, un livre à rebours de la “bien-pensance” et du politiquement correct, qu’il a publié en septembre dernier à Paris, René Naba nous livre son analyse sur la situation au Liban qui, évidemment, ne peut être dissociée de cette tragédie générale.

Liberté : Le gouvernement libanais est engagé avec le Hezbollah et Michel Aoun dans une épreuve de force qui semble être la plus grave crise du pays depuis la fin de la guerre civile. Quelle issue peut-on prévoir ?
René Naba : L’épreuve de force au Liban, avec en toile de fond l’enlisement américain en Irak et israélien en Palestine, ainsi que la montée en puissance de l’Iran, vise à éradiquer l’esprit de résistance dans le monde arabe en vue d’une “finlandisation” de la zone, sa neutralisation au profit de l’axe américano-israélien et leurs alliés pétromonarchiques.
C’est dans ce contexte qu’il faut envisager la guerre destructrice d’Israël au Liban, l’été 2006 (même si la capture de deux soldats israéliens en a été le prétexte), ainsi que l’occupation répétitive de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, et l’important déploiement américain en Irak qui a coûté la vie jusqu’à présent à 2 900 soldats américains, sans compter les mercenaires à leur solde hors statistiques et les déboires financiers de l’ordre de 450 milliards de dollars en trois ans.
Dans le souci de s’assurer une couverture politique face aux pressions américaines contre l’Iran et la Syrie, le Hezbollah avait conclu un arrangement électoral avec Walid Joumblatt, chef druze du Parti socialiste progressiste, pour lui permettre de remporter la victoire dans la région montagneuse du Chouf, dans la première consultation électorale qui a suivi le départ des Syriens du Liban, en juin 2005. Le Hezbollah s’est abstenu, en effet, dans cette compétition afin de soutenir son allié traditionnel, l’émir Talal Arslane, le rival druze de M. Joumblatt.
Vainqueur par défaut des élections, grâce à l’abstention du Hezbollah, propulsé chef effectif de la majorité parlementaire du fait de l’inexpérience politique de son allié, le milliardaire sunnite Saâd Hariri, encouragé par ailleurs par les Américains et les Français, qui voyaient en lui leur nouvel homme lige, Joumblatt a vécu en chef virtuel d’un État en apesanteur, un vizir à la place du grand vizir. Une fois assuré de sa victoire, il a voulu faire plier les Syriens par le biais de l’affaire Hariri faisant d’une pierre deux coups : venger l’assassinat de son père Kamal, dont il impute l’assassinat à Damas, et s’assurer dans le même temps la gratitude des pétromonarchies du Golfe et la protection des États-Unis à l’époque hyperpuissance invincible du Moyen-Orient.
Les déboires militaires de l’Amérique en Irak, la résistivité des mouvements islamistes palestiniens face à l’occupation israélienne, de même que le camouflet militaire infligé par le Hezbollah à Israël ont quelque peu modifié la donne et donné du tonus à l’opposition libanaise. Dans une démarche symétrique à celle empruntée à ses rivaux, l’opposition a voulu pointer du doigt le Premier ministre Fouad Siniora, de la même façon que les anti-syriens — en fait les proaméricains — ont voulu mettre en quarantaine le président de la République Emile Lahoud. De sorte que désormais, il existe un divorce entre le pays légal, représenté par la majorité parlementaire, et le pays réel, constitué par les deux principales formations politiques de l’opposition, largement majoritaires dans le pays au niveau de la base populaire.
Le Hezbollah est, en effet, la principale formation de la plus importante communauté libanaise, numériquement parlant, les chiites, et le général Michel Aoun, ancien chef du gouvernement libanais, est le grand vainqueur, du côté chrétien, de la consultation électorale de juin 2005 qui a suivi le départ des Syriens du Liban.
De surcroît, le Hezbollah et le courant patriotique du général Michel Aoun ont ceci en commun qu’ils n’ont jamais porté les armes contre leurs compatriotes libanais, ce qui leur donne un prestige certain et une plus grande crédibilité au sein de la population. Le Hezbollah, fondé en 1982, s’est toujours préoccupé de la guérilla anti-israélienne, et Aoun, à l’exception du combat pour mettre au pas Samir Geagea en 1988, alors en rébellion contre l’autorité légale, n’a jamais dirigé ses armes, lorsqu’il était commandant en chef de l’armée, contre les musulmans ou contre la coalition palestino-progressiste de l’époque. En contrepoint, l’alliance Hariri-Geagea-Gemayel-Joumblatt est à proprement parler l’alliance des anciens chefs de guerre et leur principal bailleur de fonds. Une alliance qui a déchiré le tissu social libanais avec leur guerre interfactionnelle et grevé le redressement lll lll économique du pays avec une dette publique de près de 42 milliards de dollars générée par la politique corruptrice de Hariri durant ses dix ans de pouvoir (1992-2004). Un problème de cohérence intellectuelle et de crédibilité politique se pose pour Walid Joumblatt. Un des rares dirigeants arabes se réclamant du socialisme, il est l’allié du plus important milliardaire du pays, Rafic, puis Saâd Hariri. Poursuivant de sa vindicte la Syrie qu’il juge responsable de l’assassinat de son père, il accueille désormais à bras ouvert l’ordonnateur d’un attentat contre sa personne, le chef du Parti phalangiste, l’ancien président Amine Gémayel.

Dans quelle mesure le projet de tribunal international voulu par le gouvernement et soutenu par Paris et Washington a-t-il contribué à l'avènement de la crise ?
Au niveau constitutionnel et politique, le Liban est une démocratie consensuelle. Le fait d’avoir fait passer en force le projet de constitution d’un tribunal international pour juger les assassins de Hariri a constitué une atteinte au pacte national, confirmé par l’accord intercommunautaire de Taef (1989) qui stipule dans son premier article que les décisions qui engagent l’avenir du pays  ne sauraient être prises sans l’assentiment des principales communautés libanaises. Le projet de tribunal international a été entériné par le gouvernement en l’absence de six ministres représentant la communauté chiite et du président de la République, seule autorité habilitée à ratifier les traités internationaux. Ce projet, au regard du droit public interne libanais, est donc, par son essence, caduc et anticonstitutionnel.
Au niveau diplomatique et géostratégique, le Liban est sinistré par près de deux mois d’une guerre inégale contre Israël, juillet-août. La  mise en avant du tribunal international est un moyen de pression contre la Syrie et ses alliés libanais en vue de les priver du bénéfice moral et diplomatique du camouflet infligé à Israël par le Hezbollah et ses alliés transcommunautaires libanais (Parti communiste libanais, Parti national social). Il vise aussi à reléguer au second plan le problème de la responsabilité d’Israël dans la destruction du Liban et la complicité des États-Unis et, à un degré moindre, de la France dans cette opération. Ceux que l’on nomme “les anti-syriens” sont, en fait, des pro-américains et pro-français, qui comptent massivement  sur  l’aide  occidentale   et  saoudienne pour se maintenir au pouvoir et préserver leurs privilèges. Samir Geagea, qui a massacré, sous l’autorité de la famille Gemayel, la famille de Soleïmane Frangie, le chef chrétien du nord du Liban, de même Amine Gemayel qui a mené une guerre sans répit contre les Druzes et a fomenté un attentat contre Walid Joumblatt en personne, en 1984, ainsi que Walid Joumblatt qui a ordonné le massacre de plusieurs centaines de chrétiens dans la région montagneuse du Chouf, sont à proprement parler des “criminels de guerre patentés”.
La proximité avec l’Occident ne doit pas conférer une honorabilité pas plus que la moindre immunité. Dans cette perspective, le martyrologue libanais est devenu un argument de brocante pour la survie d’une classe politique déconsidérée. Sauf erreur ou omission de ma part, il n’y a jamais eu que je sache de tribunal international pour juger, par exemple, les auteurs de la disparition de Mehdi Ben Barka en France et Jacques Chirac a fait même du Maroc son lieu de villégiature préféré, Jamais non plus de tribunal international pour juger le président pro-américain Paul Kagamé (Rwanda) qui passe pour avoir ordonné la destruction de l’avion du président Habariyama, encore moins de tribunal international pour juger les assassins du juge français Bernard Borel, alors que le président de Djibouti est toujours accueilli à bras ouvert par Jacques Chirac. Aucun tribunal international non plus pour juger les auteurs de la disparition, en 1978 en Libye, de l’Imam Moussa Sadr, chef de la communauté chiite du Liban. Est-ce parce que la Libye est un pays pétrolier qui s’est rapproché des Occidentaux en dévoilant tout un pan de la coopération nucléaire arabe et musulmane ? La justice internationale ne saurait être sélective, de même que la prolifération nucléaire. La duplicité de la diplomatie occidentale est à l’origine de la grande suspicion que nourrissent les peuples arabes et musulmans à l’égard de la moindre initiative occidentale.

En arrière-plan de l'épreuve de force, il y a encore la rivalité chiite-sunnite ?
Longtemps, les chiites ont été considérés comme les meilleurs alliés de l’Amérique et d’Israël, notamment du temps du Shah d’Iran et du Premier ministre irakien Noury Saïd, alors que les sunnites, en leur qualité de fer de lance du combat nationaliste arabe, étaient perçus comme le véritable danger pour l’Occident. Cela a été le cas du temps de Nasser lorsque le sunnisme s’identifiait avec le nationalisme arabe au point que Nasser puis Arafat ont été diabolisés en tant que “nouveaux Hitler” du monde contemporain, suscitant des “expéditions punitives” des pays occidentaux à leur égard (Suez 1956 contre Nasser), (1982 siège de Beyrouth contre Arafat par les Israéliens, puis mise en résidence surveillée du président démocratiquement élu de la Palestine en 2003.)
Ce qui est tout de même un comble qu’un “Prix Nobel de la Paix”  soit maintenu en captivité avec la passivité des pays occidentaux et l’approbation tacite des Américains. Les États arabes pro-américains (Égypte, Arabie Saoudite, Jordanie, pétro-monarchies du Golfe), en cautionnant l’intervention américaine en Irak, ont été les principaux fossoyeurs du pouvoir sunnite en Irak et de la montée en puissance du chiisme. Le chiisme en Orient est en train de triompher non par sa supériorité intrinsèque, mais par la veulerie des dirigeants sunnites gérontocrates des pays arabes, particulièrement ceux du Golfe. Ce n’est pas un problème de religion, mais un problème d’éthique de gouvernement. En Palestine, le combat de libération contre l’occupation israélienne est mené exclusivement par des sunnites, que cela soit le Fatah ou le Hamas. Mais la différence entre ces deux formations sunnites n’est pas un problème d‘intégrisme religieux mais d’intégrité politique. Au-delà de leurs sensibilités culturelles ou religieuses, sunnites, chiites, maronites, libanais arabes ou kurdes, Algériens ou Marocains, habitants du Machreq ou du Maghreb doivent prendre conscience du fait qu’ils appartiennent à la même sphère géoculturelle, qui constitue, avec l’Amérique latine, l’un des rares foyers de résistance à l’hégémonie américaine dans le monde. Prendre conscience du fait qu’il existe davantage de complémentarité entre la population de l’ensemble arabe qu’entre un Suédois et un Portugais, par exemple, ou entre un pêcheur maltais et un plombier polonais.

Est-ce que le désarmement du Hezbollah, réclamé par la résolution 1559 du Conseil de sécurité de l'ONU comme une condition de stabilité, est envisageable ?
Les États-Unis se sont toujours opposés à la constitution d’une force aérienne et navale crédible tant du Liban que de la Palestine, les deux pays limitrophes d’Israël, afin d’accentuer la sécurisation de l’espace stratégique de l’État hébreu. L’occupation de l’Irak et les diverses tentatives visant à neutraliser la capacité nucléaire iranienne relève de cette même stratégie.
Mais la démilitarisation relative de ces deux pays limitrophes d’Israël n’a pas pour autant entraîné une sanctuarisation de leur espace vital. Bien au contraire, Israël a envahi à deux reprises le Liban, en 1978 et en 1982, puis partiellement en 2006, malgré la présence d’une force d’interposition dans la région frontalière libano-israélienne, la Finul, depuis 1978, et le territoire palestinien est soumis à un régime de couvre-feu quasi permanent, masquant une colonisation rampante de la Palestine avec la caution américaine et le silence complice des pays occidentaux. L’armement balistique du Hezbollah constitue, dans ce contexte, une réplique à l’abdication étatique arabe, en même temps qu’une riposte asymétrique à la volonté de musellement israélo-américain. Tant au niveau de la démocratie numérique, représentant la plus importante formation paramilitaire de la plus importante communauté libanaise, qu’au niveau de la démocratie patriotique, le Hezbollah, artisan de deux revers militaires israéliens, devrait occuper une place de choix non seulement dans l’imaginaire arabe, mais également dans le discours officiel arabe. Il était honteux de lui demander des comptes, alors que le Hezbollah en cet été 2006 livrait sa bataille des Thermopyles afin que s’exerce le droit à la souveraineté du Liban, le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et le droit à la dignité des autres peuples arabes. Il eût été plus judicieux de demander des comptes également à l’Arabie Saoudite qui a instrumentalisé l’Islam, ou plutôt la forme la plus rétrograde de la religiosité, comme arme de combat politique contre le nationalisme arabe, des comptes aussi à la Libye qui a abdiqué face au diktat américain sans coup férir, en une sorte de capitulation en rase-campagne, alors que Kadhafi avait assourdi la planète pendant un quart de siècle de ses imprécations révolutionnaires anti-américaines. La liste n’est pas limitative.

Que pensez-vous du rôle de la France ?
 L’histoire est impitoyable avec les êtres à qui le destin aura souri deux fois dans leur existence. De plain-pied, Jacques Chirac appartient à cette catégorie de privilégiés mais s’y distingue d’une manière singulière par un bilan rarement égalé au sein des grandes démocraties occidentales. Le roi des Arabes, le proposé au prix Nobel de la paix pour son opposition à l’unilatéralisme américain dans le dossier irakien, le champion de la résorption de la fracture sociale, le barrage au fascisme français, apparaît désormais par ses camouflets diplomatiques et la succession de ses déroutes électorales comme le grand perdant sur le plan international, le fossoyeur de l’héritage gaulliste et de la fonction présidentielle sur le plan interne, accablant bilan de l’ampleur d’une double bérézina diplomatique et domestique.  La posture gaullienne de Jacques Chirac, tant célébrée par la presse française tant sur l’Irak que sur le Liban, ne doit pas faire illusion. Elle a surtout eu une gesticulation diplomatique sur fond de rumeurs d’affairisme, masquant un alignement progressif sur une diplomatie atlantiste. Loin d’augurer d’une nouvelle politique d’indépendance, elle s’est davantage apparentée à un combat d’arrière-garde d’un président mal élu et décrié dans son propre pays à la recherche d’une sortie honorable pour l’histoire. Un combat d’arrière-garde d’un pays en perte de vitesse dans son précarré arabo-africain, alors que six des États africains les plus proches de la France en Afrique (Côte d’Ivoire, Centrafrique, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo, Gabon et Tchad) paraissent déstabilisés par une guerre civile larvée et que se poursuit sur le plan économique la mainmise des fonds de pension anglo-saxons sur les sociétés françaises cotées en Bourse, quadruplant en sept ans leur acquisition, passant de 10% en 1985 à 43% en 2003.  Les repentances furtives à répétition ne sauraient gommer un siècle d’incohérences et de gesticulations déclamatoires, pas plus que les “hommes providentiels” que la France s’est choisis parmi les dirigeants arabes (Saddam Hussein, Rafic Hariri) en guise de substitut à une politique destinée à camoufler une politique de conquête des marchés arabes : de Suez (Égypte) à Bir Zeit (Palestine) en passant par Alexandrette (Turquie), Dimona (Israël), Sétif (Algérie) et Bizerte (Tunisie), par ses alliances successives avec les principaux ennemis du monde arabe, d’abord la Turquie (1920-30), puis Israël (1950-60), puis son hostilité résolue au noyau dur du monde arabo-islamique dans les années 1980, via son alliance irakienne, la France se place, après les États-Unis, à égalité avec la Grande-Bretagne, comme le deuxième pays cible des attentats anti-occidentaux depuis le dernier quart du XXe siècle.
Que cela soit à Beyrouth avec l’ambassadeur Louis del Amarre, en 1981, et les 58 soldats du contingent français de la force multinationale occidentale tués dans l’attentat du PC Drakkar (23 octobre 1983) ou l’universitaire Michel Seurat, ou encore à Karachi (mai 2002) et au Yémen (octobre 2002) ou enfin, sur le sol national avec les 13 morts et les 250 blessés des 10 attentats de Paris (1985-86), le général Rémy Audran, “Monsieur Irak” de la Direction générale de l’armement (DGA), les attentats de 1995-96, sans parler du long feuilleton de la spirale infernale des otages français au Liban (1985-88) et en Irak (2004-05). De sorte que la France paraît désormais faire davantage partie du problème que de la solution des problèmes du monde arabe.

Il n’y a donc pas de sortie de crise ?
Il est vain et illusoire de compartimenter les problèmes, de découpler le conflit d’Irak de celui de la Palestine ou du Liban. Les combats croisés menés par l’Amérique pour le compte d’Israël en Irak et d’Israël pour le compte des États-Unis au Liban, de même que le propre combat mené par Israël pour son compte avec le soutien américain contre les Palestiniens relèvent d’une même intrication dont l’élément central demeure la revendication nationale  palestinienne à un État viable, indépendant et souverain.
Il est tout aussi vain et illusoire de jouer la division des peuples dans l’adversité et de considérer comme “renégats” une fraction de la communauté arabe, le Hezbollah, pour cause de chiisme, alors même que dans l’histoire peu glorieuse du monde arabe contemporain ce parti aura inscrit de glorieux faits d’armes au palmarès arabe.  Il importe à l’Arabie Saoudite, meilleur allié arabe des États-Unis et artisan de deux plans de paix arabes, de sortir de sa frilosité légendaire, son théâtre d’ombre, et de réclamer enfin à son ami américain la contrepartie de sa loyauté, de s’adresser à l’Iran, son rival pétrolier chiite, en vue de négocier les conditions d’un modus vivendi opératoire aussi bien en Irak, au Liban que dans le Golfe visant à une stabilisation de la sphère arabo-musulmane, prélude à des efforts conjugués non vers la neutralisation de la capacité nucléaire iranienne mais vers la dénucléarisation d’Israël et la promotion d’un règlement d’ensemble des problèmes régionaux, en tête desquels le problème palestinien.  Les Arabes ont dépensé 1500 milliards de dollars dans le domaine de l'armement au cours du dernier quart du XXe siècle sans se doter ni de la capacité nucléaire, ni de la capacité spatiale, ni d'une capacité de projection de force. Plutôt que d'ameuter la planète de leurs jérémiades, ils seraient avisés de prendre exemple sur l'Iran et de se doter d'une capacité de dissuasion à l'effet de gagner le respect des autres pays du monde.

Y. K.