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A la une / Entretien

Vincenzo Nesci, Président Exécutif d'Optimum Telecom Algérie, à “LIBERTÉ”

“Le partenariat avec le FNI, une force de frappe pour Djezzy”

©Louiza/Archives

Dans cet entretien, le président exécutif de Djezzy révèle les changements managériaux en cours dans l'entreprise, qui impliquent notamment des promotions internes et des recrutements dans le marché local et international, et revient sur les retombées positives de l'association avec le Fonds national d'investissement.

Liberté : OTA société de droit algérien et OTA algérienne à 51%. Qu'est-ce que ce changement implique ?
Vincenzo Nesci :
Il y a un changement évident de l’actionnariat. Le FNI est entré après une longue période de négociation à hauteur de 51% du capital. Reste aussi comme actionnaire minoritaire le groupe Cevital. Ce changement est une très bonne chose, car OTA, qui avait l’algérianité dans ses gènes, devient à présent encore plus algérienne et ajoute à son savoir-faire technique et managérial confié dans la nouvelle configuration au groupe VimpelCom et a aujourd’hui une force de frappe qui dérive de son actionnariat. Avoir une banque d’investissement comme le FNI dans son capital nous permet de nous attaquer au marché algérien avec plus d’agressivité.  Cela nous permet également de démontrer que certains marchés qui ne nous étaient pas accessibles pourraient le devenir. Nous sommes heureux de pouvoir accepter le défi et donc de pouvoir démontrer qu'un partenariat public-privé pourrait être un choix gagnant. Un choix qui peut servir d’exemple dans d’autres secteurs pour attirer les investissements étrangers. Je disais, d’ailleurs, dans un séminaire international auquel j’ai participé récemment, qu’il ne faut pas voir la règle 51/49% comme un poids mais plutôt comme une opportunité. Une opportunité de développer davantage des activités avec le soutien et l’expertise sur le pays que possède une banque d’affaires algérienne.

Justement qu’en est-il du pacte d’actionnariat ?
Le pacte d’actionnariat établit les règles de la gouvernance de la société comme il établit que certaines décisions doivent être prises selon une majorité qualifiée.
Cela signifie qu’aucun des deux actionnaires à lui seul ne peut exercer le contrôle total de la société, même avec la composition des deux conseils d’administration existante, et ce, en ce qui concerne les business plan et d’autres choix stratégiques sur lesquels il faut le consensus. Il y a de nouvelles règles de gouvernance avec les conseils d’administration qui sont constitués dans le cas d’Optimum (société holding 51/49 et qui contrôle à 100% Optimum) par quatre représentants du FNI et quatre représentants de VimpelCom. Pour Optimum, il y a six représentants de VimpelCom, quatre représentants du FNI et deux représentants du Conseil de participation en tant que partenaire social. Il est vrai qu’une société comme Djezzy doit se gérer selon le consensus de ses actionnaires. Après la tenue de deux conseils d’administration, je suis heureux de voir l’esprit constructif des deux parties.
 
L’Algérie se retrouve avec deux opérateurs publics. Est-ce à votre avis une bonne chose ou cela ne risque-t-il pas de fausser la concurrence ?
Je considère personnellement qu’il n’existe pas deux opérateurs publics sur le marché. Il y a déjà deux opérateurs publics qui sont Algérie Télécom et Mobilis. On ne va pas rajouter un troisième. Djezzy reste privé.
C’est une entreprise économique où un fonds d’investissement a une majorité de 51%. L’état n’a pas voulu prendre directement la majorité du capital de Djezzy, et donc il est passé par le biais d'une banque d’investissement qui a comme tâche institutionnelle de stimuler les investissements et la croissance du pays. Nous ne sommes pas, à l’évidence, une société publique, et par conséquent il ne peut être question de deux opérateurs publics sur le marché. Je voudrais rassurer, à l’occasion, que nous ne sommes pas en train de créer une alliance sacrée entre deux opérateurs qui pourraient fausser la concurrence. Il existe en Algérie un régulateur des télécoms et une autorité de la concurrence qui se portent garants et veillent au respect des règles de la concurrence.
 
Le conseil d’administration vient de vous renouveler sa confiance. Quelle est sa nouvelle configuration ?
Il y a deux conseils et non pas un seul qui m’ont renouvelé leur confiance et sont composés pour ce qui est d’Optimum de quatre membres désignés par le FNI et quatre autres désignés par VimpelCom. Et le conseil d’Optimum prévoit six personnes désignées par VimpelCom, quatre personnes choisies par le FNI et deux personnes pour représenter le partenaire social.

Cela suppose-t-il des changements managériaux ?
Le conseil a la charge de la gouvernance de la société. Nous avons aussi en cours un projet de transformation managériale, car il y a pas mal de personnes qui nous ont quittés, dont notamment des collègues égyptiens qui étaient là depuis huit à dix ans et que nous estimons qu’ils ont terminé tout un cycle.
Il y a aussi d’autres départs. Cela nous amène à promouvoir de l’intérieur et à recruter sur le marché local et international. En sachant enfin que nous avons résolu le problème et que nous avons une gouvernance et un actionnariat bien définis qui nous permettent de recruter, sur certaines positions, des gens de haute valeur, de niveau international et, pourquoi pas, récupérer certains Algériens de la diaspora.

Départ de certains expatriés et leur remplacement par des nationaux ?
Il y a, en effet, des départs de managers dont des étrangers et autres algériens. Ils seront remplacés par les meilleures personnes. J’insiste sur le fait qu’il y aura des promotions internes, et il y en a déjà eu, et des recrutements de l’extérieur. Nous avons participé et nous participons comme mécènes à une série de séminaires et d'initiatives de recrutement d’Algériens de l’étranger pour les convaincre à rentrer au pays et accepter le défi de travailler ici. Le recrutement est une décision managériale qui fait partie de nos responsabilités en tant que VimpelCom.
évidemment, nous tenons le FNI informé de tout ce qui concerne ce type de décision, car je juge personnellement qu’il doit savoir. Et ce n’est pas là une décharge de responsabilité de notre part. Nous assumons pleinement notre rôle, mais nous tenons à construire une relation saine et transparente avec notre associé.
 
La 3G est lancée depuis plus d’une année. Selon vous, la bataille de la téléphonie mobile se jouera, désormais, à quel niveau ?
La 3G a été lancée depuis une année pour nos deux concurrents. Djezzy n’a commencé que le 5 juillet dernier car au moment où les autres ont démarré, notre réseau n’existait même pas à cause des difficultés d’importation que nous avions à ce moment-là.
Nous n’avons d’ailleurs commencé à recevoir notre équipement qu’en janvier 2014. Nous aurions pu commencer, en avril, la couverture de certaines wilayas, mais la performance du réseau avec la double numérotation sur la carte Sim n’assurait pas la qualité à laquelle nos abonnés sont habitués. à la différence d’autres opérateurs qui n’ont pas respecté les règles imposées par l’ARPT, nous avons tenu, pour notre part, à attendre que l’autorité de régulation donne son feu vert pour se lancer avec le numéro unique. Vous me demandez à quel niveau se jouera la bataille ? Je ne veux pas dire, c’est la guerre des 30 ans, mais ça y ressemble, même si nous n’avons certainement pas trente ans devant nous !
Sauf qu’il n’y a pas d’opération commando comme tenté par certains. En ce qui nous concerne, je dirais que nous nous inscrivons dans la durée, dans la solidité et dans la création d’un écosystème et d’un contenu local pour pouvoir nous adresser aux utilisateurs data. La bataille sera la bataille du data, et le fait d’appartenir à un grand groupe international vous permet d’avoir un accès privilégié à un certain nombre de fournisseurs d’applications et d’avoir l’expertise de développer certaines applications localement. Ce qui va certainement beaucoup nous aider.
 
Jean-Yves Charlier remplace Jo Lunder à la tête de VimpelCom. Est-ce que cela signifie une nouvelle stratégie au niveau du groupe ?
Ce changement s’inscrit dans le processus normal d’une société d’avoir des managers qui quittent le groupe et d’autres qui le rejoignent. Jo Lunder a été avec le groupe presque 14 ans dont les cinq dernières années à la tête du groupe. Il a mené à bien la naissance du groupe VimpelCom, le rachat d’Orascom, l’extension de l’horizon géographique à des zones qui étaient par le passé inconnues. VimpelCom n’était pas en Algérie, au Bangladesh, au Pakistan, etc.  Des filiales importantes ont été acquises avec le rachat d’Orascom. à présent, il a exprimé le désir de passer à une autre étape et faire autre chose (travailler avec des fonds d’investissement) et n’a pas manqué d’avoir des mots très touchants à l'égard de l’Algérie, à propos de cette nouvelle structure algérienne, de la négociation dont il a été une partie très active et de la conclusion qui en a découlé.  Nous recevons alors un nouveau CEO en la personne de Jean-Yves Charlier comme vous l’avez mentionné, et il vient du monde des télécoms et qui possède un CV impressionnant. Un homme remarquable et je peux vous dire que le marché algérien est l’une de ses priorités. Nous comme le FNI nous voulons que ce partenariat réussisse.

La dernière sortie en date de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT) met à mal Djezzy et l’accuse indirectement de gonfler ses chiffres. Un commentaire ?
On ne nous a pas accusés de gonfler les chiffres. On nous a juste signifié qu’un certain nombre de nos dossiers étaient incomplets et donc ils ont éliminé de notre base d’abonnés un certain pourcentage qu’ils ont trouvé sur la base d’échantillons qu’ils ont examinés.
 
14% ce n’est pas rien ?
Oui, mais on peut beaucoup discuter de l’échantillonnage en lui-même et de la validité statistique d’un échantillonnage, mais là n’est pas le propos. Je ne tiens pas à me lancer dans une polémique stérile. Il y a une courbe d’apprentissage également de la part de nos points de vente. Un certain nombre de contrats que l’ARPT a examinés était incomplet : une signature par-ci, un tampon par là et juger que ces documents ne sont pas valables. Il s’agit pourtant d’abonnés réels et non fictifs pour lesquels nous étions en train de régulariser les contrats et qui plus est des abonnés prépayés qui généraient un trafic important et que nous tenions à garder en les régularisant. Nous sommes en train d’insister avec nos points de vente pour que les règles édictées par l’ARPT soient respectées. Cela fait partie de notre politique, car nous ne voulons pas de raccourcis en ce sens.
 
Djezzy a de tout temps soutenu le sport et l’équipe nationale qui aujourd’hui est sous la coupe d’un autre opérateur. Comment allez-vous procéder pour rester dans la course marketing sachant que le football signifie énormément pour les Algériens ?

Djezzy a toujours considéré le sport en général et le football en particulier comme un de ses axes de sponsoring, mais nous n’aimons pas le sponsoring tous azimuts. On sponsorise trois équipes et ce sont celles qui ont gagné ces dernières années. Nous sommes donc très fiers de notre relation solide avec l’USMA, avec l’Aigle Noir de Sétif qui a volé très haut cette année (en Afrique) et avec le Mouloudia. Nous continuons à les sponsoriser tout en sachant s’il y a un plus à faire dans le domaine du sport et en restant toujours conscient que c’est le sport algérien que nous sponsorisons et que nous encourageons et non des équipes étrangères. Nous sommes, en même temps, très engagés dans la responsabilité sociale et sociétale de l’entreprise et nous sponsorisons des initiatives pour le dépistage du cancer du sein, nous avons co-sponsorisé une maison pour les malades du cancer qui se traitent à Blida et leurs familles pour être logées lors de leurs soins. Nous sommes une société très active dans la collaboration avec les différentes associations pour le don du sang, en plus d’autres initiatives sur la prévention routière. Nous sommes actuellement sur une initiative importante qui j’espère va aboutir avec la municipalité d’Oran pour la restauration de la basilique Santa Cruz. Je termine en rappelant que nous sommes investis dans le business des idées comme Fikra, première conférence algérienne de développement des idées lancée par l’agence Allégorie et Djezzy pour les dix ans de Djezzy, et la presse a pu mesurer la portée et l’intérêt de la société algérienne qu’il s’agisse des hommes d’affaires ou des représentants des travailleurs et des étudiants qui sont toujours présents en grand nombre. Je suis, à ce titre, fier de dire que nous faisons du sponsoring des idées et de la construction du futur.

N. S.


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