Scroll To Top
FLASH
  • Ligue1 (matchs disputés samedi): CRBT 1-1 NAHD; OM 2-0 JSS; CRB 0-0 CSC; USB 2-2 MCO; USMBA 0-1 PAC; MCA 2-0 JSK
  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Entretien

Le géopoliticien Yves Lacoste à “Liberté”

“Le trafic de cocaïne depuis l’Amérique latine vers l’Europe passe par le Sahel”

Le géopoliticien Yves Lacoste revient, dans cet entretien qu’il nous a accordé, sur l’actualité brûlante qui marque la scène politique et sécuritaire internationale en analysant, avec force détails, l’ébullition au Sahel et au Proche-Orient, tout en faisant une projection sur l’avenir immédiat.

Liberté : La députée européenne Rachida Dati est venue en Algérie faire un plaidoyer en faveur du projet de l’UPM. À votre avis, ce projet a-t-il des chances d’aboutir un jour et qu’est-ce qui le bloque pour être opérationnel ?
Yves Lacoste : Le projet d’“Union pour la Méditerranée” est séduisant, car il fait espérer que les vieilles tensions entre le nord et le sud de la Méditerranée seraient résolues, tout comme les conflits entre des États voisins situés les uns et les autres au bord de la Méditerranée. Les tensions entre façade nord et façade sud de la Méditerranée sont progressivement en voie de solution, depuis une cinquantaine d’années, c’est-à-dire la fin des anciennes dominations coloniales. Au contraire, entre des pays voisins, des conflits sont apparus, certains depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (Israël-pays arabes), plus récemment encore comme entre le Maroc et l’Algérie (depuis 1975 et l’affaire du Sahara occidental) et plus encore  depuis 1991 et l’éclatement de la Yougoslavie, entre Serbes, Croates, Bosniaques, Albanais, etc. Des tensions situées loin à l’est de la Méditerranée se répercutent sur ses rivages : la guerre d’Irak menée depuis 2003 par les Anglais et les Américains provoque contre ceux-ci la colère des opinions arabes, et l’afflux de nombreux réfugiés dans des pays méditerranéens ; la République islamique d’Iran en conflit avec les Occidentaux joue un rôle croissant au Liban, en soutenant le Hezbollah. La formation d’un État palestinien véritablement indépendant est battue en brèche par la multiplication par les Juifs religieux des “colonies” sionistes. Tous ces conflits rendent difficile la formation d’une “Unité pour la Méditerranée”,  et les pays non méditerranéens de l’Union  européenne, qui y est en principe associée, y sont en fait défavorables. Une entente entre les pays riverains de la Méditerranée se fera un jour, mais ce n’est pas dans un avenir proche.
 
Le Sahel est devenu une plaque tournante du terrorisme, quels sont les réels acteurs qui ont un rôle à jouer dans la lutte contre ce phénomène et ceux qui ont des intérêts dans la région où se situent les vrais enjeux ?
La zone sahélienne s’étend sur 6 000 km au sud du Sahara, depuis les côtes atlantiques jusqu’à la vallée du Nil, au Soudan. Dans cette zone très faiblement peuplée, large de plusieurs centaines de kilomètres où se fait la transition du désert à la steppe, les frontières tracées par les puissances coloniales n’ont guère de signification précise sur le terrain. Elles n’avaient guère de sens pour des peuples de pasteurs plus ou moins nomades, vivant de leurs troupeaux de bovins et de dromadaires et qui relevaient autrefois des mêmes administrations coloniales (françaises depuis la Mauritanie jusqu’au Tchad). Mais la zone sahélienne connaissait depuis des siècles de grands trafics caravaniers, vers le nord, mais aussi d’ouest en est.
Nomades et caravaniers sont aussi des guerriers pour défendre leurs troupeaux et leurs marchandises, ou pour se défendre contre des rivaux. Depuis une vingtaine d’années, les dromadaires sont remplacés par les 4x4 et les camions qui franchissent rapidement des distances considérables, et le trafic a énormément augmenté : ce sont des dizaines de milliers d’Africains qui sont transportés, moyennant finances, vers les rives de la Méditerranée, d’où ils tenteront de trouver une embarcation vers les côtes d’un pays de l’Union européenne. Le trafic de cocaïne depuis l’Amérique latine vers l’Europe passe depuis peu par la zone sahélienne, pour déjouer les contrôles, et cela rapporte beaucoup d’argent aux intermédiaires qui sont souvent d’anciens nomades qui connaissent bien les pistes peu surveillées. Ces anciens nomades guerriers ont des kalachnikovs, des 4X4 et leurs chefs ont des téléphones satellites. Cette modernisation des techniques de combat a été favorisée à partir des années 1975 par le conflit du Sahara occidental, et le Front Polisario, basé principalement à Tindouf près de la frontière marocaine et qui dispose de certains moyens financiers, a recruté jusqu’au Soudan des combattants sous contrat pour des périodes déterminées. Ceux-ci, une fois terminé leur engagement avec le Polisario, sont repartis vers leurs régions d’origine, où ils se sont mis au service d’autres causes. Depuis la fin des troubles provoqués dans le nord de l’Algérie (1992-2000) par les groupes islamistes, certains de leurs combattants se sont repliés dans l’extrême Sud algérien ou dans les régions sahéliennes voisines où ils ont fait allégeance à El-QaÏda et où ils se sont branchés sur les trafics internationaux qui s’y développent. La prise d’otages par AQMI, dans le grand centre minier d’Arlit au Niger, fait peut-être aussi l’affaire de grandes firmes chinoises qui cherchent à supplanter le groupe français Areva sur ce grand gisement d’uranium.
 
Le conflit au Proche-Orient est à son comble. Les négociations de paix israélo-palestiniennes, relancées le 2 septembre dernier à Washington, sont bloquées par la poursuite des activités de colonisation israéliennes dans les territoires palestiniens. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, dans une récente sortie médiatique, n’a pas exclu une dissolution de l'Autorité nationale palestinienne et du régime d'autonomie. Il a souhaité que les États-Unis coopèrent  avec l'Europe, la Chine, le Japon et les Nations unies dans le règlement du problème de la colonisation. Que pensez-vous de cette demande, va-t-on s’attendre à de nouveaux affrontements ou à de nouvelles décisions plus radicales envers Israël ?
Certes, en 2006, une véritable guerre a opposé l’armée israélienne et le Hezbollah au Liban, et à la fin de 2008, les Palestiniens de la bande de Gaza ont été soumis à de véritables opérations de guerre qui ont provoqué une grande émotion internationale. Mais, hormis ces très graves événements, la situation au Proche-Orient se caractérise par le grignotage du futur État palestinien — la Cisjordanie principalement — par l’implantation d’un nombre croissant de petites colonies qui parviennent de différentes façons à acheter des terrains et à faire partir des Palestiniens, pour créer de nouveaux villages, comme s’il s’agissait d’opérations immobilières privées. Mais celles-ci sont protégées par l’armée israélienne, et pour y aller quotidiennement, elles sont desservies par des routes interdites aux Palestiniens. Sous prétexte d’empêcher des infiltrations terroristes en Israël, un mur haut de 8 mètres et long de 500 km (il devait atteindre 700 km) a été construit sur la frontière officielle (celle de 1948) de l’État d’Israël (sauf dans le désert du Neguev).
Mais le tracé de ce mur fait des incursions sur le territoire palestinien pour englober des colonies plus ou moins proches. Mais bien d’autres “colonies” s’implantent loin du mur, notamment aux endroits où des forages permettent de pomper dans les nappes d’eau souterraines pour en priver les Palestiniens. L’implantation de ces colonies est le fait de Juifs fanatiques qui sont  désapprouvés par la majorité de la population israélienne.


Ces fanatiques ont été persuadés par des prédicateurs religieux que la reconquête de “la Terre promise aux Hébreux” dont il est question dans la Bible, c’est-à-dire l’actuelle Cisjordanie, serait suivie par le retour du Messie, ce que les Juifs espèrent depuis des siècles. Cette croyance est maintenant partagée par une catégorie particulière de chrétiens, les protestants évangéliques qui sont devenus très influents aux États-Unis, au Brésil et en Afrique. Ils s’opposent à ce que le gouvernement américain fasse vraiment pression sur le gouvernement israélien. La solution du problème israélo-palestinien est donc bloquée. Le président iranien Ahmadinejad, pour accroître son influence dans le monde musulman, menace de lancer des fusées à longue portée (fournies par la Corée du Nord) pour détruire Israël, qui annonce qu’il répliquera ou même qu’il devancera une telle attaque lorsqu’elle semblera imminente. C’est aussi la raison pour laquelle les Occidentaux s’opposent par le blocus presque complet à ce que l’Iran parvienne à se doter de moyens nucléaires. Mais la Russie et la Chine soutiennent plus ou moins l’Iran.

Comment voyez-vous le développement des poches de tension en Iran et en Corée du Nord ?
La situation en Iran est très complexe, car de très nombreux Iraniens et d’importants chefs religieux pensent que la réélection d’Ahmadinejad en juin 2009 a résulté de nombreuses fraudes, et pour protester, ils ont manifesté à Téhéran et dans d’autres grandes villes. Ces manifestations ont été  durement réprimées.
Les Iraniens n’approuvent pas les discours très violents d’Ahmadinejad qui menace de destruction,  par ses fusées à longue portée, non seulement Israël, mais les pays d’Europe occidentale. Les Iraniens subissent les effets du blocus que les puissances occidentales infligent à l’Iran (pénurie paradoxale d’essence, car l’Iran, pourtant grand exportateur de pétrole, n’a plus assez de raffineries pour avoir l’essence dont les Iraniens ont besoin pour leurs voitures). Ahmadinejad s’appuie surtout sur un groupe chiite ultrareligieux (adversaire de la masse des musulmans sunnites) et sur les pasdarans “les gardiens de la révolution”, c’est-à-dire les anciens combattants de la guerre contre l’Irak (1980-88) et surtout sur leurs héritiers. Ceux-ci disposent de nombreux avantages commerciaux et ils peuvent faire de bonnes affaires avec Dubaï de l’autre côté du Golfe persique. Mais tous les Iraniens estiment que l’Iran doit devenir une grande puissance et que leur pays a le droit d’avoir une industrie nucléaire et même des armes nucléaires pour se défendre, contre Israël, mais aussi contre le Pakistan qui ont eux aussi des armes nucléaires. Des tensions graves se développent malheureusement dans le monde musulman entre sunnites et chiites dont l’Iran est le champion. En Irak, où les chiites forment la moitié de la population, El-Qaïda sunnite a fait commettre depuis 2004 de nombreux attentats contre les chiites, et notamment contre de grands sanctuaires religieux chiites. Il en est de même au Pakistan où les talibans pakistanais commettent des attentats contre la minorité chiite. Comme l’Iran, la Corée du Nord a des fusées à longue portée et une industrie nucléaire qui cherche à mettre au point des armes nucléaires, et ces deux pays sont l’un et l’autre hostiles aux États-Unis, mais les ressemblances entre ces deux États plus ou moins en contact se limitent à ces trois caractéristiques. Les moyens de la Corée du Nord qui n’a pas de pétrole ont été longtemps fournis par l’URSS et surtout par la Chine de nos jours. Paradoxalement, une grande partie des moyens alimentaires est fournie par les États-Unis et la Corée du Sud,  bien que les dirigeants de la Corée du Nord  dénoncent ces deux États. Mais, depuis 1945, la Corée est coupée en deux, surtout depuis “la guerre de Corée” (1950-53) qui a opposé le Nord soutenu par les Soviétiques et les communistes chinois au Sud soutenus par les Américains qui maintiennent des troupes au Sud. L’Allemagne qui en 1945 avait été elle aussi coupée en deux a été réunifiée en 1989, mais cela n’a pas été le cas de la Corée. La Corée du Sud, dont le développement économique depuis cinquante ans est considérable, envoie de l’aide à la Corée du Nord, lorsque celle-ci est touchée par la famine, et les Américains en font de même, en espérant convaincre le dirigeants nord-coréens de renoncer aux armes nucléaires. La Corée du Nord est le dernier régime communiste au monde, et, depuis longtemps, c’est un régime communiste très particulier puisque c’est une véritable dynastie : à son fondateur Kim Il Sung a succédé son fils Kim Jung Il auquel va succéder en principe un de ses fils. Ce régime déplaît aux dirigeants communistes chinois, mais ceux-ci n’osent pas l’abandonner, ce que ne souhaite d’ailleurs pas la Corée du Sud qui se demande comment elle pourrait prendre en charge la Corée du Nord. Celle-ci, pour s’assurer du soutien chinois, manifeste son importance par des incidents militaires avec la Corée du Sud qui, comme tout récemment, voit arriver la flotte américaine, ce qui déplaÎt beaucoup aux Chinois qui sont obligés de soutenir le gouvernement nord-coréen.

Les révélations de WikiLeaks ont fait l’effet d’un tsunami diplomatique, d’autant plus que ces “fuites” viennent des  propres services de renseignements américains. Quelle est votre point de vue concernant ces révélations ? Les États-Unis vont-ils devoir changer de méthode, s’agissant de leur diplomatie, et agir autrement dans le traitement de certains grands dossiers ?
Il ne s’agit pas de fuites dans les services de renseignement américains, mais de pirateries informatiques rendues possibles par des prouesses de hackers qui sont parvenus à entrer dans les réseaux des transmissions de la diplomatie américaine et dans les télégrammes envoyés par les gouvernements étrangers à la Maison-Blanche et au département d’État (ministère des Affaires étrangères). Les Américains mettront en place des systèmes informatiques mieux protégés. Les “révélations” de WikiLeaks sont surtout la confirmation de tensions qui semblaient probables, mais dont on n’avait pas la preuve formelle. Ainsi, par exemple, on se doutait que les États du Golfe, et notamment l’Arabie Saoudite, craignaient que l’Iran se dote d’armes nucléaires et demandaient plus ou moins au gouvernement américain de détruire les centres nucléaires iraniens. Le texte  désormais révélé de dépêches diplomatiques  saoudiennes montre que ces demandes contre l’Iran avaient été formulées de façon précise à la Maison-Blanche.

Est-ce le déclin des États-Unis ? Assistons-nous à un nouvel ordre mondial dans lequel les Américains ne seraient plus les seuls maîtres à bord ? Quelles sont les puissances avec lesquelles il faudra désormais composer ?
Les actuelles difficultés économiques des États-Unis ne doivent pas être considérées comme le signe de leur affaiblissement militaire. Ils disposent de forces considérables ultramodernes, mais celles-ci s’avèrent assez inefficaces dans des conflits “dissymétriques”, c’est-à-dire contre des adversaires dissimulés dans de grandes villes (comme en Irak) ou dans des montagnes (comme en Afghanistan). De plus, les États-Unis, qui en 1973, après la guerre du Vietnam, ont aboli le système du service militaire (la conscription obligatoire), ne disposent plus assez d’effectifs, alors ils doivent recruter des mercenaires et recourir à des entreprises privées qui se chargent d’importantes tâches militaires.
Les États-Unis doivent supporter une gigantesque dette extérieure, celle-ci résulte du fait que les dépenses militaires sont considérables, que les gens riches ne paient que fort peu d’impôts (ils transfèrent leurs bénéfices à l’étranger dans des paradis fiscaux) et que les grandes entreprises industrielles américaines ont beaucoup réduit un grand nombre de leurs productions pour importer à bas prix de l’étranger des produits comparables et les revendre cher sur le marché intérieur américain. Mais un grand nombre de travailleurs américains sont sans emploi et beaucoup n’ont plus les moyens de se loger.  Une grande partie des importations américaines vient de Chine qui, produisant à très bas prix des produits de qualité, a réalisé d’énormes bénéfices en dollars, si bien que l’essentiel de la dette des États-Unis est détenu par la Chine. La Banque fédérale américaine imprime des dollars dont on devrait récuser la  valeur, mais la Chine, le principal créancier, se garde de minimiser la valeur de ces dollars, car elle diminuerait d’autant le stock qu’elle détient.
La Chine connaît depuis trente ans une formidable montée en puissance qui n’a pas été freinée par la crise économique qui s’est déclenchée en 2008 aux États-Unis et en Europe.
La Chine, qui a récemment supplanté le Japon, est devenue la deuxième puissance économique mondiale, et au rythme de sa croissance actuelle (12% en moyenne, 5% pour les États-Unis), les experts estiment  qu’elle pourrait devenir, d’ici vingt ans, la première puissance mondiale. Les grandes compagnies pétrolières américaines doivent désormais faire face, dans de nombreux pays, à la rivalité de très grandes compagnies chinoises. La Chine développe rapidement ses moyens militaires et elle veut se doter d’une grande marine de guerre ; elle dispose déjà d’une grande flotte de commerce. Certains experts estiment qu’au plan mondial, les rivalités géopolitiques, c’est-à-dire les compétitions entre puissances pour la conquête ou le contrôle de territoires, vont être supplantées par des rivalités géoéconomiques dont les enjeux ne sont plus territoriaux mais financiers ou pour le contrôle de telle ou telle matière première plus ou moins rare. De nombreuses rivalités géoéconomiques se développent entre les États-Unis (300 millions d’habitants) et la Chine (1,4 million d’habitants, mais désormais en croissance lente).  Il faut aussi tenir compte de l’Union indienne (1,3 milliard encore en croissance  rapide) qui connaît elle aussi un très grand développement économique. Elle va bientôt compter autant d’habitants que la Chine  dont elle est plus ou moins rivale.  Le monde musulman compte lui aussi près d’un milliard et demi d’hommes et de femmes, mais il est divisé en près d’une quarantaine d’États pour la plupart de langues différentes (plus de 250 millions parlent arabe).
L’Union européenne (500 millions d’habitants, 27 États eux aussi de langues différentes) a actuellement à peu près le même poids économique (produit intérieur brut) que les États-Unis, mais sa croissance est plus lente, elle n’a guère de poids militaire et, à l’exception de la France, elle est en déclin démographique.
Le déclin démographique est surtout le cas de la Russie (natalité basse, mortalité forte) qui fut au temps de la guerre froide la seconde superpuissance, mais qui ne parvient pas à surmonter les dégâts matériels et moraux accumulés par 70 ans de socialisme. La Russie est devenue exportatrice de pétrole et de gaz, mais les bénéfices sont en grande partie détournés par une oligarchie qui les transfère à l’étranger. La Russie est encore une puissance militaire, car elle a conservé d’importants moyens nucléaires. Bien que sa croissance soit médiocre, ses dirigeants disent qu’elle fait partie de ces “nouveaux pays émergents”, les BRIC que sont le Brésil, la Russie, I’Inde, la Chine. Il est à mon avis assez inutile de parler d’un “nouvel ordre mondial”. Mieux vaut parler de la montée de nouvelles très grandes puissances.

F. H.