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A la une / Entretien

Isabelle Roy, ambassadRICE du Canada À ALGER, à “Liberté”

“Les candidats à l’immigration ayant un frère ou une sœur au Canada seront avantagés”

©Zehani/Archives Liberté

Dans cet entretien, l’ambassadeur du Canada en Algérie, Isabelle Roy, évoque l’état des relations bilatérales entre son pays et l’Algérie et donne également des indications sur les améliorations (les nouveautés) en matière d’immigration.

Liberté : Air Canada vient d’ inaugurer une nouvelle ligne Montréal-Alger sans escale. Quel commentaire vous inspire cet événement ?
Isabelle Roy :
Cette nouvelle ligne assurera durant la saison estivale quatre vols par semaine. L’arrivée d’Air Canada en Algérie est un évènement majeur de cette saison estivale et nous espérons que cette présence va se développer pour toute l’année. Ce vol vient renforcer la liaison aérienne entre le Canada et l’Algérie. Cette nouvelle ligne permettra de renforcer les échanges entre nos deux pays pour le transport des personnes en encourageant les touristes canadiens à visiter l’Algérie, y compris le Sud,  et le touriste algérien à visiter le Canada. Mais il y a aussi toute la dimension économique que les liaisons aériennes, assurées par Air Canada ou Air Algérie, peuvent offrir en matière de déplacement des hommes d’affaires ou de transport de marchandises.
 
Cette liaison aérienne vient renforcer les liens bilatéraux entre l’Algérie et le Canada. Pouvez-vous justement faire le point sur l’état des échanges entre les deux pays ?
Les relations bilatérales entre le Canada et l’Algérie ont de tout temps été excellentes. L’Algérie est un partenaire commercial important du Canada dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. C’est aussi un partenaire-clé dans le domaine sécuritaire. Nous entretenons aussi d’excellentes relations politiques, consolidées depuis 2011, par la signature d’un protocole d’entente. Ce protocole fixe les jalons de la volonté commune pour développer les relations politiques à travers l’essor d’un dialogue politique et de coopération, afin de promouvoir les objectifs et intérêts communs dans un cadre bilatéral, régional et international. Conformément à ce protocole, nos deux pays ont tenu les premières consultations bilatérales en décembre 2015. Ces premières consultations bilatérales ont été un espace de dialogue et de concertation commune pour donner un nouveau souffle à nos relations et déterminer ainsi les domaines de coopération à développer. Après un mandat de près de trois années comme ambassadrice du Canada en Algérie, je dois dire que j’ai assisté à une croissance dans le niveau des activités bilatérales. Une excellente collaboration dans le domaine sécuritaire, notamment dans le cadre du groupe de travail sur le Sahel du GCTF.

Et justement qu’en est-il de la coopération dans le cadre du groupe de travail sur le Sahel ?
Le Canada et l’Algérie coprésident depuis 2011 le groupe de travail sur le Sahel du Forum global de lutte contre le terrorisme. Ce forum vise à promouvoir la coopération régionale et internationale et offre aux experts une tribune pour discuter des lacunes en matière de renforcement des capacités et de proposer des solutions. Les activités dans le cadre de ce groupe de travail ont conduit au lancement d'un programme d'action sur la lutte contre l'extrémisme violent et à promouvoir l'engagement communautaire en Afrique de l'Ouest et au Sahel. Les 3e  et 4e plénières, auxquelles j’ai assisté depuis mon arrivée en Algérie, m’ont permis de mesurer le travail réel mené dans le cadre de ce groupe. Les experts de différents corps, police, gendarmerie et justice, de plusieurs pays, notamment de la région du Sahel, se rencontrent pour étudier les réels défis sécuritaires dans la région.

Le volume des échanges commerciaux a connu une chute libre depuis la baisse des prix du pétrole. Comment, à votre avis, peut-on remédier à cette situation ?
Le Canada et l’Algérie entretiennent des relations commerciales dynamiques marquées par des échanges bilatéraux évalués à presque 2,4 milliards de dollars canadiens en 2016, en faveur de l’Algérie. Ce volume a connu une fluctuation les dernières années en raison de la crise économique et la baisse considérable des prix du pétrole, dont l’Algérie et le Canada sont tous les deux des producteurs. Malgré cette crise, l’Algérie était le premier partenaire commercial bilatéral du Canada en Afrique et le 32e partenaire dans le monde en 2016. Il est certain que la chute des prix du pétrole a eu un impact sur nos échanges commerciaux surtout que l’Algérie était un fournisseur important de pétrole pour le Canada. Je crois que la diversification des domaines de coopération pour ne plus dépendre des hydrocarbures pourrait rééquilibrer ces échanges. Il y a beaucoup de secteurs dans lesquels nous pouvons travailler ensemble, comme l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies et d’autres domaines comme les services.

Comment expliquez-vous le nombre restreint des entreprises canadiennes en Algérie ?
Avec une soixantaine d’entreprises canadiennes présentes en Algérie, je ne dirais pas qu’il y un nombre restreint, même si j’espère voir plus d’entreprises venir en Algérie. Les activités de ces entreprises sont variées, allant des produits alimentaires à l’aéronautique. Les entreprises canadiennes tirent avantage de leur volonté à partager leurs connaissances et leurs technologies, leur savoir-faire nord-américain et leur capacité à pouvoir faire des affaires en langue française que nous avons en partage avec l’Algérie. Pour le Canada, l’Algérie présente des débouchés commerciaux dignes d’intérêt dans les secteurs de l’infrastructure et des services de génie-conseil, de l’éducation, de l’aérospatiale, de l’agriculture et des technologies de l’information et des communications. Les compagnies canadiennes n’ont jamais quitté l’Algérie même pendant la décennie noire.

Est-ce que le Conseil de développement Canada-Algérie (CDCA) peut-il contribuer à densifier les échanges en matière de développement économique ?
Le CDCA a été créé en 2016 par un groupe de Canadiens et d’Algériens intéressés par les activités d’affaires entre nos deux pays. Cette initiative est venue des secteurs privés algérien et canadien pour promouvoir des partenariats. Je suis convaincue que cette initiative ne peut que contribuer à donner un nouveau souffle à nos relations économiques et renforcer les échanges entre les entreprises algériennes et canadiennes, tout en solidifiant l’attachement entre l’Algérie et le Canada. Le CDCA est un partenaire de grande importance qui a déjà démontré sa valeur avec la visite du FCE au Canada en avril et qui collabore avec nous de nouveau pour la visite de la vice-première ministre du Québec en Algérie du 2 au 4 juillet.

Il y a quelque 100 000 Algériens établis au Canada. Est-ce qu’il y a du nouveau en matière de traitement des dossiers d’immigration et d’octroi des visas ?
Le Canada a longtemps été, et continue d'être, une terre d'accueil. Depuis le début de la Confédération canadienne, plus de 17 millions d'immigrants ont été reçus au Canada. Ce qui fait du Canada un des pays les plus riches et les plus diversifiés sur le plan culturel, linguistique, religieux et ethnique. L’ouverture du Canada attire des candidats à l’immigration du monde entier. Parfaitement intégré dans la société d’accueil, la communauté algérienne au Canada, éduquée et très dynamique, a prouvé sa compétence dans les domaines économique, administratif, culturel et académique. Cette diaspora contribue également au renforcement des relations entre nos deux pays ; beaucoup d’Algériens reviennent en Algérie pour faire profiter leur pays de leur expérience canadienne. Comme vous le savez, en janvier 2015, le ministère d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a introduit le système “Entrée express” qui vise à sélectionner les candidats les plus susceptibles de réussir au Canada, plutôt que d'accepter le premier candidat qui a présenté sa demande. Dans “Entrée express”, les demandeurs créent un profil en ligne de leurs qualifications et ils sont placés dans un bassin de candidats qualifiés. Ces derniers sont évalués en fonction de certains critères et ceux qui auront la meilleure note seront invités à présenter une demande de résidence permanente surtout s'ils ont une offre d'emploi valide ou ont été désignés par une province/un territoire. Ces demandes  bénéficient d'un délai de traitement de six mois (dans 80% des cas). Après presque deux ans et demi, des améliorations ont été introduites en juin dernier. Ceci inclut l’attribution de plus de points aux candidats ayant un frère ou une sœur au Canada. Les études ont montré que la présence d’un frère ou d’une sœur aide les nouveaux arrivants à mieux s’intégrer à la société canadienne aux débuts de leur nouvelle vie au Canada. La communauté algéro-canadienne continue d’augmenter et nous sommes confiants que cette tendance va se maintenir.
 
Sinon, y a-t-il du nouveau en matière de coopération universitaire et culturelle ?

À propos de la coopération universitaire, la coopération dans le secteur de l’enseignement supérieur constitue un des axes principaux de notre partenariat avec l’Algérie. Bien sûr, les échanges dans ce secteur sont très dynamiques. Nous avons 89 partenariats avec des établissements d’enseignement supérieur canadiens au total.
À titre d’exemple, je peux mentionner les partenariats entre HEC Montréal et MDI-Alger en nette croissance, le projet de formation de réseaux de recherches proposé par les universités algériennes en collaboration avec le Bureau canadien de l’éducation internationale (BCEI) ainsi qu’un projet de formation en ingénierie pédagogique piloté par l’Université de Sherbrooke et l’Université du Québec à Trois Rivières (UQTR) à des groupes de formateurs universitaires algériens. Bien que les études au Canada ne soient pas gratuites, de plus en plus d’étudiants algériens s’y intéressent motivés par la qualité de l’enseignement dispensé et aussi par l’avantage que les études au Canada soient dispensées dans deux langues, français et anglais.
C’est pourquoi le Canada arrive au deuxième rang des destinations étrangères les plus populaires auprès des étudiants algériens. Le nombre d’étudiants algériens qui choisissent le Canada pour poursuivre leurs études est en croissance : 1 160 en 2016 contre 600 étudiants en 2011.

Propos recueillis par : Yahia Arkat


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