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A la une / Entretien

Andrey Pestov, Directeur de Gazprom Algérie, à Liberté

“Notre première priorité en Afrique est l’Algérie”

Dans cet entretien, le premier responsable de la représentation de Gazprom en Algérie aborde l’évolution des prix du gaz sur les marchés internationaux, les perspectives de développement des exportations de la compagnie gazière russe no 1 mondial.

Liberté : Où en est le projet de développement  du champ de gaz d’El-Assel ?
 Andrey Pestov : On a découvert des réserves estimées à 30 millions de tonnes équivalent pétrole, essentiellement du gaz grâce à un premier puits positif réalisé en 2010. Nous poursuivons les travaux de délinéation pour déterminer l’étendue de ce réservoir. Nous comptons forer un second puits en 2011. La seconde phase d’exploration s’achève en 2012. Si tout se passe bien, on compte présenter le plan de développement du gisement d’El-Assel situé dans le bassin de Berkine à Alnaft en 2012-2013. Nous sommes toujours ouverts à des discussions avec Sonatrach en vue de partenariats aussi bien en Algérie qu’à l’étranger.

Quel est l’état actuel du marché international du gaz ?
L’année 2011 va nous montrer une situation tout à fait nouvelle. Par rapport à l’année 2010 où on a enregistré encore les effets de la crise économique mondiale sur le marché, on assiste à des indices de reprise de la demande mondiale de gaz. Les signaux de cette reprise sont reflétés par l’évolution des exportations de gaz de Gazprom, le numéro 1 mondial.

Quelle a été l’évolution des exportations de gaz de Gazprom ?
Gazprom a exporté vers l’Europe 138,6 milliards de mètres cubes en 2009, contre 140 milliards de mètres cubes en 2010. Durant l’année 2011, les exportations à l’étranger de Gazprom ont connu une croissance de 30%. Si on compare les trois premiers mois de 2011 par rapport à la même période de 2010, la croissance des exportations de gaz vers l’Europe  s’établit à 12%. En 2009-2010, des compagnies comme Gazprom et Statoil au regard de la dépression de la demande ont accepté que les prix de 10% à 30% des quantités soient fixés en référence aux prix spot. Gazprom a accepté par exemple que les prix de 10 à 15% des quantités prévues par les contrats long terme soient déterminés en rapport avec les cours spot. Durant les quatre premiers mois de 2011, les prix spot se sont rapprochés des prix moyens des contrats long terme de Gazprom. Les estimations de Gazprom pour l’année 2011 sont très positives. Le marché européen connaît une croissance de la demande. Les prix du gaz vendu en Europe par Gazprom ont augmenté. On est passé à 400 dollars pour 1 000 mètres cubes début 2011. On estime que les prix vont atteindre 500 dollars vers la fin de l’année. Des évènements dans le monde vont soutenir la tendance, en particulier la sortie annoncée  de l’Allemagne du nucléaire.

Quelles sont les perspectives en matière d’exportation de gaz à moyen terme ?
 Gazprom escompte exporter pour 152 milliards de mètres cubes de gaz en Europe en 2011. Au cours de l’année 2010, sur une production globale de 509 milliards de mètres cubes, 277 milliards de mètres cubes ont couvert les besoins domestiques, 70 milliards ont été vendus dans les pays de l’ex-CEI. Les exportations globales ont atteint 218 milliards de mètres cubes en 2010. Gazprom a réalisé, en 2010, en Russie et ailleurs, 68 découvertes y compris celle d’El-Assel en Algérie. Les nouvelles réserves sont estimées à 547 milliards de mètres cubes, soit un taux de renouvellement des réserves de 108%. Les réserves de Gazpom s’établissent à 33 600 milliards de mètres cubes, soit les premières au monde. Leur durée est estimée à 66 ans. En 2020, Gazprom escompte porter la production à 640-660 milliards de mètres cubes. Elle anticipe une forte croissance de la demande asiatique, surtout du Japon.

Le gaz non conventionnel va-t-il bouleverser cette évolution ?
 Gazprom ne croit pas que le gaz non conventionnel aille inonder le marché et que les États-Unis ne vont plus importer de gaz. Tout simplement parce que les coûts d’extraction des gaz non conventionnels ne sont pas compétitifs. Le gaz conventionnel, du coup, a un bel avenir au cours des prochaines décennies.

Qu’en est-il des projets de Gazprom dans le GNL ?
Gazprom a produit, en 2010, 10 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié via le pôle Sakhaline II. La participation des partenaires étrangers dans ce pôle est de 50%. Y participent notamment les compagnies japonaises Mitsui et Mitsubishi. Gazprom doit choisir entre deux options pour développer Sakhaline II, soit construire un troisième train de 10 millions de tonnes/an, soit construire une usine sur un autre site d’une capacité de 10 million de tonnes/an. Shtokman est un autre projet de Gazprom en mer de Barents en Russie. Les réserves de gaz à proximité sont estimées à près de 390 milliards de mètres cubes. Gazprom a pour partenaires dans ce projet Total avec 25% et Statoil 24% (Gazprom 51%). Le projet sera exécuté en trois phases : premier train de 7,5 milliards de mètres cubes, second train de 7,5 milliards de mètres cubes, le dernier de capacité équivalente. Ce projet est gelé à cause de la déprime    de la demande en 2009-2010. En 2012, Gaprom aura une capacité de production de 27 milliards de mètres cubes de GNL (soit les capacités actuelles de Sonatrach). 

Quelles sont les perspectives de partenariat avec Sonatrach ?
Nous comptons profiter de cette volonté politique affichée par les deux parties pour renforcer notre coopération avec  Sonatrach. La possibilité de Swaps de quantités de gaz est toujours envisagée avec Sonatrach. Gazprom recherche d’autres opportunités pour renforcer cette coopération. Sonatrach est un partenaire stratégique. Nous souhaitons avoir des relations plus intenses avec Sonatrach dans tous les domaines.

Votre siège à Alger servira-t-il de plateforme pour vous développer en Afrique ?
Notre première priorité en Afrique est l’Algérie. Nous sommes également intéressés par des partenariats avec Sonatrach dans des pays de l’Afrique subsaharienne. Nous sommes toujours intéressés par le projet de gazoduc transsaharien appelé Nigal entre le Nigeria et l’Algérie via le Niger destiné à l’exportation de gaz vers l’Europe.