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A la une / Entretien

Philip Crowley, porte-parole du département d’État US, à Liberté

“Nous voulons que le gouvernement algérien tienne son engagement”

Un franc-parler qui peut paraître à la limite de la subversion,  le porte-parole du département d’État, Philip Crowley,  nous a livré les préoccupations du moment  des États-Unis concernant “la région” dont l’Algérie fait partie. Changement et réformes contre aide financière ou assistance technique ou les deux, telle est la proposition américaine pour les pays qui choisiront un destin démocratique.


Liberté : Monsieur Crowley, je vous remercie d’accorder cette interview à Liberté. Voulez-vous déterminer votre poste et la date de votre nomination au département d’État ?
 Philip Crowley : J’ai un long et un court titre. Mon long titre est assistant secrétaire d’État chargé des affaires publiques ; le court titre est porte-parole du département d’État. Vous pouvez utiliser l’un ou l’autre ou les deux. J’ai été confirmé par le Sénat en mai  2009 donc cela fait presque deux ans que j’ai été nommé à ce poste.

Samedi dernier, quand le peuple algérien a tenté de mener une marche pacifique pour demander le départ du régime, ils ont été confrontés à 30 000 policiers, un fait qui ne s’est jamais produit en Algérie pour une marche pacifique ni même lors d’une manifestation prévue violente. Nous avons eu le communiqué du département d’État sur l’événement mais il n’est pas encore clair si vous soutenez, dans cette situation, le peuple algérien ou le régime ?
 Je voudrais cerner ce sujet d’une façon différente et revenir à ce que la secrétaire d’État, Mme Clinton, a tenu dans son discours à Doha. Sur place, elle s’était adressée aux pays de la région dans leur ensemble et je pense qu’il demeure dans notre point de vue qu’il doit y avoir à travers la région, du Golfe jusqu’aux pays du Maghreb, que tous les pays, que tous les gouvernements qui font face à des défis similaires ont besoin de trouver des possibilités d’ouverture, dans leurs propres sociétés, vers de véritables réformes politiques, économiques et sociales.
L’Algérie a les mêmes défis que les autres pays (de la région) avec une population très jeune. Selon le Washington Post d’aujourd’hui,
31% de la population algérienne a entre 15 et 29 ans et ceci est presque 10% plus élevé en comparaison avec les États-Unis qui a 21% de sa population dans ce même groupe d’âge.
En Algérie, comme dans n’importe quel autre pays, cette jeune population est ambitieuse et très au courant. Nous avons vu l’importance des médias sociaux, la population est bien plus informée de ce qui se passe dans les autres pays de la région ou dans les autres régions du monde, et ainsi ils sont plus à même de comparer ce à quoi ils sont confrontés jour après jour, et le mode de vie et les conditions dans les autres pays. Comme ils sont ambitieux et très bien instruits, ils sont frustrés parce qu’ils n’ont pas les mêmes chances pour prétendre au travail, ni les mêmes chances de s’exprimer librement et de participer s’ils le veulent à un processus politique ouvert.
L’Algérie fait face à une situation similaire que nous avons vue dans d’autres pays et la secrétaire d’État dans son discours à Doha a mis au défi la région : “Vous devez changer, vous devez réformer.” Le Président a réitéré, hier, durant sa conférence de presse que “le changement est en train de se produire dans la région et les gouvernements doivent se mettre en avant dans ce changement”.
L’Algérie a pris quelques mesures. Le président Bouteflika a parlé l’autre jour de la levée de l’état d’urgence. Nous pensons que cela est une étape positive, il a indiqué la volonté d’ouvrir les médias pour l’opposition, je pense que ceci est très important pour la formation d’une société civile. 
L’Algérie évidemment, économiquement,  est un exportateur de plus en plus important dans le domaine de l’énergie mais on continue d’encourager l’Algérie à diversifier son économie, d’améliorer certaines de ses lois pour être capable d’attirer plus d’investissements étrangers, ceci peut être un catalyseur en termes de création d’opportunités d’emplois pour sa population, chose qui pourra aider considérablement.
Nous comprenons que les Algériens ont des préoccupations similaires que les Américains ou que les autres peuples en termes de recherche de travail, de coût d’habitation, de coût de produits de consommation et il est juste important pour ces gouvernements de reconnaître et de répondre aux préoccupations de leurs peuples.

Est-ce que vous caractérisez l’Algérie comme une démocratie ou bien comme un système encore en transition ?  
C’est une bonne question ! Je ne sais pas si on peut caractériser l’Algérie comme une démocratie même si l’on reconnaît qu’il y a une certaine participation de différents éléments de la société algérienne. Ce que la secrétaire d’État a dit à Doha, l’Algérie comme les autres pays (de la région) doit carrément se consacrer à des réformes économiques, politiques et sociales.

Avez-vous demandé de quelque manière que ce soit au régime algérien de tenir sa promesse de lever l’état d’urgence et de donner accès aux médias nationaux comme la télévision aux partis de l’opposition?
 Je dirais que ce problème est entre le gouvernement algérien et le peuple algérien. Je ne réduis en rien de ce que l’Algérie a besoin de faire. Certainement, nous avons dit clairement au gouvernement algérien, et ce, depuis des années, nos préoccupations concernant l’état d’urgence et le fait que l’état d’urgence doit être levé.
Nous avons tenu le même propos au gouvernement intérimaire en Égypte. Donc, oui nous voulons voir le gouvernement algérien tenir l’engagement qu’il a fait à son peuple. C’est très important !

Avez-vous reçu des garanties de la part du régime algérien concernant un peu plus de réformes et en particulier l’engagement de lutter contre la corruption ?
Ce sont des problèmes très importants qui font partie de notre dialogue actuel avec l’Algérie. La corruption est un problème majeur pour les gouvernements du XXIe siècle, ça réduit de la confiance du peuple envers son gouvernement. La question revient à savoir si le gouvernement est là pour faire profiter quelques-uns plutôt que la majorité. Donc certainement en termes de réformes nécessaires, un gouvernement doit carrément être vu comme luttant contre la corruption. C’est fondamental à tout défi auquel un gouvernement est confronté.

Samedi 19 février, les Algériens vont faire une marche pacifique contre le régime et demander des changements significatifs en Algérie. Est-ce que les États-Unis d’Amérique soutiendront le peuple algérien dans leur protestation pacifique ?
Nous sommes guidés par nos principes fondamentaux, et ce, à travers toute la région. Évidemment, nous avons vu les peuples se soulever. Ceci à commencer en Tunisie, s’est poursuivi en Égypte et aujourd’hui c’est présent dans plusieurs pays, y compris l’Algérie jusqu’au Yémen. Nos principes fondamentaux nous dictent en tant que pays,  lorsque nous regardons ce qui se passe dans le Maghreb et à travers toute la région d’encourager la retenue. Nous affirmons les principes universels, que les peuples doivent avoir la liberté de se rassembler, la liberté d’exprimer leurs opinions et la nécessité pour le gouvernement de répondre significativement aux aspirations de leur peuple. Nous continuons à encourager les réformes et le changement et ceci est le message que nous adressons à l’Algérie, le même message que nous adressons aux autres pays de la région, au Yémen et ceux entre les deux.
Comment cela peut se faire, cela varie d’un pays à l’autre. Certainement nous regardons vers l’Algérie, un pays aux ressources énergétique capable de puiser des moyens de cela, différemment que le Yémen qui est le plus pauvre pays de la région.
Donc la solution sera différente d’un pays à l’autre. La secrétaire d’État l’a dit clairement, de même que le Président (Obama) l’a dit clairement : “Il y a un besoin de changement” et ceci s’applique certainement à l’Algérie comme ceci s’applique aux autres pays.

Le tiers de la population algérienne vit avec moins de 1 dollar par jour, ce qui fait près de 10 millions d’Algériens qui vivent avec moins de 1 dollar par jour dans un pays riche, comme vous l’avez vous-même souligné. Quel est votre avis sur cela ? 
Eh bien, il y a quelque chose qui a trait à l’idée de la malédiction du pétrole. Vous avez des pays qui génèrent des revenus et la question est : est-ce que ce revenu est utilisé pour faire bénéficier une élite ou le revenu est utilisé pour faire bénéficier la population en entier ? Il n’y a pas de doute que la situation actuelle, la dynamique actuelle est insoutenable. C’est ce que la secrétaire d’État a mentionné comme étant la pierre angulaire de son discours à Doha, que le statu quo ne peut plus durer. Le peuple s’aperçoit d’un écart croissant entre ceux “qui ont” et ceux qui “n’ont pas”, entre une certaine classe et le citoyen moyen. Ils se sont soulevés et demandent à présent d’avoir mieux. Il est important aux gouvernements de reconnaître que ceci est la réalité. Les peuples se sentent confiants, ils se sentent capables. Ils ne sont plus intimidés par le gouvernement. Ils vont se soulever et revendiquer plus. Il est vital pour les gouvernements de répondre à ces aspirations et nous espérons que l’Algérie reconnaîtra cela. Quelques étapes entreprises (par l’Algérie) sont prometteuses mais évidemment ils doivent aller jusqu’au bout. Je pense de ce que l’on a vu, que l’Algérie s’est consacrée à beaucoup de vrais problèmes. L’année dernière, ils ont accueilli le premier sommet d’entreprises US-Maghreb et je pense que cela leur a montré aussi bien ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils ne peuvent pas faire. Maintenant la question est : est-ce qu’ils iront jusqu’au bout et seront capables de traduire ce potentiel en de véritables programmes, en de véritables actions qui bénéficierons à une large catégorie de la population ? Ainsi que le Président (Obama) et la secrétaire d’État l’on dit récemment, le changement n’est pas déstabilisateur.
À présent, le changement est nécessaire et au fur et à mesure que les pays deviennent plus confiants, plus prospères et plus ouverts, ceci apportera plutôt de la stabilité.

Monsieur Crowley, pensez-vous que les pays arabes et particulièrement l’Algérie peuvent changer sans le soutien international ?
 Eh bien, ils doivent changer ! C’est un point très important. Je pense que la communauté internationale peut encourager le changement et selon le pays, nous pouvons soutenir ce changement. Dans certains cas, cela peut être une assistance financière. Certainement lorsque vous regardez vers un pays comme le Yémen, Il y a évidemment un besoin non seulement d’assistance technique mais aussi d’assistance financière, étant donné sa situation où il y a un épuisement de beaucoup de choses y compris en eau.
Pour un pays comme l’Algérie, peut-être que ce sera moins une assistance financière parce que l’exportation en matière d’énergie est grandissante et ceci peut être plus le cas d’une assistance technique. Comment ferons-nous cela ? Nous ferons ce genre de chose avec l’Égypte, qui a une expérience limitée, une expérience récente limitée dont comment gérer un processus politique ouvert et légitime. Nous accueillons favorablement de soutenir les pays qui iront à travers ces réformes mais cela doit venir de chaque pays et cela doit être par des solutions qui leur seront propres. Ce n’est pas une situation où les États-Unis ou n’importe qui d’autre imposera une solution à un pays.
Je pense que vous avez vu et que nous allons continuer de voir cette tendance depuis la Tunisie à l’Égypte et maintenant dans les autres pays. La population comme je l’ai dit se sent capable. Ils ont vu ce qui s’est passé ailleurs et ils ont ramené ces leçons à leur situation particulière.
Pour poursuivre sur ce point, je pense que ça doit être une solution algérienne. Il ne peut pas être question que les États-Unis essayent de dicter une solution extérieure aux défis qui existent à l’intérieur de l’Algérie. Nous sommes certainement préparés à aider parce que l’Algérie a un grand potentiel. On pourra voir ce que l’on pourra faire quant au côté enseignement, le côté scientifique. Il y a un intérêt commun sur des choses comme le changement climatique, qui peut avoir des bénéfices mutuels.
Nous sommes entièrement prêts à aider l’Algérie tout au long de son parcours parce qu’elle a un énorme potentiel, et ce, en considération de notre grandissante relation commerciale. Si, par exemple, l’Algérie crée le bon climat pour les investissements, alors il y aura un potentiel énorme d’avoir une économie diversifiée et les divers retours de cette économie peuvent être un support pour le changement. On pourra aider mais ultimement ce sont des décisions qui doivent être prises en Algérie, de même que les décisions que nous avons vues maintenant à Tunis ou au Caire ou ailleurs à travers la région.

La Tunisie est aujourd’hui en train de travailler sur sa transition, mais les faibles conditions de vie ont créé dans les derniers jours un exode massif vers l’Italie. Est-ce que les États-Unis ont demandé à l’Italie de respecter les droits des réfugiés tunisiens et est-ce que les États-Unis vont soutenir financièrement la Tunisie pour stabiliser son économie ?
On continue de regarder vers la Tunisie. Elle a une chose que les autres pays dans la région n’ont pas. Elle a relativement, toutes choses considérées, une plus grande classe moyenne et ceci est un actif important qui peut aider la Tunisie à travers ce processus. Nous avons eu une conversation avec les officiels italiens. Je pense qu’il n’y a aucune raison de s’interroger sur ce que l’Italie est en train de faire à ce sujet. Je pense que le ministre des Affaires étrangères Frattini s’est rendu en Tunisie pour voir comment les deux pays peuvent travailler ensemble pour faire face à l’immigration qui s’est produite ces derniers jours. Je ne pense pas qu’une assistance des États-Unis (dans ce cas) est nécessaire.
Nous sommes concentrés sur comment on pourra aider plus la Tunisie durant la transition. Ceci est quelque chose que nous avons sous un examen attentif mais nous nous sommes déjà engagés verbalement à jouer un rôle. L’assistant secrétaire d’État, Jeffrey Feltman, qui s’occupe de cette région a été le premier diplomate étranger à visiter la Tunisie à la suite du retrait du président Ben Ali. Nous sommes prêts d’aider dans la mesure du possible.

La transition en Égypte est supervisée par l’armée égyptienne. En démocratie, l’armée est sous le contrôle des civils et non pas au contrôle des civils et encore moins en tant qu’entité indépendante du pouvoir civil. Ne pensez-vous pas que le pouvoir en Égypte est au début d’une bipolarisation ?
Dans ce pays (USA), nous sommes guidés par nos lois et nos valeurs et nous croyons très fort au contrôle des militaires par les civils. Nous n’encouragerons qu’une véritable démocratie qui aura toutes les institutions soumises aux vœux du peuple. Ceci est notre vision et nous pensons que c’est un élément essentiel d’une démocratie qui fonctionne.
Notre objectif pour l’Égypte est la gestion démocratique. Nous sommes portés à présent sur comment nous pourrons aider, soutenir l’Égypte à arriver à des élections libres, justes et crédibles dès que possible. Encore une fois, cette durée sera décidée par l’Égypte. La clé pour arriver à cela est d’avoir un processus étendu et ouvert où le gouvernement, les militaires et l’opposition se retrouvent ensemble, travaillent ensemble pour avancer sur les choses qui doivent être faites. L’état d’urgence est important, une nouvelle Constitution est importante, un processus à livre ouvert est important pour trouver les moyens avec des élections bien menées, efficacement suivies, qui reflètent le vœu du peuple. Toutes ces choses sont importantes. Nous pensons que le Conseil suprême, les forces armées ont donné des signes positifs en termes de comment il faut procéder mais évidemment la transition a besoin d’engager et d’impliquer autant d’acteurs que possible pour son avancée.

La Turquie a signé un accord d’échange de 30 milliards de dollars avec l’Iran. Comment cela va-t-il s’articuler en fonction des sanctions américaines ?
En bien, la Turquie et l’Iran sont des pays voisins. Nous reconnaissons qu’ils ont besoin d’avoir une relation politique et économique. D’après les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, pas tous les échanges, sont concernés par les restrictions. Sans cela, je ne sais pas si c’est une préoccupation pour nous.
La Turquie a soutenu clairement et publiquement qu’elle respectera ses obligations internationales sous la résolution 1929 et nous attendons de la Turquie tout comme de n’importe quel autre pays d’être à la hauteur de ses responsabilités. Nous n’avons pour le moment rien qui indique le contraire.
Mais nous avons aussi demandé clairement à la Turquie que dans le développement de la relation de travail avec l’Iran, qu’elle doit adresser le bon message à l’Iran, qu’il doit collaborer avec la communauté internationale, qu’il doit être à la hauteur de ses responsabilités et qu’il doit répondre aux questions qui ont été soulevées par l’AIEA. Nous sommes confiants que la Turquie est en train d’adresser ce message à l’Iran.

Est-ce que le processus de paix entre Israël et la Palestine sera retardé ou reporté à cause des changements intervenus en Égypte ?
Je reconnais que durant les dernières semaines, nous étions tous préoccupés par ce qui se passé en Egypte. Nous restons engagés avec les parties concernées et on continuera de les encourager de trouver un accord sur un cadre de travail. Donc, nous n’avons pas changé notre message, nous n’avons pas réduit notre niveau d’efforts et nous rechercherons encore des occasions de travailler avec eux, dans les prochains jours et semaines. Ce sont des problèmes complexes.
Nous sommes passés par une situation difficile durant les derniers mois mais nous restons déterminés que ceci est important pour le futur des Palestiniens et des Israéliens dans la région. Nous sommes encore déterminés à tenter de les inciter à réduire les écarts qui existent et nous allons essayer de trouver les moyens d’avancer.

Monsieur Crowley, je vous remercie de nous avoir consacré votre temps, si vous voulez bien, je souhaite avoir votre conclusion avec ce qui se passe à présent dans le monde arabe.
 J’aimerais juste revenir à ce que j’ai mentionné auparavant. Il y a un changement qui survient dans la région. C’est important, c’est historique ! Les peuples qui ont été longtemps intimidés par leurs gouvernements sont en train de se dresser contre leurs gouvernements et ils sont en train de formuler clairement leurs aspirations et il est important pour les gouvernements à travers la région de répondre à ces aspirations et de devenir acteurs du changement. Ceci va continuer d’être notre message à travers la région aux peuples et aux gouvernements et nous espérons qu’ils vont s’engager dans des réformes politiques, sociales et économiques, qui sont d’une importance vitale.

À mon avis, en Égypte, si les États-Unis n’étaient pas intervenus, le régime de Moubarak aurait tué des milliers de personnes. Les États-Unis ont sauvé des vies cette fois-ci ! Pourquoi  n’êtes-vous pas en train de faire une grosse affaire de cela ? 
C’est un point très intéressant ! Nous ne sommes pas en train d’hésiter d’exprimer nos points de vue ou d’exprimer nos préoccupations quand cela nous paraît approprié. On a fait un communiqué l’autre jour en relation avec la protestation qui s’est produite en Algérie et la présence significative des forces de sécurité.
On n’a pas hésité de parler et de continuer d’affirmer les droits universels de base du peuple algérien. Nous avons fait la même chose en Tunisie, nous avons fait la même chose en Égypte et nous sommes en train de faire la même chose à travers la région. Nous sommes en train d’encourager le changement. Nous voulons voir un changement pacifique et nous encourageons les gouvernements à prêter attention à ce que leurs peuples sont en train de leur dire.
Ces protestations sont à présent un fait, une réalité quotidienne dans la région. Les revendications des peuples ne vont pas disparaître. Les peuples ne peuvent pas être achetés ! Ils veulent plus de chance et c’est d’une importance vitale pour les gouvernements de répondre à cela mais ultimement ce n’est pas à propos de ce que les États-Unis veulent, c’est à propos de la relation fondamentale entre un gouvernement et son peuple. Les peuples veulent plus de droits, ils veulent plus de chances, ils veulent avoir une parole dans la politique et la gestion de leurs pays.
Et on s’identifie avec ces aspirations et nous continuerons à encourager les gouvernements d’agir non parce que nous le voulons mais parce que leurs peuples demandent plus. Le changement doit se produire mais le changement n’est pas dicté par les États-Unis.
Ce changement se passera sur la base de facteurs endogènes qui existent dans chaque pays. Mais nous avons certainement dit clairement que nous encourageons le changement parce que le statu quo ne peut plus durer.

C. B. G.