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A la une / Environnement

Fournitures scolaires

À quand un vrai dispositif de récupération et de recyclage ?

Même les fournitures scolaires en mauvais état peuvent être recyclées. ©D. R.

Chaque année, après “les grandes vacances”, écoliers, collégiens et lycéens doivent retourner sur les bancs de l’école avec des cartables neufs remplis de nouvelles fournitures scolaires, la tradition voulant que les articles de l’année écoulée se retrouvent le plus souvent dans la poubelle.

“Au moment où les enfants profitent des derniers jours de vacances, les parents se creusent les méninges pour constituer un trousseau pour la rentrée scolaire de leur progéniture.” C’est le chapeau d’un article de Liberté du 27 août 2012. De nombreux achats doivent être faits pour les enfants qui rentrent à l’école, et les sommes d’argent deviennent de plus en plus importantes avec l’âge des enfants. C’est plus qu’un casse-tête pour ceux qui se trouvent dans la précarité. Pour les parents qui ont une chance de s’approvisionner via les œuvres sociales des entreprises et les administrations publiques, le problème est moindre même si, souvent, les trousseaux distribués ne sont souvent pas adaptés aux exigences des cursus. L’enjeu est que l'enfant ne se retrouve pas dans une position d'exclusion sociale qui fatalement se répercutera, d’une manière ou d’une autre, sur son parcours scolaire. Sur un autre plan, les difficultés financières auxquelles fait face le pays et les retombées économiques et sociales inévitables augurent d’une marge de manœuvre restreinte dans les budgets familiaux et de coupes déjà à l’œuvre dans les programmes de solidarité financés directement ou indirectement par le Trésor public.
Mais pourquoi chaque année et après “les grandes vacances”, écoliers, collégiens et lycéens doivent retourner sur les bancs de l’école avec des cartables neufs remplis de nouvelles fournitures scolaires, la tradition voulant que les articles de l’année écoulée se retrouvent le plus souvent dans la poubelle ? Pourtant cette pratique n’est pas la règle ailleurs, et ce gisement qui part dans les décharges publiques ou parfois dans les rues est dans sa grande partie réutilisable sinon recyclage. La radio nationale a, dans le passé, initié des collectes de manuels scolaires. Cela a permis, sans aucun doute, d’aider de nombreuses familles dans le besoin. L’initiative lancée,ces jours-ci par la radio régionale de Saïda (Liberté du 22 de ce mois) afin de collecter les manuels et fournitures scolaires au profit des enfants de familles nécessiteuses est à saluer. Pourtant ce gisement, qui peut être soit directement réutilisé ou recyclé dans la fabrication de toutes sortes d’objets, est d’un volume et d’une valeur tels qu’il doit être traité sous l’angle économique pour une action durable qui rentre dans nos mœurs de consommation.
Sans l’implication d’opérateurs économiques, le risque de bureaucratisation voire de folklorisations des initiatives citoyennes n’est toujours pas loin. Dans les faits, c’est un cas typique d’économie solidaire. Pour faire simple, il y deux filières qui adressent cette niche de “déchets”, celle de la réutilisation des fournitures ou livres et celle du recyclage.

Donner ou recycler
ses fournitures scolaires
Dans le premier cas, cela concerne des fournitures scolaires encore en bon état et qui ne peuvent pas (plus) être réutilisées par les enfants de la famille, Des associations caritatives s’organisent à cet effet dans plusieurs pays. En Europe, on peut citer l’exemple d’Emmaüs, des Secours Populaires ou de la Croix-Rouge.
Des écoles organisent également des collectes pour les cartables et les articles textiles (tabliers…). Des lieux appelés bornes-relais permettent aux détenteurs de tels objets de les déposer pour qu’ils soient réutilisés. L’ONG ConsoGlobe (consoglobe.com) organise des collectes de fournitures (dons) ou des ventes de fournitures scolaires d’occasion.
Pour les fournitures scolaires en trop mauvais état, une deuxième vie peut être donnée aux textiles, aux sacs, aux vêtements et à tout objet qui n’est plus réutilisable, car les matières dont il est constitué le sont. L’exemple nous vient des États-Unis, symbole de l’opulence s’il en est pour l’imaginaire de la majorité d’entre nous. C’est dans ce pays qu’est né le premier programme de recyclage de fournitures scolaires à l’initiative d’une start-up. Terracycle, il s’agit d’elle, a d’abord lancé, en 2001, la fabrication d’un engrais à base d’excréments de ver de terre avec succès. Elle a conçu, ensuite, un modèle de la gestion des déchets des fournitures scolaires.
Le principe consiste à créer des filières de recyclage par produit et sponsorisées par des marques de grande consommation. Pour ce faire, la collecte est assurée dans des points de vente ou par des bénévoles dans des écoles, des universités, des entreprises, collectivités… Terracycle assure la récupération par un transporteur missionné. En échange, les équipes (collecteurs) gagnent des points convertibles en cadeaux solidaires ou en dons pour une association ou une école de leur choix. “Un Cadeau Solidaire c’est toute chose qui a du sens, c'est-à-dire un acte concret pour les démunis.”
Plus concrètement, pour l’année scolaire 2011, Terracycle s’est associée à Bic, le géant mondial du stylo, en créant la “Brigade des stylos et des instruments d’écriture”. “Des bénévoles récupèrent et envoient les déchets collectés à un récepteur unique (en imprimant un bon de transport prépayé) qui les transforme ensuite en aires de jeux, sacs à dos ou arrosoirs” (Planète-découverte). Il existe une littérature abondante pour les mécanismes à mettre en place, mais ils sont précisément adaptés à l’environnement socioéconomique de ces pays. La clé du succès est la prise en compte de l’environnement local, y compris l’implication des pouvoirs publics pour agir sur les comportements des écoliers, le premier consiste à ce que l’écolier ne vive pas la rentrée comme une occasion de s’entourer d’objets flambant neufs ; l’ancrage d’une culture du recyclage et du respect de l’environnement se conçoit, elle, dans les maternelles. Dans cette expérience de Bic, pour chaque instrument d’écriture collecté, un don de 0,02 euro est versé à une association (solidaire) ou à une école du choix du collecteur. L’initiative va plus loin, pour éviter trop d’éparpillements des recettes (considérations d’économie d’échelle), à partir de 10 euros (500 articles), le collecteur a le choix entre plusieurs destinations solidaires dont des ONG qui accompagnent des enfants des quartiers populaires dans le but de lutter contre l’échec scolaire.
C’est une filière qui se construit graduellement pour accompagner les écoliers dans leurs besoins élémentaires et pour un ancrage du tri, du recyclage et d’une culture du développement durable. En attendant d’autres initiatives bonne fin de vacances pour ceux qui ont les moyens de s’évader un peu.
Bonne rentrée pour tous. Dans un prochain article nous nous intéresserons aux fournitures scolaires écologiques.

R. S.


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