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A la une / Environnement

AEP en amiante-ciment

Béni Ourtilane : “Nous n’avons pas les moyens de faire plus”

Installées pour la plupart durant les années 1920, les canalisations en amiante-ciment représentent un véritable danger pour la santé publique. ©D. R.

C’est moins connu que sa dangerosité par l’inhalation mais l’amiante est aussi soupçonné d’être un agent cancérigène par absorption.

Il a été utilisé dans de très nombreuses industries comme le bâtiment, la construction navale, le textile, l'automobile, les matières plastiques, l'industrie alimentaire et pharmaceutique, …  Ce sont ses qualités de résistance à la chaleur et au feu, sa faible conductivité thermique, acoustique et électrique, la résistance aux agressions chimiques, l’'élasticité et un prix bon marché qui l’ont popularisé. L'utilisation de conduites en amiante-ciment a vu le jour dans les années 1920 ; à la fin des années 1980, on estimait qu’autour de 3 millions de kilomètres de conduites d’alimentation en eau potable (AEP) avaient été installés dans le monde. Les premiers doutes sur la santé publique ont conduit à son interdiction et à son retrait des installations existantes.  

Prise de conscience et absence de ressources
Dans le domaine de l’hydraulique, en Algérie, il est difficile de faire l’inventaire exhaustif des conduites qui restent en service. Mais elles sont encore disséminées un peu partout à travers le territoire national.
À Béni Ourtilane, daïra de la wilaya de Sétif, les conduites en fibres d’amiante inquiètent au plus haut point les autorités locales.
Il se dit un peu partout dans la région, sans que des études ne soient faites, que la prévalence d’apparition de cancers dans certaines localités est due à la présence de fibres d’amiante dans l’eau du robinet.
En tout cas, les membres de l’exécutif communal que nous avons rencontrés confirment que la situation est préoccupante. “Nous avons procédé au remplacement d’une partie de ces canalisation mais nos moyens ne nous permettent pas de faire plus. Nous avons sensibilisé et sollicité la wilaya mais pour le moment les choses n’évoluent pas”, nous confie le premier adjoint au maire.  Beaucoup de citoyens s’alarment du fait que ces conduites d’AEP sont vétustes et présentent des fuites importantes dues à de multiples  perforations qui constituent des niches de fibres. Actuellement, les conduites ne reçoivent de l’eau qu’une fois par semaine du fait que l’unique pompage mis en service en 1987, qui dessert à la fois Ath Ouarthilane et Béni Chebana, une commune voisine, ne suffit plus en raison aussi de l’accroissement démographique.
La subdivision de la distribution à l’intérieur de chaque commune a comme conséquence que les habitants ne reçoivent l’eau qu’à raison d’un jour par semaine.
L’alimentation en eau potable semble être le problème numéro un, le nouveau dispositif de pompage au niveau de l’oued Bousselam est à l’essai, il faut croiser les doigts pour que l’extraction effrénée de sable au mépris de la loi ne fasse descendre un peu plus le niveau des eaux. Des membres d’associations et de la société civile expliquent qu’avec l’entrée en exploitation de ce nouveau puits, attendue pour la fin du mois de juin, le débit important risque de charrier davantage de fibres.
C’est un fait que sans protection spéciale, et c’est le cas, “des eaux très agressives peuvent attaquer la matrice en ciment et causer par conséquent l'émission de fibres dans l'eau en circulation dans les conduits.”

Un problème national
On s’en souvient, en 2006, de la levée de boucliers au niveau de l’APW de Tizi Ouzou sur le non remplacement des conduites en amiante dans plusieurs communes.
Le directeur de l'hydraulique de la wilaya avait annoncé alors devant les élus que le problème sera définitivement réglé dans le cadre du programme de rénovation du réseau d'alimentation en eau potable de la wilaya.
Par ailleurs la presse n’a cessé de rapporter la protestation de nombreux citoyens pour exiger le remplacement de ce matériau.
Sur Liberté, on peut citer  Rahouia, dans la wilaya de Tiaret, “où les populations locales continuent d’être alimentées par le biais de canalisations réalisées à base d’amiante à partir du barrage Bakhadda, sur une longueur de plus d’une dizaine de kilomètres” (Radar du 7-2-2010).
Mais il n’y a pas que de mauvaises nouvelles, la daïra de Hamma Bouziane a procédé au renouvellement de son  réseau d'alimentation en eau potable (AEP).
Selon le chef de daïra, M. Tolba, “toutes les conduites des réseaux d'alimentation en eau potable sont en train d'être renouvelées et changées par d'autres, car celles qui existent contiennent de l'amiante.” (Quotidien d’Oran 23-12-2015).

Les dangers sont réels
Selon le Parlement européen dans une résolution de 2013, “tous les types de maladies liées à l'amiante, telles que le cancer du poumon et le mésothéliome pleural, causées par l'inhalation de fibres d'amiante, mais aussi par l'ingestion d'eau contenant de telles fibres provenant de conduites d'eau en amiante, ont été reconnues comme dangereuses pour la santé”. De son côté, l'Agence américaine de l'environnement s'est prononcée sur un seuil de concentration en fibres d'amiante par litre d'eau potable qui serait “dangereux pour l'homme”, à savoir 7 millions de fibres par litre d'eau. Il n’y a pas un avis scientifique unanime sur la dangerosité des fibres d’amiante par ingestion mais son impact avéré sur la santé publique par les voies aériennes et le principe de précaution qui doit guider les pouvoirs publics plaident pour le démantèlement de l’ensemble des installations. Par contre, partout à travers le pays, des installations en amiante comme les chalets d’urgence ou les sites de production à l’arrêt tels Zehana à Mascara, Gué de Constantine à Alger ou l’usine de Bordj Bou-Arréridj attendent d’être traités. Les appels d’offres de la direction de l’environnement au niveau central demeurent infructueux depuis 2007. Seuls les sites de la Coupole du complexe olympique et de la salle Harcha, pris en charge par le ministère de l’Habitat, ont été décontaminés à ce jour.

S. R.


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