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A la une / Environnement

Gestion des déchets ménagers

Grandes annonces, petits résultats

La gestion des déchets, une problématique liée à l’environnement. © D. R.

Le secteur a englouti des millions de dollars dans des études à répétition, des opérations-pilotes sans lendemain et des conférences et séminaires. Sur 12 millions de tonnes de déchets, seuls 10% sont recyclés à travers le pays.
Le Forum de Radio Tizi Ouzou du 2 février 2017 a été consacré à la gestion des déchets, avec comme invité de marque de cette émission, Karim Ouamane, directeur général de l’AND (Agence nationale des déchets). C’est peu dire que l’insalubrité envahit les rues de nos villes, de nos cités et de nos villages, c’est donc une problématique au cœur de la vie quotidienne des populations. Ce n’est pas l’argent qui a manqué depuis au moins le début des années 2000 pour bâtir un système de collecte, de transport et de recyclage ou d’élimination à la hauteur des attentes d’un meilleur cadre de vie et des ambitions collectives d’une meilleure image de notre pays. Sans compter l’opportunité de bâtir une filière de matières premières secondaires avec les emplois que cela génère. L’invité de ce forum a préféré d’emblée se projeter sur l’avenir en évitant toute sorte de bilan d’un secteur qui a englouti des millions de dollars dans des études à répétition, des opérations-pilotes sans lendemain et des conférences et séminaires. Annonçant que “l’Algérie génère annuellement 12 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés dont seulement 10% sont recyclés à travers le pays”, il ajoute dans ses interventions à propos du traitement de ce volume : “Il n’y a que des estimations. Personne ne peut communiquer le chiffre exact. L’essentiel du recyclage se fait par le secteur informel… Le salut ne peut venir que des collectivités locales.” Exit donc tous les plans directeurs élaborés jusque-là dans le cadre du Programme national de gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés (Progdem) adopté par le gouvernement algérien en 2002 et qui visait “à éradiquer les pratiques de décharges sauvages et à organiser la collecte, le transport et l’élimination des déchets dans des conditions garantissant l’innocuité de l’environnement et la préservation de l’hygiène du milieu”. Pour rappel, et pour faire le bilan de ces plans directeurs, le ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire (Mate) avait annoncé en mars 2012 que le travail accompli avait permis “l’élaboration de 1169 schémas directeurs communaux de gestion des déchets ménagers et assimilés, soit un taux de couverture de 76% de l’ensemble du territoire national (mars 2012, mate.gov.dz)”. Pour donner le coup de starter à une gestion maîtrisée des déchets ménagers et assimilés, le même Mate avait organisé, le 6 mars 2012 à Zéralda, un séminaire national regroupant les présidents des Assemblées populaires de wilaya, les présidents des Assemblées populaires communales des chefs-lieux de wilaya, les directeurs de l’environnement et les directeurs généraux des Epic de gestion des centres d’enfouissement technique, les cadres du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, les experts et des ONG. L’invité du Forum de Radio Tizi Ouzou semble être dans une nouvelle démarche en mettant l’accent sur la façon “d’éliminer de manière intelligente et rentable les déchets produits, qui peuvent être transformés en matière première, comme cela se fait dans d’autres pays” ou en déclarant que “notre ministère de tutelle (Ressources en eau et environnement MREE) nous a chargés de projets-pilotes pour intercepter les matières organiques avant leur aboutissement aux centres d’enfouissement technique”. Il a d’ailleurs conclu par l’annonce de l’installation d’une antenne de l’AND dans la wilaya de Tizi Ouzou d’ici la semaine prochaine qui sera la première hors de la wilaya d’Alger et “la mise en œuvre d’une étude de schéma directeur de la gestion des déchets dans la wilaya de Tizi Ouzou qui portera sur les 67 communes de la wilaya”.

Petit listing des démarches et initiatives antérieures
Auparavant, en janvier 2015, l’Algérie a fait officiellement appel au savoir-faire coréen dans la gestion des déchets. Selon Fouad Belkhodja, directeur chargé de la politique de gestion des déchets domestiques au Mate au moment de cette opération, l’objectif était d’atteindre un taux de recyclage des déchets ménagers de 40% à moyen terme.
L’institut sud-coréen de l’industrie technologique de l’environnement retenu pour l’élaboration des schémas directeurs a été chargé de présenter, au plus tard à la fin du mois d’avril de cette même année 2015, les plans directeurs pour les deux wilayas-pilotes,  Bordj Bou-Arréridj et Blida. L’accord vise à “mettre en place, en Algérie, un schéma de gestion des déchets ménagers moderne qui comprendra le recyclage, l’incinération et l’enfouissement”, ajoutait-il. Notons au passage que c’est ce même pays qui a pris en charge l’aménagement de l’oued El-Harrach dans la capitale. Une année après, on repartait sur une autre démarche. En février 2016, lors du 12e Salon international des équipements, des technologies, des services de l'eau et de l'environnement (Siee-Pollutec 2016), M. Grimès, alors directeur de la conservation de la biodiversité, du littoral et des changements climatiques au ministère des Ressources en eau et de l'Environnement, déclarait à l’APS que 13,5 millions de tonnes de déchets sont produits chaque année, dont 7 à 8 millions de tonnes qui pourraient être valorisées. Il annonçait que le MREE “mène actuellement un audit pour identifier les insuffisances de certains mécanismes, améliorer les recettes fiscales et surtout responsabiliser les générateurs de pollution”. À propos de l’activité de recyclage, laquelle, faut-il le rappeler, est entièrement dominée par l’informel, l’ex-responsable au MREE affirmait qu’il faut “considérer cette activité comme une opportunité économique et sociale, permettant de contribuer à réduire la dépendance des hydrocarbures et contribuer à la diversification économique”. Un vœu en quelque sorte. Enfin, il faudra rappeler pour clore ce qui ressemble à des va-et-vient, qu’en février 2013, le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de la Ville, Amara Benyounès, invité de la Radio nationale (Chaîne 3) et interrogé sur la question des déchets ménagers, indiquait que “nous sommes en train de préparer des cahiers des charges pour lancer des appels d’offres internationaux afin de mettre en place des partenariats entre les entreprises étrangères et les entreprises algériennes, publiques et privées”. Il ajoutait qu’un programme national a été lancé pour l’acquisition de 48 incinérateurs, soit un incinérateur pour chaque wilaya.
Plus précis encore, il avait conclu que dans “une quinzaine de jours ou trois semaines au plus tard, nous allons lancer les appels d’offres pour l’étude, l’installation et l’exploitation des usines d’incinération à travers toutes les wilayas du pays”. Une démarche tombée aux oubliettes depuis.


R. S.

 


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