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A la une / Environnement

Réchauffement climatique

Il fera plus chaud en Méditerranée qu’ailleurs

D’ici à 2100, la sécheresse augmentera en nombre et en sévérité. ©D. R.

La plupart des canicules extrêmes observées en Méditerranée et associées à des sécheresses ont eu lieu ces 15 dernières années.

Ces conclusions ne font que corroborer les prévisions de tous les modèles climatiques régionaux qui affirment que les sécheresses vont augmenter en nombre et en sévérité. Même si les “correctifs” souhaités pour notre modèle de production et de consommation lors de l’Accord de Paris sur le climat (CoP21) arrivaient à être mis en œuvre et contenir le réchauffement climatique à 2°C en 2100 au niveau mondial, il atteindrait 3°C dans la région méditerranéenne, c’est la conclusion de toutes les projections scientifiques sans exception. La dernière en date, intitulée “The 2015 Paris Agreement thresholds and Mediterranean basin ecosystems”, œuvre de la revue Sciences (science.sciencemag.org) ne fait pas dans la nuance en concluant que “même si le réchauffement climatique était limité à 2°C en 2100 au niveau mondial, il atteindrait 3°C dans la région méditerranéenne. Les écosystèmes terrestres méditerranéens subiraient des conditions jamais atteintes au cours des dix derniers millénaires”. Cette élévation de la température dans notre région n’est pas le seul écueil auquel les pays de la rive nord et, surtout de la rive sud du bassin méditerranéen doivent faire face : les inondations seront plus fréquentes avec une amplitude plus forte. Entre 1990 et 2006, la région a connu plus de 175 cas d’inondations. Mais aussi plus de 29 milliards d’euros de dommages et 4 500 décès. Ces phénomènes sont amplifiés par le changement climatique.
Philippe Drobinski, directeur du laboratoire de météorologie dynamique à l’École polytechni-que (France) explique : “En Méditerranée le changement climatique est déjà observable.
Sur les précipitations extrêmes, le changement est subtil mais déjà mesurable”. Il ajoute que “la région subit des records d’inondations et, paradoxalement, des sécheresses intenses en quantité grandissante ces dernières décennies”. L’étude est encore plus précise en révélant que  si les précipitations extrêmes augmentent, la quantité totale d’eau déversée annuellement diminue régulièrement. Depuis les années 1950, le nord de l’Europe subit une augmentation de la quantité d’eau des précipitations moyennes annuelles. Par contre, cette moyenne a diminué jusqu’à 50 mm de précipitations dans la région bordant la Méditerranée. La plupart des canicules extrêmes observées en Méditerranée et associées à des sécheresses ont eu lieu ces 15 dernières années. Ces conclusions ne font que corroborer les prévisions de tous les modèles climatiques régionaux qui affirment que les sécheresses vont augmenter en nombre et en sévérité. Et si ces phénomènes sont les plus visibles, le changement climatique, et notamment la montée des eaux qu’il engendre, auront des impacts plus nuisibles. Ils redessineront de nombreuses côtes des deux continents, l’Europe et l’Afrique. Ces phénomènes extrêmes suivent le schéma de “Plus l’air se réchauffe, plus il s’humidifie” (loi de Clausus-Klapayron). En d’autres termes “si l’atmosphère est capable de contenir plus d’eau sous forme de vapeur, elle va en relâcher beaucoup plus lorsqu’elle va la condenser”.

Les facteurs locaux plaident pour une plus grande dégradation
En plus du réchauffement climatique global, d’autres facteurs anthropiques (causés par l’homme) plaident jusque-là pour une plus grande sévérité des phénomènes extrêmes que sont les canicules, les sécheresses et les inondations. La déforestation alarmante, une occupation et un usage des sols qui obéissent à un marché piloté par la finance voire par la corruption, la croissance démographique, l’absence d’une réglementation rigoureuse de l’usage de l’eau non renouvelable et les échanges mondialisés dominés par un libéralisme sans normes ne peuvent que constituer  des potentiels d’aggravation. L’étude de la revue Sciences estime que la végétation évoluerait vers des états plus secs dans une grande partie du bassin. “Un réchauffement global de 3 °C induirait une migration du désert vers le nord de l’Afrique et une réduction des forêts alpines. Au-delà de 4 °C, la désertification s’étendrait au sud de l’Europe”.

Afrique du Nord
Les  pays de l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye) ne bénéficient du climat méditerranéen subhumide (400 à 600 mm de précipitations annuellement) que sur une frange étroite du littoral. Les Étas de la région, dans un contexte de rareté, ont mobilisé l’essentiel de leurs ressources hydriques bien avant les effets du changement du climat (démographie, urbanisation ….). Les eaux superficielles et souterraines subissent une pression en raison d’une concurrence à l’usage (agriculture, ménages, industries). Mohamed Taabni et Moulay-Driss El Jihad (Eau et changement climatique au Maghreb : quelles stratégies d’adaptation ?) estiment que notre pays doit s’attendre, selon de nombreuses études à une hausse des températures de l’ordre de 1°C avec des baisses de précipitations de 5 à 10% à l’horizon 2020 déjà et plus du double de ces valeurs à l’horizon 2050, soit une augmentation des températures de 2° à 3°C et une chute des précipitations de 10 à 30%. Les estimations moyennes par pays de la région  prévoient des baisses du ruissellement allant de 20% en Algérie et en Tunisie à 25% au Maroc (GIEC-IPCC, 2008 ; Mostefa-Kara, 2008).
Le secteur agricole sera le plus touché, la baisse significative des précipitations et les sécheresses plus fréquentes et intenses empêcheront la régénération du couvert végétal et constitueront une menace grave sur les rendements agricoles, avec une réduction des périodes de croissance, l’accélération de la dégradation des sols. Les deux chercheurs ajoutent : “De ce fait, la production agricole accusera des réductions moyennes des rendements des céréales de 5,7% à près de 14%. Le changement climatique induira également des baisses de rendement des productions des légumes de 10 à 30% à l’horizon 2030”. Bien avant 2100 donc !

R. S.


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