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A la une / Environnement

Elle a coûté des milliards et n’a jamais fonctionné

La station de concassage d’Oued El-Karma à l’arrêt

Le Conseil général des Bouches-du-Rhône et la wilaya d’Alger sont liés par un accord d’amitié et de coopération depuis 2005. La thématique de la gestion des déchets étant l’une des priorités du volet environnemental qui lie les deux parties, les Français proposent à la ville d’Alger  la réalisation d’une station de concassage pour recycler les débris issus de la démolition de bâtiments et, partant, soulager les décharges de déchets inertes déjà mises à contribution en raison de nombreux chantiers ouverts dans la capitale, tout en valorisant cet important gisement de matières premières secondaires. Il  s’agissait “d’adopter un nouveau paradigme qui privilégie la culture de la valorisation”. Le programme s’adresse, comme le souligne un document de la Commission nationale de la coopération décentralisée (gouvernement français), aux cadres de la direction de l’environnement de la wilaya d’Alger (DEWA) et de l’Epic Asrout (assainissement et routes) en charge de la gestion de déchets inertes. Il s’articule autour de la formation aux enjeux et techniques de valorisation de ces déchets. À l’issue de cette formation, il devait aboutir à la réalisation d’un cahier des charges, issu d’un véritable schéma de gestion de déchets inertes, nécessaire pour la wilaya d’Alger. Le schéma comprend l’acquisition d’un savoir-faire en matière de récupération et de valorisation des déchets inertes, pour “permettre la création de microentreprises dans le domaine et encourager des filières de récupération et de valorisation des matériaux” dans l’objectif de réduire les quantités de déchets inertes à enfouir et préserver les capacités de stockage au niveau des CET, d’organiser les flux des déchets et enfin approvisionner en produits recyclés (concassage) les chantiers de travaux publics. Pour ce faire des cadres de la wilaya ont séjourné à plusieurs reprises dans les Bouches-du-Rhône pour bénéficier de stages et de formations afin de participer au pilotage du projet. Mais en 2010, la wilaya d’Alger change d’avis et décide de confier la réalisation de ce projet à Asrout en lieu et place de susciter la création de microentreprises avec l’aide des Français, tout cela en arguant que l’opération est juteuse et ne demande pas un savoir-faire particulier. Dans cette opération, Asrout a acquis un concasseur de dernière génération acheté à plus de 80 millions de dinars chez la firme allemande Rotec. Cet engin est non seulement conçu pour travailler sur site, mais aussi il peut se déplacer sur les lieux de génération des débris. Réceptionné en janvier 2012, il est à l’arrêt juste après les essais de conformité. Malgré les nombreux courriers adressés par l’Epic et la wilaya pour les générateurs institutionnels de déchets de BTP pour acheminer leurs débris vers le parc d’Oued El Karma (site d’implantation de l’engin) à l’effet de subir le concassage, aucune entreprise ne semble intéressée. Et pour cause, les déchets doivent être triés au préalable ; c’est le rôle des microentreprises dont la création était prévue comme première étape  dans la démarche originale. C’est ce qu’on appelle mettre la charrue avant les bœufs et  jouer avec les deniers publics. Est-ce que la commission de wilaya mise en place au début de l’année par le nouveau wali pour prospecter des sites susceptibles de servir de CET III ont pris en compte cet aspect ?  Attendons pour voir.


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