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A la une / Environnement

De nombreux sites contaminés risquent de le rester

Le désamiantage à l’heure de l’austérité budgétaire

Opération de désamiantage. ©D. R.

L’opération n’est pas une mince affaire, surtout qu’aucune entreprise algérienne n’opère dans le domaine.

Le Conseil des ministres du 25 juillet 2007 a pris un décret mettant en application la loi de 2003 relative à la protection de l’environnement. Le décret avait comme objet “d’interdire l’importation, la fabrication, la transformation et la mise sur le marché” de toutes variétés d’amiante. Il était assorti à titre transitoire d’un moratoire qui accordait un délai de quatre ans aux exploitants des unités de production de matériaux à base d’amiante-ciment, afin qu’ils puissent terminer d’écouler leurs stocks. Mais qu’en est-il depuis la fin de ce moratoire, c'est-à-dire depuis 2011 ?
L’amiante a été longtemps un “matériau-miracle” en raison de ses nombreuses propriétés, il est résistant au feu et aux produits chimiques, c’est un bon isolant thermique et phonique, en plus bon marché. On sait aussi que c’est un produit cancérigène capable de tuer à une quarantaine d’années de distance (après inhalation continue). Quand on sait que ce matériau a été utilisé massivement, y compris dans l’industrie depuis la fin du XIXe siècle jusqu’au début des années 80 (2000 pour notre pays), on devine qu’il ne s’agit pas simplement d’arrêter sa production mais de retirer les quantités énormes de ce produit disséminées à travers toutes sortes de bâtiments sous des formes très diverses.
L’opération de désamiantage a été mal enclenchée chez nous. Du fait de la faiblesse du tissu associatif pour diverses raisons dont la principale, nous semble-t-il, est la suspicion des pouvoirs publics à l’endroit de toute initiative autonome, les autorités et les médias par la suite se sont exclusivement focalisés sur des opérations médiatiquement porteuses (la coupole du complexe Mohamed-Boudiaf, les chalets de Chlef, l’usine de Gué de Constantine, celles de Meftah, Bordj Bou-Arréridj ou de Zehana, à Mascara), alors que le mal est partout (écoles, conduites d’eau, maisons individuelles, immeubles, installations industrielles...).  Il est vrai que la situation des 18 000 familles sinistrées à la suite du séisme de Chlef de 1980 et qui habitent toujours dans des bidonvilles fabriqués avec des matériaux composés d’amiante est un drame à lui seul. De même que la situation qui prévaut à Bordj Bou-Arréridj où, en plus des locaux contaminés, des milliers de tonnes d’amiante ont été enfouies en dehors des règles et qu’aucun document n’existe pour localiser ces lieux de stockage. Certains estiment que plusieurs terrains urbanisés depuis sont contaminés.
Mieux, on sait qu’en 2013, un terrain a été octroyé à un investisseur (usine de céramique) contre l’avis du ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement (Mate) dont le rejet était motivé par les résultats d’une étude (liberte-algerie.com/actualite/que-fera-amar-ghoul). L’opinion publique doit savoir qu’à l’exception de la Coupole du 5-Juillet, “désinfectée” pour accueillir les Jeux panarabes, aucune opération de désamiantage n’a été menée dans tous ces sites cités. Les raisons tiennent d’une part à l’incapacité de l’ex-Mate de confectionner un cahier des charges qui trouve preneur (infructuosité répétée entre 2008 et 2014 sur les sites de Mascara, BBA, Meftah et Gué de Constantine). L’absence d’expertise n’est pas uniquement à ce niveau institutionnel. L’opération n’est pas une mince affaire, surtout qu’aucune entreprise algérienne n’opère dans le domaine.
Amine Bada, directeur général d’Eurl Expertise et Désamiantage, qui était responsable local de l’entreprise Isotec (France) pendant le désamiantage de la Coupole en 2002 avant de lancer une entreprise dans le domaine, note qu’“il est difficile d’investir dans ce domaine. Malgré tout, il y a des imposteurs qui ont créé des entreprises se disant spécialisées dans le domaine du désamiantage. Ils mettent en danger leurs propres employés et leurs clients”. Il ajoute : “Ce que nous faisons actuellement, c’est confiner ces produits de façon sécurisée avant de les enterrer dans un espace appartenant au client. À cette étape, il n’y a aucun risque pour le client, mais cela reste une opération temporaire en attendant l’ouverture du centre d’enfouissement de Bir El-Ater (entretien le 24 avril 2013 avec algerie360.com)”. Le centre d’enfouissement technique pour déchets dangereux prévu effectivement à Bir El-Ater n’a toujours pas vu le jour. En l’absence d’une telle infrastructure, le seul recours comme dans le cas de la Coupole est le transfert de ces déchets pour traitement à l’étranger.

Qu’en est-il du reste ?
Quelques opérations de désamiantage ont bien eu lieu. Elles ont consisté en la destruction de chalets ou d’établissements scolaires comme dans la wilaya de Constantine, qui recense de nombreux sites avec la présence de l’amiante, à l’instar des 2600 chalets d’El-Gammas. Une dépêche de l’APS annonçait, le 7 septembre 2016, la démolition prochaine de trois établissements scolaires amiantés à Constantine. Il s’agit des établissements d’enseignement moyen Sadak-Hamani, situé à la cité Daksi-Abdeslam, Moufdi-Zakaria au quartier Djebel Ouahch et celui de la cité Bidi Louiza. La dépêche ajoute : “Le lancement de la démolition et la réalisation de ces nouveaux projets [reconstruction] est tributaire de l’attribution du montant financier alloué à cette opération.” Ces établissements scolaires ne sont pas les derniers lieux amiantés. D’autres attendent, à l’instar de l’université Constantine 1 au niveau de la tour administrative et d’autres sites et chalets en dehors du chef-lieu, comme le centre de formation professionnelle de Bordj Maati (commune de Zighoud-Youcef). En l’absence de statistiques officielles et eu égard à la faiblesse des associations de victimes, il est difficile de cerner toute l’ampleur du drame. La baisse des recettes budgétaires ne plaide pas pour une meilleure prise en charge. En France, où l’amiante a été interdit le 1er janvier 1997, l’association Andéva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante) notait en octobre 2016 que “depuis 20 ans, près de 18 000 procédures ont été engagées par des victimes et des familles, se terminant presque toujours par une condamnation de l’entreprise. Elles ont permis d’indemniser non seulement l’incapacité mais aussi les souffrances physiques et morales, la perte de qualité de vie et le préjudice esthétique”. On voit bien que sans le poids de la société civile, les gouvernants ont des préoccupations qui ne laissent pas toujours la place à de telles problématiques.

R. S.


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