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A la une / Environnement

Adaptation aux changements climatiques

Le rôle vital des forêts

La déforestation est une véritable bombe à retardement dont les effets les plus dévastateurs ne seront visibles qu’à long terme. © D. R.

À travers les activités de la journée internationale des forêts, le 21 mars dont c’est la quatrième célébration, les autorités en charge de la gestion du tissu forestier, semblent avoir pris la mesure de l’importance du rôle de ce tissu dans la chaîne de la vie.

Les services délivrés par la forêt sont en effet irremplaçables. À commencer déjà par la régulation du climat à l’échelle locale ou de la planète  par la séquestration du CO2, d’où l’appellation “puits carbone” dans la littérature des changements climatiqueq. Elles constituent aussi une protection naturelle contre les inondations et les glissements de terrain en  contrôlant le ruissellement des eaux en stockant l'eau de pluie puis en la rejetant progressivement dans les aquifères. Assia Azzi, sous-directrice  de la gestion et de la police forestière dans un entretien à l’APS  indique que “la Direction générale des forêts a lancé une  étude de diagnostic sur les 3 000 000 d’hectares constituant l’aire du barrage vert”. Cette étude doit déboucher sur la réhabilitation ou l’extension de cette ceinture, selon la même source. Sur un plan général, en plus des impacts du changement climatique, les agressions contre les massifs forestiers algériens sont multiples : incendies, urbanisation, coupes d’arbres, défrichements et fragmentation des écosystèmes forestiers. À propos de la discontinuité écologique qui n’est pas spécifique à notre pays et causée par l’activité humaine (champs agricoles, villes, canaux...), plusieurs études estiment qu’il s’agit d’une véritable bombe à retardement dont les effets les plus dévastateurs sur la biodiversité ne seront visibles qu’à long terme. Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Ferroukhi a, dans un séminaire organisé le 21 de ce mois consacré à “La participation de la forêt dans l’économie nationale” tenu à Jijel dont la surface forestière avoisine les 60% de son territoire, abordé les aspects économiques immédiats de la forêt. “Un atelier de travail doit être organisé pour chaque filière et produit pour exploitation et investissement” a-t-il déclaré en visitant l’unité Jijel liège-étanchéité (JLE) et un village forestier qui produit des plants (oliviers, châtaigniers…). On peut souligner aussi le  lancement de plantations d’arganier après des projets pilotes dans les wilayate de l’Ouest et une meilleure approche dans l’organisation du reboisement qui consiste à prendre le suivi en compte dès le départ. Lors du séminaire de Jijel, M Ferroukhi a déclaré qu’entre 2000 et 2013,  658 640 hectares ont été plantés sur les 1 852 748 boisés depuis l’indépendance (la superficie forestière occupait 4,1% du territoire national en 2008). Espérant que l’évaluation des projets du programme de développement rural intégré (PPDRI) annoncée pour 2017 se fera dans la transparence- au moins en  termes d’avancées ou de manques- pour un secteur qui n’a pas constitué une priorité en dehors de l’époque du barrage vert avec malheureusement la mise en avant de chiffres sortis tout droit des officines bureaucratiques au détriment de la rigueur et du suivi.

Des enjeux planétaires
Il n’est pas inutile de faire observer que la majeure partie des pollinisateurs se trouve dans la forêt qui contient plus des deux tiers des espèces vivantes terrestres. Ces pollinisateurs qui incluent les papillons, les abeilles, certaines mouches, des oiseaux … sont responsables d'environ un tiers de la production mondiale de nourriture (fruits, légumes, oléagineux, certaines légumineuses, café, cacao, épices...). Le ratio est de trois quarts des cultures vivrières (INRA, 2008).
Sur une autre plan, les forêts agissent comme des pompes et entraînent les précipitations vers les zones continentales  Le remplacement de la forêt tropicale par des terres d'agriculture ou d'élevage diminue le régime des précipitations ; la forêt amazonienne à elle seule rejette autour de 8 milliards de tonnes de vapeur d'eau dans l'atmosphère chaque année. À l’inverse, une étude de la NASA en 2005 indique que  la fumée issue des forêts brûlées inhibe la production de nuages et donc diminue les précipitations. Les émissions causées par la déforestation et la dégradation des forêts contribueraient à plus de 15% des émissions annuelles mondiales totales de gaz à effet de serre (Convention sur la diversité biologique, 2011). Enfin une initiative internationale et transnationale REDD (Reducing emissions from deforestation and forest degradation) a été  lancée en 2008.Elle participe de la lutte contre le réchauffement climatique provoqué par les émissions de GES issues de  la dégradation,  destruction et fragmentation des forêts. Elle est coordonnée par l'ONU et s’appuie sur des incitations financières. Notons tout de même qu’une enquête de la FAO (Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture)-la plus exhaustive- publiée en 2010, portant sur 233 pays et territoires, indique que 13 millions d'hectares de forêts par an ont été reconvertis à d'autres utilisations ou ont disparu pour causes naturelles dans le monde de 2000 à 2010, contre 16 millions d'hectares par an durant les années 1990. Le Brésil et l'Indonésie, qui ont accusé la plus forte perte de forêts dans les années 90, ont vu leurs taux de déforestation considérablement baisser. Des programmes ambitieux de plantation d'arbres dans des pays comme la Chine, l'Inde, les États-Unis et le Viet Nam -associés à une expansion naturelle des forêts dans certaines régions- ont ajouté plus de 7 millions d'hectares de nouvelles forêts chaque année.


R. S.

 


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