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A la une / Environnement

Lutte contre la déforestation dans le monde

L’engagement “Zéro déforestation” est-il crédible ?

Sur un tout autre registre que nos enjeux domestiques de la préservation du tissu forestier dans notre pays, la disparition dramatique des forêts menace la biodiversité mondiale et la sécurité des services éco-systémiques vitaux qu’elles rendent. Ces 50 dernières années, plus de 50% des forêts tropicales ont été détruites à travers le monde. Depuis les années 2000, le moteur de cette “razzia” est la demande (la production) de l’huile de palme, de soja, de viande bovine et cuir, de bois, papier et pâte à papier et de biocarburants. La valeur totale des exportations de ces produits par les pays forestiers tropicaux s’est élevée en 2011 à 134 milliards USD. Les exportations de produits issus de l’huile de palme représentent à elles seules plus de 40 milliards (près de 49 pour le soja). Lors de la déclaration de New-York sur les forêts en septembre 2014, des États comme l’Indonésie, principal producteur de l’huile de palme avec la Malaisie, se sont engagés en faveur de “zéro déforestation”.
La majorité de la production de denrées qui présentent des facteurs de risque forestier, et donc de la déforestation, se concentre actuellement dans les pays d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est. Mais le risque de propagation vers l’Afrique, sans une intervention urgente, est une réalité notamment vers le bassin du Congo.
Le drame dans le système est que le commerce mondial de la plupart des produits facteurs de risques forestiers est entre les mains de quelques négociants dans une chaîne très complexe où la traçabilité et la transparence ne sont  pas les vertus principales. Sous la pression des ONG, des entreprises et géants de l’agroalimentaire prennent l’engagement pour stopper la déforestation liée à leurs activités. Forest 500 du think-tank britannique Global Canopy Programme (GCP) distribue des points de 5 pour une politique forte pour réduire leur impact sur les forêts à 0 qui signifie l’absence d’une politique dans ce sens. Mais l’objectif “zéro déforestation” affiché par Cargill, Danone, Unilever, Nestlé ou L’Oréal est difficilement vérifiable dans cette jungle des approvisionnements internationaux.
Dans tous les cas des données rendues publiques à la veille de la CoP21 indiquent que seules 7% des entreprises listées dans le Forest 500 disposent d’une politique “zéro déforestation” et  trente entreprises obtiennent un score nul, la plupart implantées en Asie ou au Moyen-Orient. Dans ce bas du tableau, on retrouve aussi le numéro un français de la chaussure Eram, le célèbre groupe Bata ne fait guère mieux avec 1 petit point. Pourtant même dans ce classement la plupart des entreprises refusent de prendre en compte les standards High Carbon Stock (HCS) sur lesquels toute politique de préservation devait être évaluée. Pour Alain Karsenty, chercheur au Centre international en recherche agronomique pour le développent (Cirad–Montpellier), interviewé par Magali Reinert (novetic.fr ; 4 juillet 2016) : “Beaucoup d'entreprises en restent à l’étape des déclarations et demeurent floues sur les moyens de mise en œuvre. Toutes ne font d’ailleurs pas référence au standard High Carbon Stock (HCS). Certaines parlent du ‘zéro déforestation net’, c'est à dire que la déforestation est compensée par des plantations. Or, il faut bien comprendre que le ‘zéro déforestation’ ne signifie pas arrêter la coupe d'arbres. Il s’agit de faire en sorte que ce soit uniquement des espaces de moindre intérêt forestier, écologique et social qui soient concernés. On est donc loin des engagements du HCS !”. On est aussi loin du compte.


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