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A la une / Environnement

Jeux olympiques de Rio

L’environnement à l’épreuve du Big Business

Débris flottant à l’entrée de la baie de Guanabara à Rio de Janeiro. ©D. R.

Les interventions curatives sur les sites pour dépolluer les eaux ne peuvent être maintenues une fois les jeux bouclés.

En théorie, le pays organisateur des Jeux olympiques est tenu de se conformer à un standard de valeur et un certain nombre de libertés, comme le respect des droits de l’homme ou la liberté de la presse. Les jeux pourraient donc être une opportunité pour les défenseurs des opprimés et des exclus de faire évoluer les droits et les libertés dans les pays hôtes. Mais on sait que l’histoire de l’Olympisme est jalonnée aussi par les luttes directes et indirectes que se livrent les grandes puissances. Berlin (1936), Mexico (1968), Moscou (1980), Los Angeles (1984) ou même Pékin (2008) en sont de parfaits exemples.“Ces jeux seront les jeux de l’inclusion, ils nous donneront l’occasion unique de démontrer que le sport est un instrument clé de paix, d’inclusion sociale et de tolérance dans la lutte contre les discriminations raciales, ethniques ou de genre” déclarait  Thomas Bach, président du Comité international olympique (CIO) au cours de la 70e  session de l’Assemblée générale de l’ONU, ouverte en septembre 2015. On sait maintenant que dans le sillage de l’organisation de la Coupe du monde de football au Brésil, les violences policières et militaires, particulièrement pendant les opérations dites de pacification  et évictions ont prédominé pour nettoyer les favelas et les rues afin d’offrir un paysage acceptable. La situation des dizaines de milliers d’enfants forcés à travailler ou à se prostituer a empiré. Les revenants de ces “camps” sont livrés au travail précaire,  aux violences sexuelles et ont perdu l’accès à la santé et à d’autres services sociaux vitaux (terredeshommes.fr).
De tout cela, les médias grand public ne rapportent rien ou si peu. Par contre, l’échec des autorités brésiliennes à dépolluer la baie de Rio domine les unes et les manchettes des journaux. La préoccupation environnementale est légitime mais pour qu’elle soit crédible, elle doit concerner l’ensemble du bilan écologique. Les interventions curatives sur les sites pour dépolluer les eaux ne peuvent être maintenues une fois les jeux bouclés.
De même l’installation d’un terrain de golf  sur une zone protégée est de l’avis des militants écologistes, qui ont poursuivi  en justice le maire de Rio, un cadeau aux spéculateurs immobiliers dont des banques et ouvre la voie à la destruction totale de la zone protégée. Sur ce même registre, les Jeux d’hiver de Sotchi en Russie ont été,  selon les défenseurs de l’environnement, un “désastre écologiste” ; des  forêts rasées, des parcs naturels transformés en  décharges, à ciel ouvert, de produits chimiques qui se déversent  dans les rivières pour finir dans la mer, des lits de rivières détournés…sans compter les populations chassées de leurs habitations et de leurs terres.
Les 80 recommandations du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE) n’y peuvent rien. Certains dommages sont tout simplement irréversibles. Au lieu des 8,8 milliards d’euros prévu, ces jeux ont coûté 37 milliards dont un tiers selon plusieurs sources s’est évaporé dans les circuits de corruption. À Rio, de nombreuses entreprises chargées des projets de construction olympique sont impliquées dans le scandale Petrobras, le géant pétrolier visé par la plus grosse enquête de corruption de l’histoire du Brésil dite “lavaJato” ou lavage express. La piste à explorer n’est pas loin s’il faut rétablir l’esprit olympique, sinon les plus belles intentions n’y peuvent rien. De nos jours, les Olympiades ne sont pas simplement la manifestation sportive la plus prestigieuse au monde, elles sont devenues “l’un des empires du marketing les plus aboutis de l’histoire du capitalisme”. C’est ce qui a fait dire à un célèbre commentateur de la BBC, en 2001, lors de la polémique qui a suivi l’octroi des Jeux de 2008 à Pékin : “le vainqueur de Pékin, c’est le big business”. Les villes candidates pour les jeux d’hiver de 2022, à savoir Oslo, Almaty ( Kazakhstan) et Pékin sont, cette fois-ci,  sommées de “s’engager à conduire leurs activités d’une manière qui promeuve les principes et valeurs de l’olympisme, en particulier en bannissant toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres”. Cet engagement est conçu comme une réponse du CIO à la polémique provoquée par les lois anti-gays en vigueur en Russie pendant les jeux de Sotchi. En attentant le paradigme de la Charte olympique demeure bâti sur les valeurs de l’excellence, l’amitié et le respect. Ne dit-on pas le rêve olympique…pour les postulants à la médaille? Bonne chance à nos athlètes.

R. S.


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