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A la une / Environnement

Dégâts causés par des néonicotinoïdes sur les abeilles

Les doutes ne subsistent plus

Le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles, un véritable danger pour l’équilibre environnemental. © D.R

Les minces doutes de la nocivité de ces insecticides sur la fertilité des colonies des abeilles, l’augmentation de la mortalité et la contamination de l’environnement s’envolent.

Deux études, l’une britannique, l’autre canadienne, publiées vendredi 30 juin par la revue Science (science.sciencemag.org) sous le titre “Country-specific effects of neonicotinoid pesticides on honey bees and wild bees” sont sans appel quant aux effets dévastateurs sur les pollinisateurs de ces insecticides de nouvelle génération, introduits dans les années 1990. Avec les conclusions de ces études, les défenseurs de l’environnement espèrent ainsi voir banni l’usage des néonicotinoïdes suspectés de longue date d’être une cause déterminante dans le déclin mondial des abeilles domestiques, des pollinisateurs sauvages et, indirectement, des oiseaux. Liberté a déjà publié un article sous cette même rubrique qui traite de cette problématique sous le titre “Utilisation des insecticides systémiques : mortalité alarmante des abeilles” (liberte-algerie.com/environnement/mortalite-alarmante-des-abeilles-235879). Nous avions signalé alors des dépeuplements des ruches (dans notre pays) dont certains sont troublants. “Des apiculteurs constatent des phénomènes anormaux ou du moins inhabituels : la perte du sens d’orientation des abeilles, les plus affectées sont incapables de revenir à la ruche et meurent dans les champs, ou alors des abeilles mortes près de la ruche alors que ‘la règle’ est que les autres abeilles s’en éloignent pour ne pas attirer les prédateurs… Ces constations ne sont pas propres à un pays ou un autre, elles sont observées un peu partout. Les apicultures de la région de Bouira, Tizi Ouzou et de la Mitidja pratiquent la transhumance vers des localités mellifères de Djelfa (Birine) ou d’El-Bayadh. Plusieurs le font pour fuir un environnement infesté par les insecticides et des conditions climatiques très aléatoires.” En effet, le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles représente un véritable danger pour l’équilibre environnemental.

Que disent ces études ?
Au sujet de ces nouvelles études, la première expérience est pilotée par le Centre pour l’écologie et l’hydrologie de Grande-Bretagne (Centre for Ecology and Hydrology). Elle a été financée par des agrochimistes (Bayer et Syngenta) pour éviter des suspicions “anti-industrie”. Dans chaque exploitation, l’état de santé de trois espèces de pollinisateurs (l’abeille domestique (apis mellifera), le bourdon terrestre (bombus terrestris) et l’osmie rousse (osmia bicornis, une espèce d’abeille solitaire) a fait l’objet d’un suivi pendant un à deux ans. Les chercheurs ont travaillé sur onze sites situés en Allemagne, au Royaume-Uni et en Hongrie. Cette expérience à grande échelle a mobilisé des dizaines d’hectares pour accueillir des cultures de colza : “C’est la plus vaste expérience en plein champ menée sur l’impact des néonicotinoïdes sur les abeilles.” “En suivant un indicateur simple, comme le taux de survie des colonies exposées au colza, on voit dans les données fournies par les auteurs que 100% des colonies non exposées survivent [à l’hiver], alors que ce n’est pas le cas pour celles qui y sont exposées.” Pour les pollinisateurs sauvages, la situation est sans appel : dans toutes les situations, “les bourdons produisent moins de reines, et les abeilles solitaires produisent moins de larves lorsque l’exposition aux néonicotinoïdes est élevée”. Cette exposition n’est d’ailleurs pas seulement le fait de l’expérience conduite : elle provient aussi de l’imprégnation de l’environnement. Les auteurs de l’étude “retrouvent de l’imidaclopride [substance active de l’insecticide] partout, même lorsque les cultures n’ont pas été traitées avec cette molécule”, dit Gérard Arnold, directeur de recherche au Centre national de recherche scientifique (CNRS, France) et spécialiste de ces questions (Le Monde).
Sa longue persistance conduit à une contamination des sols et des cultures ultérieures, ce qui est préoccupant, en particulier pour les insectes pollinisateurs. “Ces contaminations restent à l’état de traces, mais ces substances sont parmi les plus efficaces jamais mises au point. Un seul gramme d’imidaclopride peut, par exemple, tuer autant d’abeilles qu’environ 7 kg du célèbre DDT…” La seconde étude a été conduite dans deux régions du Canada. Les chercheurs ont étudié les colonies de onze ruchers, certains proches des champs de maïs traités avec de la clothianidine, d’autres éloignés de plusieurs kilomètres. Bien que le maïs soit pollinisé par le vent et non par les insectes pollinisateurs, les colonies proches des exploitations étaient plus exposées aux néonicotinoïdes que les colonies éloignées. Les expériences croisées des chercheurs conduisent à conclure qu’en moyenne leur espérance de vie était réduite d’un quart et leur comportement différait de celui des individus non exposés, au point de mettre en péril la pérennité de la colonie. “Ce résultat suggère que l’exposition aux néonicotinoïdes pourrait aider  à expliquer le syndrome d’effondrement des colonies”, et “il est devenu intenable de continuer à affirmer que l’utilisation agricole des néonicotinoïdes n’endommage pas les abeilles sauvages et domestiques”. Se peut-il qu’il y ait un état des lieux chez nous où nombre de ces substances, pour ne pas dire la plupart, sont “gérées” par le marché informel ?                            

R. S.

 


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