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A la une / Environnement

Appel d’offres énergies renouvelables

Lobbyings et ballets diplomatiques

L’Algérie prévoit la production de 22 000 mégawatts à l’horizon 2030. ©D. R.

L’appel à investisseurs pour la première tranche de ce plan tourne autour de 4 milliards de dollars. Mais l’enjeu ne se limite pas à cet horizon. “Le conseil du gouvernement a adopté le 17 janvier 2017 un décret relatif aux conditions liées à l'appel d'offres qui sera lancé pour la réalisation de centrales solaires d'une capacité globale de 4.000 MW”, a déclaré Abdessalem Bouchouareb, le ministre de l’Industrie et des Mines le 19 janvier, en marge d’une cérémonie de signature de conventions de partenariats impliquant Sonatrach et des groupes industriels publics. Ce décret est censé fixer les conditions d'appels d'offres national et international pour la production et la distribution de 4 000 mégawatts d'électricité à base d'énergie solaire. Il semble que cela est dans la trajectoire de l’annonce par le ministre de l'Énergie, Noureddine Boutarfa,  lors du Salon des énergies renouvelables tenu en octobre 2016 à Oran et qui concerne la réalisation d'installations de production d'électricité à partir d'énergies renouvelables qui devait être conditionnée par  des investissements dans le domaine industriel. Dans ce secteur du développement des énergies renouvelables, cette manière de procéder est à peu de choses près ce qui se fait à travers le monde pour une première raison qui consiste à intégrer les évolutions rapides dans un marché où la baisse des coûts des équipements est quasi continue. La deuxième a trait à la faiblesse sinon l’inexistence d’une industrie du renouvelable solaire, l’enjeu étant de rapatrier la technologie et les moyens de maintenance. Pour rappel, le plan global adopté par le gouvernement prévoit la production de 22 000 mégawatts à l’horizon 2030. Actuellement une capacité de moins de 400 MW est installée.

Un mégaprojet qui aiguise les appétits
L’appel à investisseurs pour la première tranche de ce plan tourne autour de 4 milliards de dollars. Mais l’enjeu ne se limite pas à cet horizon. En plus du reste de la capacité à installer, soit environ 18 000 MW, des tractations pour monter une branche industrielle capable de prendre le relais (en partie du moins) se déroulaient dans l’ombre avant le début de cette année.
Parallèlement, le groupe Sonatrach qui ambitionnait de piloter le projet global s'est lancé dans un programme visant àdoter tous ses champs pétroliers et gaziers de centrales solaires “en vue d'économiser d'importants volumes d'hydrocarbures et réduire les émissions de CO2”. La presse s’est fait l’écho du lancement des travaux de la centrale photovoltaïque de 10 mégawatts à Bir Rebaâ Nord (BRN/Ouargla) conjointement avec la compagnie pétrolière italienne ENI. C’est le désormais ex-P-DG de Sonatrach, Amine Mazouzi qui a procédé à la pose de la première pierre, le 17 mars dernier. “Nous avons l’objectif de faire en sorte que tous les champs de Sonatrach fonctionnent à l’énergie solaire”, a-t-il déclaré à cette occasion, ajoutant que “le projet de Bir Rebaâ Nord entre dans le cadre de la politique nationale de développement des énergies renouvelables, élevée au rang de priorité nationale, un programme que l’Algérie entend financer grâce à des endettements extérieurs”. Le même jour, une dépêche de l’Agence de presse britannique, Reuter annonçait que “Sonatrach et l'italien ENI ont reçu des offres de 34 entreprises internationales, dont une filiale d'Engie [France]pour construire un parc de production d'énergie solaire de 10 mégawatts à Bir Rebaâ Nord…Des entreprises allemandes ou chinoises entre autres ont aussi présenté des propositions”. Le site internet Algérie1 précisait que les compagnies étrangères engagées dans ces discussions pour la conclusion de cet important contrat sont Carlo GavazziImpianti Spa Belectric GmbH, Cobra Instalaciones y Servicios SA, Engie Fabricom SA et JGC Corporation, a en outre précisé la source de la compagnie pétrolière algérienne.Compte tenu de l’importance du projet, l’offre a été ouverte à d’autres grands groupes, en l’occurrence le KPV SolarGmbH, YingliEnergy Co Ltd et la China National technique Import and Export Corporation (CNTIC).

Tractations et campagnes de promotion
Le défilé soutenu de responsables politiques français est à ce titre remarquable. Tour à tour, Elisabeth Guigou, Manuel Macron et Bruno le Roux, pour ne citer que les visites les plus récentes, ont rencontré des responsables algériens en charge de la réalisation de ce plan d’énergies renouvelables notamment le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, le ministre de l’Énergie, Noureddine Bouterfa et le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb. La visite programmée déjà de Bernard Cazeneuve, le Premier ministre français, pour les 29 et 30 mars devait faire avancer un peu plus le “montage” d’un grand groupe industriel franco-algérien dans le domaine des ENR ambitionnant d’autres marchés du continent. La presse allemande avait présenté la visite programmée de la chancelière Angéla Merkel, et annulée à la dernière minute comme une opportunité de “réveiller” le projet Desertec à l’occasion de ce grand appel d’offres des Algériens. Officiellement reportée pour une bronchite contractée par Abdelaziz Bouteflika, le chef de l’État, on ne sait pas si ce dossier a été évoqué par d’autres officiels allemands avec leurs homologues algériens. Rappelons que cet appel d’offres devait être lancé fin janvier mais il a été retardé de deux mois sans raison apparente. L’annonce de ce report (pour fin mars) avait été rendue publique la veille de la signature entre l’Algérie et l’Union européenne d’une “convention portant sur un appui financier de 10 millions d'euros pour renforcer le développement des énergies renouvelables en Algérie”. Depuis, les officiels algériens mènent une campagne de promotion tous azimuts. Pendant que Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères s’occupait à “vendre” le projet à Bruxelles, le siège de l’UE, le ministre de l’Énergie Noureddine Boutarfa participait au 15e Forum mondial du développement durable, à Paris où il a affirmé que les énergies renouvelables représentaient désormais pour l’Algérie, une priorité nationale. Pour sa part, le P-DG de la Compagnie de l’engineering de l’électricité et du gaz (CEEG), M. Mohamed Arkab assistait au forum Powering Africa Summit, à Washington pour présenter l’offre algérienne. Ce forum est destiné aux investisseurs en quête d'opportunités dans le secteur énergétique africain. Selon la presse, le projet a été présenté par les organisateurs du forum comme l'un des plus importants en Afrique devant contribuer à la transition énergétique du continent. Le brutal limogeage du P-DG de Sonatrach, Amine Mazouzi annonce-t-il d’autres reports ou alors une accélération dans la prise de décisions ? L’avenir nous le dira.

R.S.


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