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A la une / Environnement

Dr Machane Ali vétérinaire et consultant auprès d’organismes internationaux

L’usage des antibiotiques dans les élevages aviaires en Algérie

Liberté : Les chiffres dans certaines études avancent qu’aux Etats-Unis 70% de la consommation des antibiotiques est le fait des animaux dans les élevages et 50% en France. Avons-nous des statistiques dans ce domaine pour l’Algérie ?
Dr Machane : Il n’y a pas d’études sérieuses pour avancer un pourcentage d’utilisation des antibiotiques pour les animaux relativement aux humains. En revanche, le pourcentage aviaire d’utilisation des antibiotiques dans notre pays est à peine de 40% pour la volaille.

Y a-t-il des mécanismes de contrôle de la prescription de ces antibiotiques ?
L’antibiogramme au niveau du laboratoire pour déterminer la résistance à un antibiotique. Ensuite, il faudra suivre par un vétérinaire le délai d’attente avant de délivrer un certificat pour l’abattoir à des fins d’abattage, c’est la procédure qui devrait être suivie. Mais malheureusement, actuellement il est très difficile de donner le moindre indice sur le contrôle, du moment que l’antibiotique est disponible partout et est utilisé par les éleveurs à tout-va, sans contrôle vétérinaire. Il suffit d’aller chez le fabricant d’aliments de bétail pour s’en approvisionner.

Pensez-vous que leur utilisation en tant qu’additifs alimentaires est très répandue ? Peut-on prévenir ou remédier à la situation ?
Les antibiotiques en tant qu’additifs ne sont pas très répandus chez nous par rapport à d’autres pays, par voie orale. Mais beaucoup de choses peuvent se passer dans l’informel. Si on veut remédier à cela, on doit d’abord contrôler tous les élevages et sensibiliser les éleveurs au danger que représentent les antibiotiques.  Ensuite retirer la vente de ces médicaments à tous les non-professionnels tels que les fabricants d’aliments. Il faut aussi traquer les revendeurs illégaux et les poursuivre en justice. La deuxième mesure est le retrait des médicaments aviaires de tous les cabinets et créer des officines sous contrôles réguliers d’un inspecteur vétérinaire. Le vétérinaire doit être prescripteur en mentionnant l’âge de l’animal pour éviter toute consommation abusive d’antibiotiques. Cette sur-utilisation peut contribuer à l’émergence de résistances bactériennes. Ces résistances sont potentiellement transmissibles à l’homme via l’alimentation. Un bon usage des antibiotiques est indispensable afin de limiter les différentes résistances bactériennes, de préserver l’efficacité du médicament et enfin de limiter la présence de résidus médicamenteux dans les viandes.

 


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