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A la une / Environnement

Littoral algérien

Qu’en est-il de la gestion du trait de côte ?

Une urbanisation sauvage ne peut que dégrader l’aspect et la qualité des rivages. © D.R.

La plage est une composante essentielle du tourisme balnéaire. Son état général et la qualité des services qu’elle délivre sont les principaux facteurs d’attractivité des plaisanciers.

Dans sa dernière instruction, le ministre de l’Intérieur, Noredine Bedoui, écrivait à propos de l’accès aux plages du littoral que leur gestion “ne répond à aucune logique économique de l’espace et des infrastructures balnéaires, ne profite qu’à des intervenants informels sans aucune valeur ajoutée pour la collectivité”.
Il n’a pas tort, vu que ces espaces ont été privatisés au profit de bandes de jeunes parfois à la limite de la délinquance et qui dictent leur loi à des estivants désarmés devant la démission des pouvoirs publics. Mais le ministre ne dit pas tout.
Que fait-on face aux enjeux de la préservation des milieux littoraux comme le maintien du trait de côte, la submersion, le ruissellement, la qualité de l’eau et plus généralement la dégradation des rivages sous l’effet d’une urbanisation sauvage.
Le trait de côte est la limite des plus hautes eaux. Il se déplace et modifie les paysages. Cette mobilité est due à la fois à des processus naturels comme les houles, les marées ou les courants ainsi que climatologiques tels que le vent mais aussi à des phénomènes anthropiques (causés par l’homme). On retrouve dans cette dernière catégorie l’érection de bâti, la démographie, le déplacement de matériaux (sable, galets…) mais aussi l’élévation des niveaux de la mer due au réchauffement climatique, ce phénomène n’est pas homogène sur les territoires, mais il est appelé à se poursuivre et à s’amplifier quelle que soit l’évolution mondiale des émissions de gaz à effet de serre. Cet état de fait n’est pas propre à notre pays, on le retrouve partout dans le monde. L’enjeu pour une gestion durable du littoral est de “délimiter aussi durablement que possible le trait de côte, c’est-à-dire l’endroit où s’arrêtent les plus hautes eaux, hors conditions exceptionnelles”.

Recul du trait de côte et amincissement de la couverture sableuse
Les données dont on dispose indiquent que le recul du trait de côte est général.
Dans un article fort documenté sur l’urbanisation côtière en Algérie, Ghodbani Tarik et Semmoud Bouziane (2010) arrivent à la conclusion que “la plage de Saint-Roch sert de zone test grâce à des images datant des années 1940,1960, 2004 et 2009. Leur comparaison donne à voir un recul du trait de côte d’environ 20 m sur une période de 70 ans. Ces changements du paysage littoral sont observés sur les autres plages”. Là où le rivage est rocheux, le trait de côte est resté stable mais la couverture sableuse autrefois épaisse est décapée dans sa quasi-totalité, ajoutent-ils.

D’autres sources vont dans le même sens
L’Agence de protection et de promotion du littoral (Appl) note que l’étude réalisée dans le cadre du programme d’aménagement côtier de la zone algéroise (ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement), en collaboration avec le plan d’action de la Méditerranée, révèle un recul moyen pour l’ensemble de la zone centre de 2,25 m/an, alors que les reculs les plus importants sont enregistrés sur le territoire de la wilaya d’Alger (2006).
Les quelques chiffres qu’elle avance pour le littoral de la wilaya sont alarmants. Réghaia (de 0,45 à 1,9 m/an), embouchure d’oued El-Harrach (de 3 à 4,5 m/an), quasi-disparition de plages à l’ouest d’Alger.
Secteur Hôtel El Riad-Est Moretti (46 m entre 1956 et 1999), Moretti (15 à 18 m entre 1993 à 1999), embouchure d’Oued Mazafran (de 0,35 à 1,4m /an). Pour les points de prélèvements illicites de sable, à côté de l’épuisement constaté à Sidi Fredj Ouest, l’Agence signale Zeralda (2), Est de Sidi Fredj, Reghaia (3), Bordj El-Kiffan (2) et Kadous (2).

Mieux vaut tard que trop tard
Les plages sont des milieux fragiles avec une notable biodiversité. Notre littoral est confronté à l’érosion côtière et à l’élévation attendue du niveau de la mer qui aggravera ce processus, mais la préservation de ce qui peut l’être dépend de nous. C’est-à-dire des actions que nous mettons en œuvre (ou non) sur le double plan de la protection de l’espace lui-même et de l’entretien.
L’intégration du rivage dans le domaine public maritime a pour but d’assurer une protection contre les dégradations anthropiques. Même en présence d’instruments prévus par le législateur l’autorité des pouvoirs publics est défaillante.
La loi 02-02 du 05 février 2002 relative à la protection et à la valorisation du littoral délimite trois bandes dans cet espace ; la bande inconstructible dont la largeur peut atteindre 300 m à partir du rivage, une autre de 800 m où sont interdites les voies carrossables nouvelles parallèles au rivage et une troisième de 3 km dans laquelle sont édictées d’autres contraintes d’urbanisation. Pour faire court, chacun constate le non respect de ces règles. Un compromis entre une situation de statuquo dictée par des considérations sociales et parfois politiques qui aggravent l’état des lieux et l’option d’une gestion durale est une urgence. Mais dans ce cas il faut une volonté politique de mettre en œuvre une véritable stratégie de gestion intégrée des zones côtières en plus des lois et décrets. C’est loin d’être le cas, le rituel communiqué de presse, à la veille de l’ouverture de la saison estivale pour annoncer les nouvelles modalités de gestion et d’accès aux plages en est la meilleure preuve. Enfin signalons qu’il n’existe aucune plage sous pavillon bleu et aucun établissement touristique ayant acquis un éco-label. A notre connaissance l’initiative (la seule) engagée pour le processus d’éco label par La Corne d’Or (Tipaza) en novembre 2009 n’a pas abouti. Rappelons que le Pavillon bleu, très convoité à l'échelle internationale, et reconnu par l'Organisation mondiale du tourisme et par le programme des Nations unies pour l'environnement, est géré à l'échelle internationale par la Fondation de l'éducation à l'environnement (FEE) et il vise à minimiser les impacts de la fréquentation estivale : dispositif de récupération et de tris sélectifs des déchets, présence de sanitaires, sécurité, promotion des énergies renouvelables, information sur la qualité de l'eau de baignade, sur la faune et la flore locales… qui sont pris en compte pour la labellisation. Bonne saison estivale tout de même.


R. S.

 


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