Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

A la une / Environnement

Appels d’offres dans le renouvelable

Quid du couplage des composantes industrielles et énergétiques ?

Le cheminement de l’annonce en janvier dernier de la préparation du lancement d’appels d’offres pour la réalisation de plus 4000 MW d’énergie renouvelables, solaire photovoltaïque et éolien notamment, ne semble pas couler de source. Prévu pour fin janvier puis retardé pour fin mars, ce lancement tarde encore à voir le jour. Rappelons que le changement de stratégie opéré au cours des derniers mois de l’année 2016 était officiellement  justifié par la chute des prix des composants à l’échelle mondiale et la volonté de l’État de construire une composante industrielle de la branche énergétique. Il s’agissait, comme l’avait déclaré le ministre de l’Énergie, Noureddine Boutarfa, lors de la 7e édition du Salon des énergies renouvelable (Era) “de mettre en compétition des investisseurs afin d'assurer un environnement favorable au développement des énergies renouvelables et de réduire le prix du kilowattheure à partir des énergies renouvelables”, alors qu’en 2014 on avait opté pour des tarifs d’achat garantis. Si au premier abord cette nouvelle orientation paraît séduisante, le montage d’une industrie dans un domaine aussi dynamique avec un rythme d’innovation important comporte le risque de pénaliser le pays par des choix hâtifs. Un tel schéma peut conduire à terme à remettre en cause le choix “du kW/h le plus bas”, c'est-à-dire l’inverse de l’argumentaire actuel.
C’est ce que résumait Abdelali Badache, l’ancien DG de la Creg (Commission de régulation de l’électricité et du gaz), au site électronique Maghreb Emergent, pour lui en Algérie “la problématique industrielle n’a rien à voir avec le renouvelable”. Il ajoute qu’une telle option “ferait payer durablement au contribuable algérien des choix industriels précoces liés à la production locale des équipements dans un secteur en plein bouleversement dans lequel même les producteurs européens ont jeté l’éponge au cours des dernières années”. En guise d’avertissement, il rappelle que “de nombreuses usines spécialisées dans cette industrie ont été fermées partout en Europe, puis récupérées par la Chine qui s’est retrouvée en possession de capacités gigantesques”. Selon des observateurs proches de ce dossier complexe, ce n’est pas cette problématique qui retarde la divulgation des appels d’offres, le gouvernement ayant déjà tranché sur le sujet. Nous avions écrit dans un récent article “Lobbyings et ballets diplomatiques” (Liberté du 23 mars dernier) que des tractations se déroulaient dans l’ombre pour “la récupération de ce marché juteux”.
Lors de l’audience accordée au secrétaire général de l’Association des opérateurs de transport d’électricité de la Méditerranée (Med-TSO), Angelo Ferrante, le 22 mars dernier, M. Boutarfa a saisi l’opportunité pour appeler à la création d’une Communauté (marché) méditerranéenne de l’énergie (CME) sur le modèle de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca créée en 1951, à Paris,  France, République fédérale d'Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Italie). Le communiqué sanctionnant cette rencontre note qu’“iI est important de coopérer ensemble pour surmonter les difficultés de mutualisation actuelles et tendre vers un système intégré grâce auquel les risques, les coûts et les avantages seront partagés”.
Les deux parties ont abordé également l’intégration des énergies renouvelables dans les réseaux comme “problématique prioritaire” à laquelle l’association peut contribuer en développant des études et en échangeant les expériences, ajoute le texte. D’aucuns estiment que les Allemands ou les Américains ne verraient pas d’un bon œil une telle organisation. Dans tous les cas, sans une lecture attentive des cahiers des charges de ces appels d’offres, il est difficile de se prononcer sur la réalité “du kW/h le moins cher”. Étant donné que le pays est démuni d’un tissu industriel à la hauteur de ce qui se fait ailleurs, d’autres tractations de montage d’opérations sur le modèle 51/49 se dérouleraient dans l’ombre. Quelles seront les parts de Sonatrach qu’on dit rentrée dans le bercail ou de Sonelgaz ? Affaire à suivre.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER