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A la une / Environnement

Catastrophes possibles

Un dixième de la population humaine périrait

Avec les changements climatiques, les spécialistes présagent une hécatombe d’ici les prochaines décennies. ©D. R.

Global Catastrophic Risks 2016 est une sorte de listing des catastrophes de grande envergure qui peuvent être des événements subis ou des processus. Elles provoqueraient la mort d'au moins un dixième de la population humaine mondiale, soit 740 millions.

Le rapport est l’œuvre de Global Challenges Foundation en collaboration avec l'université d'Oxford (Royaume-Uni). S’il est rédigé pour choquer, il faut aussi rappeler que le développement durable n’est pas simplement une affaire de respect d’une compilation de bonnes manières, mais surtout des choix de développement qui préservent les grands équilibres de la planète. Les alarmes contenues dans ce rapport sont destinées à éveiller les consciences pour agir et réduire ces risques.

Afrique du Nord
La position géographique des villes côtières d’Afrique du Nord les rend vulnérables aux risques naturels et aux phénomènes climatiques. La croissance démographique fait que les risques s’intensifieront au cours des prochaines décennies à mesure que les conséquences du changement climatique se feront sentir davantage. La Banque mondiale a dans une étude régionale, prenant comme villes Alexandrie en Égypte, Casablanca au Maroc et Tunis et un horizon 2030. Le but étant la problématique de “l’adaptation au changement climatique et la résilience aux désastres naturels dans les villes côtières d’Afrique du Nord pour fournir les outils nécessaires pour évaluer les risques et les coûts des pertes potentielles, et pour s’orienter vers des réformes et des investissements pour permettre aux villes de s’adapter au changement climatique et d’augmenter leur résilience face aux désastres naturels”.
Il ressort que la moyenne annuelle de 3 catastrophes naturelles en 1980 a augmenté régulièrement jusqu’à plus de 15 en 2006. Sur 25 ans, la région a été touchée par 276 désastres naturels, dont 120 les cinq dernières années.

Quels types de risques encourons-nous ?
Dans la prévention des risques, l’occurrence de probabilités faibles ne doit pas être un facteur qui rassure. La concomitance entre séisme de Fukushima, la survenue d’un tsunami et l’existence de centrales nucléaires dans la zone aurait peu de chances d’être pointée du doigt avec un fort taux d’occurrence par une simulation antérieure. Et pourtant, elle a causé plus de 20 000, 500 000 réfugiés, sans évoquer les conséquences de la destruction de la centrale nucléaire. Environ 32 millions de personnes au Japon, soit un quart de la population, ont été affectées par la radioactivité émise par l'accident nucléaire, selon un rapport de Green Cross. La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a connu une défaillance de ses systèmes de refroidissement et plusieurs explosions sur ses réacteurs. Du combustible nucléaire, normalement confiné et protégé dans des piscines d'eau, a émis un panache radioactif qui s'est libéré dans l'atmosphère. Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), ce panache contient des particules radioactives…       (notre-planete.info). Ceci pour les événements qui pouvaient être prévus et parfois évités.

Qu’en est-il du reste ?
Le rapport cite notamment : “Comme, au début du XXe siècle, il aurait été impossible de prévoir les armes nucléaires, le changement climatique catastrophique ou les risques liés aux biotechnologies, il se pourrait que plusieurs des futurs risques catastrophiques à venir ne soient pas encore visibles.” Mais pour le présent, ce qui est mis en avant c’est le réchauffement climatique et la bombe atomique. Sur le climat, les rédacteurs insistent sur le fait que les modèles (mathématiques) ne renvoient pas à un risque nul d’emballement de la machine climatique. Le recul continu de la banquise, la fonte du permafrost (pergélisol – sol gelé situé au fond de l’océan Arctique) permet la libération du méthane qui s’y trouve. Selon les estimations actuelles, pas moins de 50 milliards de tonnes de ce gaz à effet de serre – 20 fois plus puissant que le CO2 – se trouveraient dans cette partie de l’océan Arctique située au nord-est de la Russie. Ce chiffre ne correspond qu’à 10% du stock de méthane coincé dans le plateau sibérien. Les quantités de méthane stockées sous les fonds sous-marins de l’Arctique dépasseraient en importance la totalité du carbone contenu dans les réserves mondiales de charbon. La fonte soudaine de ce qui est considéré comme la plus vaste zone gelée de la planète peut faire grimper la température, à la fin de ce siècle, de 6ºC (moyenne). Les conséquences vont de l’augmentation de la mortalité à la “rupture des systèmes alimentaires”, “les risques de perte des moyens de subsistance dans les régions rurales en raison d'un accès insuffisant à l'eau potable et à l'eau d'irrigation”, etc. Sur la bombe atomique, la fin de la guerre froide n’élimine pas les risques. Laissant ce développement pour des spécialistes, mais en 2014, il reste encore 10 000 charges nucléaires dans le monde.

Pandémies et risques émergents
La possibilité de fabriquer des gènes par la technologie CRISPR (courtes répétitions palindromiques groupées et régulièrement espacées) peut permettre à des groupes terroristes ou des États malintentionnés de créer des pathogènes à la fois létaux et très contagieux. Le rapport évoque également les dérapages possibles d'une expérience de géo-ingénierie au cours de laquelle, pour contrecarrer le réchauffement climatique, on émet dans l'atmosphère des agents chimiques pour limiter le rayonnement solaire sans appréhender tous les impacts comme sur le système des précipitations...
En termes de mémoire, c’est l’hécatombe de la Seconde Guerre mondiale qui a emporté 60 millions d’êtres humains, soit 2,5% de la population mondiale, qui marque le plus avec les pertes humaines de la Première Guerre qui s'élèvent à environ 20 millions de morts (40 millions avec les morts de la grippe espagnole qui a sévi dans la même période). Il n’y a donc pas d’antécédents de cette grandeur (10%) dans l’histoire récente. Enfin, l'horloge de la fin du monde fêtera ses 70 ans l’année prochaine.
Elle symbolise depuis 1947 les grands risques de catastrophe globale (nucléaires, environnementaux, technologiques) qui pèsent sur l'humanité. Minuit représente l'irruption d'une de ces catastrophes. En 1947, au moment de la création de l'horloge, il était 23h53. Pendant la guerre froide, les scientifiques atomistes de l'université de Chicago l’ont fixée à 23h58, et 23h43 quand l’URSS s’est disloquée. Avec l’incapacité des instances internationales de juguler le réchauffement climatique en particulier, l’horloge a repris le chemin de minuit. Depuis 2015, elle indique toujours 23h57.

R. S.


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