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Femmes cancéreuses: la souffrance psychologique

©D.R.

Une fois la tumeur découverte, les obstacles rencontrés par les algériens atteints du cancer pour se soigner sont multiples, notamment à cause des nombreuses lacunes enregistrées au niveau du territoire national : manque d’infrastructures adéquates, de matériel,…. Et surtout de soutien psychologique.

Le manque de ce dernier touche en majeure partie la gente féminine. En effet, l’abandon des femmes cancéreuses par leur mari se répand de plus en plus, de manière alarmante au sein de notre société, en plus de l’abandon familial dans quelques cas rares. Celui-ci résulte majoritairement d’un reniement suite au divorce de la concernée.

Pour mener notre enquête, nous avons du nous plonger au le cœur de la société algérienne et dans ses méandres les plus atroces et les plus cruelles.

Pour commencer, nous avons rencontrés Aïcha, 43 ans, femme au foyer, issue de l’Est du pays. Elle nous a amèrement confié son histoire : « je me suis mariée à 18 ans, je n’ai pas pu poursuivre mes études universitaires car c’était le choix de mes parents. J’ai eu par la suite 4 enfants dont j’ai pris soin jusqu’à ce qu’on me diagnostique un cancer du sein. J’ai été d’abord consulter chez une amie, médecin interne, qui a tout de suite su ce que j’avais, mais ayant de la compassion pour m’annoncer l’accablante nouvelle par elle-même, elle me dirigea vers d’autres collègues pour m’informer de mon cas. Quand j’ai pris conscience de ce qui m’arrivait, je sentis un choc électrique traverser tout mon corps. La première image qui me vint en tête fut celle de mes enfants et de mon mari, si je mourrais, qui prendrait soin d’eux ? Cette inquiétude à leur égard fut trop niaise, par rapport à l’indifférence qui m’attendait de leur part …». Après un soupir, Aïcha poursuivra en tenant Dieu pour témoin qu’elle avait tout donné pour sa petite famille, sa beauté, son amour, et même sa santé ! Bien avant la découverte de sa tumeur, Aïcha s’est découverte elle-même un don en coiffure, elle entreprit donc rapidement de coiffer des mariées qui étaient toutes satisfaites de son rendu. La voyant commencer à économiser, son mari qui, nous dit-elle, avait un salaire modeste, lui fit part de son envie d’acheter un plus grand appartement : c’est alors qu’elle vendit la totalité de son or et lui donna tout son argent mis de côté. Cela n’a pas augmenté son estime, du fait que dès qu’elle a commencé le traitement, son mari ne supportant plus de la voir fléchir sous le joug de la maladie et ternir sous les souffrances, vint lui en ajouter d’autres en la laissant chez ses parents, sans nouvelles de lui et en la privant de ses enfants, qui dit-elle on même été montés par leur père contre elle. Une larme sur le coin de l’œil elle déclare : « Un jour je suis passée à côté de son école, et j’ai vu mon fils sortir, je lui ai fait signe de la main pour venir, il m’a regardé farouchement, puis s’est enfui, je n’oublierai jamais ce moment-là, où j’ai été reniée par mon propre enfant. » Elle conclut : « Cet évènement a été suivi quelques jours après, par l’arrivée des papiers du divorces envoyés par mon mari à mon intention, j’ai été choquée, je n’avais rien fait pour mériter ça. Mais grâce à Dieu, et au soutien de mon frère, je suis aujourd’hui debout sur mes deux pieds et je recommence à reprendre contact peu à peu avec mes enfants.

L’histoire d’Aïcha est une histoire parmi tant d’autres, de femmes qui souffrent pour bénéficier des soins, puis souffrent encore plus face à l’indifférence de leur entourage, poussé quelques fois même vers le déni. Durant notre enquête nous avons aussi connu Hayat, une femme de l’Est algérien, atteinte d’un cancer du foi, à seulement 28 ans, divorcée avec 2 enfants, qui combat la maladie chaque jour avec l’aide de ses parents.

Néanmoins, il existe toujours des cas de fidélité et de résistance des couples face aux plus atroces épreuves. Amel, aura été notre rayon d’espoir : à 37 ans elle avoue être pleine de courage et de motivation afin de venir à bout de sa maladie, malgré les carences et les difficultés liées aux soins, du moment qu’elle bénéficie du soutien sans bornes de son mari, sa famille et de tout son entourage. C’est pourquoi nous espérons rencontrer de plus en plus de cas comme Amel dans notre société.

                                                                                 Meryem ABDELLI

 Partenariat Réd-DIG-« Liberté » (#RDL)/Alumni (HEC)


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