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Le cancer en Algérie: le parcours du combatant

©D.R.

Le cancer en Algérie ou le parcours du combattant.

 Le cancer est l’une des maladies les plus redoutées par l’humanité, en Algérie, il représente la deuxième cause de mortalité (21%) après les maladies cardio-vasculaires. Cette maladie reste tout de même un tabou. Elle inflige non seulement des souffrances physiques au patients mais également psychologiques.

Une femme de 29 ans a accepté de se  confier  mais dans un souci d’intimité nous ne divulguerons pas son identité

 Voici l’intégralité de ce témoignage :

« J’ai 29 ans, j’ai une licence en anglais et un diplôme en informatique, j’habite a Sidi Bel Abbes, j’avais une vie semblable a tout le monde, mais récemment elle a basculé après la découverte d’un  cancer appelée maladie  d’Hodgkin, une forme de cancer du système lymphatique caractérisée par une  une prolifération anormale d'un certain type de globules blancs (les lymphocytes).

 Comment tout a commencé pour vous ? 

« Il y’a quelques mois, je commençais a  ressentir une douleur au niveau du thorax, j’ai d’abord penser a un cancer du sein qui est assez courant chez les femmes , j’ai consulté chez une gynécologue pour en savoir plus mais les résultats étaient positifs , d’après  elle  j’e n’avais rien mais  j’insistais sur la douleur, cela n’a rien changé a ses yeux et m’a demandé de ne pas trop m’inquiéter , je m’étais dis alors que c’étaient de simples douleurs passagères  et que je n’avais pas a me soucier. C’est alors que j’ai commencé a toussé, le médecin m’a prescrit des antibiotiques mais sans résultats. Devant l’aggravation du signe clinique, une amie infermière m’a accompagnée à l’hôpital. Le médecin des me demanda une radio du thorax qui objectiva une tache au niveau du poumon droit avec épanchement pleural, c’est  à ce moment la que tout  a basculé dans ma vie, les il m’a alors orienté vers  le pneumologue. Un scanner thoracique  et une endoscopie bronchique avec biopsie ont   confirmé la maladie du hodgkin. » 

Est-ce que le bilan a été effectué à  l’hôpital même ?

« Ah, ça  a été le parcours du combattant, aucun examen n’a pu être fait a l’hôpital, pire encore j’ai du me déplacer à Oran pour la biopsie et l’examen anatomopathologique. Ce qui est dramatique c’est qu’à l’hôpital on ne vous donne pas de rendez-vous avant au moins un mois pour effectuer votre bilan, et encore ce dernier n’est jamais complet. Comme un malheur ne vient jamais seul, à cette périodes les médecins de l’hosto étaient en grève. Ce qui m’a contraint  a me rabattre sur les laboratoires et  les cliniques de radiologies du secteur privé. »

Qu’en est-il des frais dû au suivi ?

« La biopsie m’a couté   25000 Da, son analyse m’a couté 15000Da, le premier scanner 7000 Da et le deuxième  18000 Da, de plus je fais  souvent  d’autres analyses  qui me reviennent à chaque foie à plus de 10000Da »

 Ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre de payer de telles sommes

« Rassurez-vous nous ne sommes pas aussi riche que vous le pensez, j’ai du dépenser toutes nos économies. Ceci a même crée  des conflits chez moi. Mes frères m’ont demandé  de  faire les bilans  à l’hôpital quitte a attendre des mois. Je considère que j’ai beaucoup de chance d’avoir diagnostiqué précocement ma maladie car beaucoup de gens n’ont pas  ces moyens la, et le retard du diagnostic cause quotidiennement la mort de beaucoup de gens malheureusement. »

Arrivez-vous à vous procurer le traitement nécessaire facilement ?

« Tout dépend du médicament en fait, certains sont disponibles, d’autre quasi-inexistants chez nous, l’autre problème c’est la cherté du médicament en Algérie, à titre d’exemple mon médecin m’a prescrit quinze ampoule de LOVENOX  que j’ai acheté au prix de 1000Da l’unité ; de plus ils sont   difficile a trouver… Ici a Sidi Bel Abbes j’ai cherché partout sans résultat et comme d’habitudes chez nous, nous avons du faire appel à des connaissances pour se les procurer. »

Votre hospitalisation  s’est elle bien déroulée, a-t-on bien pris soin de vous ?

« De ce coté là j’avoue que médecins et infirmiers sont très dévoués, ils font de leurs mieux pour que le séjour des malades a l’hôpital ne soit pas très pénible, mais il faut reconnaitre que nos hôpitaux sont dans un état  de salubrité tel qu’ils n’inspirent guère au repos. Après, mes séances de chimiothérapies m’ont épuisé.

 

Qu’en est-il de vos proches ? Ont-ils changé de comportement? Pensez vous que votre maladie a affecté vos relations ?

 

« Vous savez le cancer m’affecte physiquement et psychologiquement mais j’arrive à y faire face tant bien que mal, le drame c’est de se sentir abandonné par ses proches : Aucun de mes frères n’a daigné m’accompagner à Oran .Pire, mon autre frère qui y réside m’a refusé l’ébergement sous prétexte que j’avais peut-être  une maladie contagieuse. Dieu merci mes deux frangines m’ont été d’une aide précieuse  sur tous les plans. Quand a mes amis, j’en reconnais qu’une miette .. Pourtant mon cancer n’est pas contagieux, notre communauté peut-être cruelle parfois, mais la vie est faite ainsi si je me laisse vaincre par ces idées , je risque de dépérir, je garde le sourire et je regarde les bons cotés de la chose, j’ai découvert   que les personnes qui m’aiment vraiment se comptent sur les bouts des doigts, j’ai surtout appris qu’on se plaignait de choses tellement futiles, et j’ai appris a connaitre la valeur de chaque chose ,  je n’ai aucun complexe,  je continue ma chimiothérapie et je garde espoir de vaincre ma maladie un jour , d’autant plus que les médecins m’ont rassuré. Il parait que prés de  90% des cas sont guérissables quand ils sont pris à temps, j’espère que c’est mon cas… »

Vous donnez l’impression de positiver en toutes circonstances

« J’aimerai profiter de cette occasion  pour donner un conseil au gens. Soyez positifs, ayez la foi, si dieu m’a donné cette maladie, il la reprendra surement un jour, avec.. ou sans moi,  , priez pour moi, c’est tout ce que je demande.»

                  

 

 

Voici le témoignage d’une femme qui pour les mêmes raisons à préféré garder son anonymat.

     UN VOYAGE QUI  M’A SAUVE LA VIE.

 

«  Je suis une femme, mère de trois  enfants. Lors d’un séjour en France, j’ai eu un malaise cardiaque dans la rue, rapidement l’ambulance du SAMU me transféra aux urgences médicales les plus proches. Après avoir effectué un bilan et une coronarographie, on m’a mit en place deux stents à fin de désobstruer mes artères coronaires, malheureusement on a découvert fortuitement une masse a coté de mon cœur,  suite à quoi des examens radiologiques TDM, IRM thoracique et un pet scan,  (Il consiste à injecter un produit légèrement radioactif qui va se fixer sur les tumeurs et/ou métastases) ont été pratiqués.)

Ce pet scan a permit de confirmer l’existence d’un thymome, une tumeur au niveau du thymus, j’ai du patienter  six mois avant de faire mon opération car  j’était cardiaque et sous PLAVIX.. »

Avec du recul, comment a été votre prise en charge hospitalière en France ? « Tout a été très rapide, j’étais avec ma fille quand je suis tombé et le SAMU n’a pas tardé a venir, j’ai été opérée immédiatement, même si tout était payant,   on  nous a réclamé l’argent qu’après m’avoir soigné complètement du malaise, ils sont très humains».

Et pour votre cancer du thymus ?  Où avez-vous suivi le traitement ?

«  Et bien c’est un cancer très rare, surtout que le thymus se trouve entre le cœur et les poumons, ils ont même étudié mon cas lors de la  réunion de comité nationale  sur le thymome, et six mois après je me suis faite opérée.

Pour tout vous dire, vu que  j’habite en Algérie, c’est le médecin lui-même  qui me prenait des rendez-vous pour chaque exploration. il ne me restait plus qu’a prendre l’avion pour passer mes tests et revenir chez moi ».

N’avez-vous pas essayé de  vous faire soigner en Algérie ? Je parle de l’opération.

«  Si, bien évidemment, mais tout les médecins que j’ai vu m’ont suggérer  d’aller me faire opérer  à l’étranger, beaucoup d’entre eux ne connaissaient pas l’existence de ce cancer très rare.. Mais je me rappellerai toujours d’un médecin qui a failli mettre ma vie en danger: il voulait m’opérer  le jour même de la consultation, sans prendre en considération que j’étais sous PLAVIX  et sans  prendre connaissance de mes antécédents médicaux. »

Mais dans le cas ou vous n’aviez pas suffisamment de moyens pour financer votre opération, comment les choses se seraient déroulées?

« Personne n’a pu  prendre ses responsabilités ici en Algérie, je pense que si j’avais pas  suffisamment d’argent pour me faire opérer en France, je serais surement morte aujourd’hui, je pense que l’état doit délivrer des prises en charges médicales aux patients dés lors que la maladie en cause ne peut pas être prise en charge par nos services de santé. »

 

Les soins en France restent tout de même excessivement chers, l’état français ne propose-t-il pas d’aide financière ?

«  L’état français prend en charge ces propres citoyens parce qu’il a mit en place un filet social très solide. Dans mon cas, c’était impossible.

Pour finir votre témoignage, quels sont les répercutions de la maladie  sur votre vie ? Et sur la relation avec votre entourage ?

 «  Pour tout vous dire, quand j’ai su que j’avais une tumeur, j’étais abattue. Mais les médecins français m’ont tout de suite rassuré et ce malgré la difficulté de l’opération. Ils m’ont fait savoir que je ne devais subir ni chimiothérapie ni radiothérapie, ce qui m’a redonné de l’espoir.

Quand à mes proches, tout le monde était présent pour moi, mon mari, mes enfants et mes amis, j’avais un énorme soutient moral et je n’oublierai jamais ça, j’ai vaincu  mon cancer, j’en suis très heureuse et je remercie  tous ceux qui étaient présents pour moi ».

Voulez-vous rajouter quelque chose ?

«Oui, j’aimerais  dire que l’assurance voyage qu’on nous exige avant le départ ne m’a été d’aucune utilité. Elle se devait de prendre en charge mes frais de soins d’urgence ce qu’elle a refusé de  faire, je me réserve le droit de faire  un procès judiciaire à cette agence.

Belkacem Samy KAIDI

Partenariat Réd-DIG-"Liberté" (#RDL)/Alumni (HEC)


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