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L’Algérie profonde / Est

Des pseudo-agriculteurs engrangeraient des fortunes indûment

Annaba : fraude sur les crédits RFIG dans les communes rurales

De faux contrats de location de terres agricoles ont été établis pour l’obtention de crédits. © D.R

“Ce sont des dizaines de faussaires qui sucent le Trésor public. Il en est parmi eux qui n'ont rien à voir avec le monde agricole et qui ont pu valider des contrats virtuels avec la complicité des présidents d'assemblées communales sans scrupules”, s’offusque Messaoud Nadir Ahcen-Djaballah.

Un élu de la chambre d'agriculture de Annaba, outré par la dimension outrancière des indus bénéficiaires des crédits RFIG dans les communes rurales de la wilaya côtière, particulièrement celle de Chorfa, est monté au créneau pour dénoncer ce qu'il qualifie de détournement des deniers publics. Documents à l'appui, Messaoud Nadir Ahcen-Djaballah, qui est un membre de ladite chambre d'agriculture au sein de laquelle il occupe la fonction de chargé de la communication, pointe un doigt accusateur vers la tutelle qui, bien qu'informée officiellement de la situation, a fermé les yeux sur les agissements des fonctionnaires des mairies et des pseudo-agriculteurs qui pillent systématiquement le Trésor public en usant de faux contrats de location de terres agricoles sur la base d'attestations sous seing privé signées par des propriétaires de la région, heureux ainsi de s'enrichir illicitement en échappant au contrôle du fisc algérien, puisque lesdits contrats ne sont de fait pas publiés officiellement. “Ce sont des dizaines de faussaires, connus de tous pour leur cupidité insatiable, qui sucent le Trésor public chaque année par le biais de ces pratiques frauduleuses. Il en est parmi eux qui n'ont rien à voir avec le monde agricole et qui ont pu valider des contrats virtuels, avec la complicité des présidents d'assemblées communales sans scrupules. Une fois en possession de ces faux documents, les pseudo-agriculteurs n'ont plus qu'à introduire des demandes de prêt RFIG auprès de la BADR pour l'exploitation prétendue de centaines d'hectares, et le tour est joué”, s'offusque ce jeune élu, devenu la bête noire des services agricoles et de ses pairs de la chambre d'agriculture. “Le préjudice causé à la banque est gigantesque et se chiffre par dizaines de millions de dinars sous forme de matières premières, d'intrants agricoles et d'engrais qui sont récupérés par les faussaires et qui sont revendus ni vu ni connu aux vrais exploitants des wilayas limitrophes”, soutient notre interlocuteur. Et de s'alarmer sur le danger que peut représenter la revente sous le manteau des engrais phosphatés, des produits dont la mise à disposition est soumise à une grande précaution, du fait qu'ils sont composés de matière explosive et qu'ils peuvent être utilisés à des fins autres qu'agricoles, souligne-t-il. Furieux devant l'absence de réaction de la tutelle et des pouvoirs publics avec à leur tête le wali de Annaba auxquels il a adressé plusieurs lettres de dénonciation des magouilles évoquées, M. Ahcen-Djaballah dit toutefois n’en pas démordre et assure qu'il continuera à démasquer les fraudeurs et leurs soutiens dans l'administration. “Je sais que je suis dans le vrai et personne ne pourra me dissuader d'agir pour le bien des honnêtes agriculteurs, qui m'ont accordé leur confiance en m'élisant comme l'un de leurs représentants au sein de la chambre d'agriculture. Je sais aussi que mes camarades de la chambre, tout particulièrement le président, n'ont d'autre préoccupation que de trouver le moyen de me faire taire, mais je suis fort de mes convictions, je n'ai cure de leurs menaces et de celles des gens dont je dérange les magouilles”, nous confie-t-il en espérant que sa voix sera entendue au plus haut.


A. Allia 

 


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