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L’Algérie profonde / Est

Dr Guissous Mokhtar, chercheur à l’université de Bordj Bou-Arréridj

“La biofertilisation, une alternative aux engrais chimiques”

Les agriculteurs ont recours à des méthodes bio pour amender les sols. © D.R.

Des agriculteurs bordjiens ont recours aujourd'hui à des méthodes bio pour amender les sols, désherber, éloigner ou éliminer les insectes.

L’Algérie a des atouts pour développer son agriculture, mais toutes ses terres n'étant pas aussi fertiles qu'on le croit, l'option de leur enrichissement par des méthodes bio avance de plus en plus. En zone des hauts plateaux, souvent arides, les terres agricoles manquent de matières organiques, et même dans le nord, des régions réputées pour leurs sols fertiles ont besoin d’être boostées. Mais pas à n'importe quel prix, puisque ces dernières années, l’introduction des produits chimiques à outrance dans notre agriculture a provoqué des maladies chez le consommateur. Après cette vague d’herbicides et d’engrais chimiques qui ont pollué et détruit plusieurs terres et cultures, des agriculteurs bordjiens ont recours aujourd'hui à des méthodes bio pour amender les sols, désherber, éloigner ou éliminer les insectes. L'emploi de solutions “vertes” pour fertiliser la terre n'est pas nouveau. Traditionnellement, les agriculteurs utilisaient des légumineuses, des insectifuges et insecticides faits à partir de plantes (graines, feuilles, écorces, etc.), d'eau et de savons naturels, si possible d'origine locale, pour permettre aux maraîchers de ne pas dépenser trop d'argent. Pour en savoir plus, nous avons approché un spécialiste dans le domaine, Dr Guissous Mokhtar, chercheur à l’université Bachir-Ibrahimi de Bordj Bou-Arréridj, qui nous explique qu’un biofertilisant est un produit contenant des micro-organismes vivants qui contribue à améliorer la croissance des plantes. Il optimise les fonctions du sol et sa fertilité grâce à l’action des micro-organismes qu’il contient. Mais le sol ne joue pas uniquement le rôle de “réservoir à nutriments” pour les végétaux, il s’agit d’un écosystème complexe. Même s’il possède un “capital nutritionnel” conséquent, une fraction des apports servant à nourrir la plante peut être immobilisée, donc indisponible pour celle-ci. C’est à ce stade qu’interviennent les micro-organismes du sol. Ils participent à des mécanismes permettant d’améliorer la biodisponibilité des nutriments, favorisant ainsi le développement de la plante. Les biofertilisants sont donc des produits composés des micro-organismes vivants, qui disposent de propriétés permettant de stimuler la croissance des plantes. Pour aider les végétaux, ils agissent notamment sur les réserves de nutriments immobilisés dans le sol ou dans l’atmosphère. Tout fertilisant désigné comme bio ou utilisable en agriculture biologique n’est ainsi pas nécessairement un biofertilisant. Plusieurs types de biofertilisants peuvent être différenciés, en fonction des micro-organismes qui les composent. À l’heure actuelle, les micro-organismes identifiés comme ayant les propriétés les plus intéressantes pour une utilisation agricole sont les suivants : les bactéries fixatrices d’azote, les bactéries solubilisatrices de phosphore et les champignons mycorhiziens. L’utilisation de biofertilisants permet d’apporter une réponse concrète aux enjeux actuels, et constitue une alternative naturelle à l’utilisation d’engrais “chimiques”. Dans le domaine de la nutrition des plantes, les progrès des techniques agricoles se sont centrés depuis une soixantaine d’années sur l’amélioration des propriétés physico-chimiques des sols. Compte tenu des enjeux de productivité de l’agriculture, l’intérêt de son fonctionnement biologique était devenu secondaire. Mais les données socio-économiques de production agricole (raréfaction et enchérissement des intrants, respect de l’environnement, changement climatique…) imposent désormais de prendre en compte le fonctionnement biologique de notre sol. Le sol est une matière vivante composée d’une grande quantité de micro-organismes qui disposent de fonctions et d’intérêts différents. Soutenir cet élément vivant est donc primordial pour que les pratiques agricoles n’altèrent pas son fonctionnement et les multitudes de ressources qu’il nous offre.


Chabane BOUARISSA

 


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