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L’Algérie profonde / Est

Une équipe de recherches à pied d’œuvre à Sétif

La numérisation préventive pour protéger les biens culturels

Une équipe d’architectes procédant à la numérisation de sites et monuments historiques. © A. Loucif/Liberté

“Cette technique permet non seulement d’obtenir une empreinte numérique préventive de l’objet en vue de sa conservation, mais aussi une action nécessaire pour une éventuelle future restauration suite à une dégradation quelconque”, expliquera Pr Hamza Zeghlache.

Le patrimoine matériel, qui regroupe l’ensemble des monuments, sites historiques, objets d'art, mobilier, ensembles architecturaux, représente l’identité et la mémoire collective de chaque patrie. Pour la protection et la sauvegarde de ces monuments et biens culturels, une équipe de recherche pluridisciplinaire relevant du laboratoire d’architecture méditerranéenne (LAM) de l’université Ferhat-Abbas (Sétif 1) a présenté, lors du Salon national des produits de la recherche qui s’est tenu à la Safex (Alger) début juillet, un procédé innovant de numérisation au scanner laser. Selon Pr Hamza Zeghlache qui dirige cette équipe de recherche, le procédé présenté est une première en Algérie et il est mis au service du patrimoine matériel qui constitue une cristallisation de la mémoire collective. “Cette technique présente un double avantage aux monuments et biens culturels, car elle permet non seulement d’obtenir une documentation dotée de métadonnées, voire une empreinte numérique préventive de l’objet en vue de sa conservation, mais aussi une action nécessaire pour une éventuelle future restauration suite à une dégradation quelconque”, expliquera-t-il. Pour illustrer l’utilité de cette technique, notre interlocuteur a donné un exemple sur la fontaine de Aïn Fouara, à Sétif. Selon lui, cette fontaine qui a subi un acte de vandalisme en décembre 2017 a fait l’objet d’une expertise numérique accompagnée d’une restitution numérique 3D de l’état d’origine en vue de sa restauration. “Une opération de numérisation préventive a été effectuée par notre équipe de recherche en mars 2017. C’est grâce à cette empreinte originale que l’opération de restitution de la fontaine de Aïn Fouara a été rendue possible”, précise-t-il, tout en indiquant que les chercheurs ont effectué une restauration numérique de l’objet avant et après détérioration par nuage de points laser et de texture 3D, à partir du relevé scanner laser. Par la suite, ajoute-t-il, ils ont procédé à un traitement de données par une expertise des altérations structurelles et esthétiques de la statue de la fontaine, accompagnée d’une analyse de la fontaine. Ainsi, plusieurs opérations de numérisation ont été effectuées par les chercheurs de cette entité de recherche, a indiqué Pr Zeghlache. “Nos chercheurs ont réalisé la numérisation de l’amphithéâtre de Djemila, du mausolée de Sidi El-Khier, du tombeau numédian Scipion et de Aïn Fouara dans la wilaya de Sétif. Cette opération de numérisation a touché aussi le minaret de la mosquée Agadir, dans la wilaya de Tlemcen, l’église de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj et Bab Fouka, dans la wilaya de Béjaïa”, précise-t-il. Notre interlocuteur a souligné qu’il est grand temps de créer un centre de numérisation des monuments et biens culturels en Algérie pour les protéger et les sauvegarder tout en précisant que “la numérisation préventive du patrimoine s’est avérée plus que nécessaire, car l’expérience vécue de la fontaine de Aïn Fouara qui a subi une dégradation sauvage demeure une leçon à méditer et nous laisse comprendre que le patrimoine matériel en général n’est pas à l’abri soit des catastrophes naturelles (séisme, incendie) ou bien des conflits humains de tous genres”. Avant de conclure : “La numérisation du patrimoine culturel a des répercussions économiques, car elle joue un rôle prépondérant dans l’industrie touristique, un revenu hors hydrocarbures certain.”


A. LOUCIF


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