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L’Algérie profonde / Est

Le scorpion sème la peur à Bordj Bou-Arréridj

La prévention fait encore défaut

Chaque année, des centaines de personnes meurent suite à une piqûre de scorpion. © D.R

Depuis le début de l’été, les communes d’El-Euch et de Rabta, au sud de la wilaya, ont enregistré 80 cas, dont un mortel.

Le scorpion continue de semer la mort parmi la population de Bordj Bou-Arréridj, surtout celle des régions sud de la wilaya, alors que la saison estivale s'annonce sous-tendue par une forte chaleur qui laisse supposer une forte propension de l'envenimation scorpionique. Cette dernière constitue un réel problème de santé publique dans la région, tant par sa fréquence que par sa gravité. Et pour cause. Chaque année, des centaines de cas sont enregistrés. Depuis le début de l’été, les communes d’El-Euch et de Rabta, au sud de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj, ont enregistré 80 cas, dont un mortel. Malgré la mise en place de la stratégie nationale de lutte contre les piqûres et les envenimations scorpioniques, il y a quelques années, le combat contre ce fléau est loin d'être gagné. C'est dans cette optique que le secteur de santé de Bordj Bou-Arréridj a organisé les 25, 26 et 27 juillet une campagne à ce sujet, dans les communes concernées. Distribution de brochures aux professionnels de la santé comme au grand public, interventions directes avec la population, discours dans les mosquées. Cette campagne de sensibilisation et de prévention se veut encore plus poignante que les précédentes et, surtout, comme l'indique son nom de baptême, “Un été sans piqûres de scorpions”, axée sur le danger que représentent ces arachnides pour la population. Les appels lancés par la DSP au début de chaque saison estivale se sont usés avec le temps et ne produisent aucun effet sur les collectivités locales et les populations, lesquelles attendent une intervention plus coordonnée et plus accentuée des pouvoirs publics pour une lutte plus appropriée et concrète contre l'envenimation. “Chaque année, il y a des campagnes de sensibilisation qui sont chargées que de mots et de dépliants”, dira un habitant de la commune d’El-Euch et victime d’une piqûre de scorpion en début d’été. “Et toutes les brochures et les discours du monde ne suffiront pas à eux seuls, encore une fois, à sauver les vies. Nous voulons une lutte efficace”, ajoute-t-il. Certaines des victimes de piqûres de scorpions arrivent malheureusement trop tard pour être secourues. Les proches de la victime se débrouillent alors avec les moyens du bord, chacun y allant de son “remède-miracle millénaire”, sans se douter un seul instant du danger qu'il fait courir au blessé : garrot (risque de gangrène et donc d'amputation du membre piqué), incision et scarification (risque de diffusion du venin et d'infection) ou encore succion (risque d'envenimation de celui qui la pratique), la bonbonne de gaz butane (asperger la piqûre de gaz), poser l’ail sur la piqûre... sont parmi les traitements traditionnels les plus connus. La faute à l'ignorance, clameront certains. Mais surtout à une répartition inégale des structures et des effectifs hospitaliers, la plupart des douars étant situés à des dizaines de kilomètres au moins du dispensaire sommaire le plus proche, et l'écrasante majorité des centres de prise en charge des intoxiqués se trouvant uniquement dans les grandes villes. “Nous demandons aux autorités d’équiper notre commune au moins d’une ambulance pour évacuer les victimes à temps”, dira Hakim, un habitant du village d’El-Medjaz, un douar limitrophe de la wilaya de M’sila. L’autre point soulevé par la population est celui de la création d’un centre de production de sérum antiscorpionique. “Avec ce centre, des habitants de la région vont trouver des emplois en ramassant ces insectes tout en se protégeant”, propose un président d’une association locale.
Des chercheurs en biologie de l'université Bachir-El-Ibrahimi proposent, pour réduire l'impact de ce fléau sur la santé de la population et l'économie du pays, “la création d’un institut du scorpion” qui prendra en charge toutes les pistes d’études et de recherche.


Chabane BOUARISSA


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