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L’Algérie profonde / Est

Journée mondiale de lutte contre le cancer célébrée à Bordj Bou-Arréridj

La prévention, la meilleure arme

Plus de 14 millions de personnes atteintes du cancer chaque année dans le monde. © D.R.

Cet événement vient nous rappeler les effets dévastateurs de cette maladie qui, selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé), est la première cause de mortalité dans le monde.

Cette année, l'accent est porté autour d'un thème fort “Nous pouvons. Je peux”. Parce que nous avons tous un rôle à jouer contre le cancer, qui touche chaque année dans le monde plus de 14 millions de personnes. Il fait beaucoup moins parler de lui, mais il tue. Pourtant, il se soigne, si l’on prend conscience de l’utilité d’un dépistage précoce permettant d’arriver à une guérison. Tayeb, Sofiane, Akli, Assia, Zohra, Fayrouz, Tassaâdit, difficile de vous citer tous ces ami(e)s, pères, mamans, belles-sœurs, épouses, arrachés à notre affection par un tueur silencieux après de longs mois de souffrance. Stoïques, ils ont souffert le martyre dans le silence pour éviter de bouleverser les habitudes de leurs proches, pour rassurer leurs enfants et leur entourage. Au final, ils ne sont plus là aujourd’hui. À la phase terminale du cancer, la mort est une délivrance tant la souffrance est atroce. C’est cruel de voir un être cher souffrir de la sorte et se sentir impuissant de faire quoi que ce soit pour le soulager. Sinon prier pour que Dieu atténue cette souffrance. L’augmentation de la fréquence des cancers concerne toutes les tranches d’âge, donc les enfants et les sujets jeunes. Ainsi, les cancers du sein concernent des femmes de plus en plus jeunes (avant 40 ans), et les cancers de la prostate des hommes de plus en plus jeunes (avant 50 ans). “Si se soigner est vital, il faut aussi trouver l’origine de cette maladie”, rappelle Zineb, l’une des rares survivantes du fléau, d’autant plus que “nous possédons tous ce cancer qui dort en nous comme un volcan”. Et généralement, un choc émotionnel important ou un stress permanent peut être à l’origine de son réveil. Cependant, beaucoup de cancérologues pensent que le plus grand responsable serait la pollution environnante ainsi que tous ces nouveaux matériaux que l’industrie emploie pour évoluer et surtout pour rentabiliser ses productions alimentaires et technologiques. Il est évident que beaucoup de travail est aujourd'hui entrepris pour cerner toutes les facettes du cancer, que ce soit dans le domaine du diagnostic, des protocoles thérapeutiques, du suivi ou des facteurs de risques. Dans cet ordre d'idées, plus nous connaîtrons tous les aspects liés à une meilleure connaissance des liens entre cancers, liés à l’alimentation, l’environnement, les modes de vie, et type de prise en charge, et mieux nous pourrons entreprendre une riposte qui sera à même de pouvoir protéger les hommes et les femmes de notre pays contre ce fléau. Les facteurs de risque du cancer sont connus, il s'agit entre autres de l'alcool, le tabac, l’alimentation, la pollution, le manque d'activité physique... Ces facteurs aggravants peuvent être corrigés. Grâce à des stratégies appropriées, un tiers des cancers les plus fréquents (sein, côlon-rectum, trachée, bronches et poumons) pourrait être évité. “Le cancer n'est pas une fatalité, c'est pourquoi chacun devrait savoir que près de 50% des cancers sont évitables si on adopte de bonne attitude, si on mène une vie saine et équilibrée et si on lutte efficacement contre les principaux facteurs de risques, tels le tabagisme, l'alcoolisme, la sédentarité, la pollution, l'obésité...”, disent les spécialistes. “Quand on parle du cancer aujourd'hui, on parle d’un cas sur deux de guérison ou de rémission. Tous les indicateurs sont là pour témoigner que, dans notre pays, la lutte contre cette maladie trop longtemps perçue comme une fatalité se transforme petit à petit en un immense chantier de la vie”, disent les responsables de la santé de la wilaya. “La lutte contre le cancer dans notre pays a connu des avancées certaines, des progrès constants, la perception et le visage du cancer ont changé. La lutte contre ce fléau est devenue une cause nationale”, ajoutent-ils. “Il y a des centres d'oncologie ultramodernes dotés de la très haute technologie, la construction et l'équipement de centres de diagnostic spécialisés, des centres de traitement régionaux dans les villes qui ont pour objectif de faciliter aux malades l'accès aux soins”, précisent-ils. Mais pour les malades, la réalité est dure ! Le manque de médicaments, les rendez-vous très espacés et l’insuffisance des centres de radiothérapie ainsi que de chimiothérapie sont leur lot quotidien. “Même les antidouleur ne sont pas disponibles dans les pharmacies”, dira une malade. “Les médicaments manquent, les responsables rassurent, pendant ce temps des cancéreux continuent de mourir”, regrette-t-elle. “Quand un cancéreux attend plus de quatre mois pour faire une autre séance de radiothérapie, ça veut simplement dire qu’il a tout le temps de mourir. Car, durant cette période, les poisons injectés dans son corps auront aggravé son état”, rappelle-t-elle En plus, dira notre interlocutrice, il faut combattre la fausse idée qui concerne la mortalité du cancer. Aujourd'hui, grâce aux progrès réalisés par la médecine, aux médicaments innovants, bon nombre d'entre eux peuvent aujourd'hui être guéris. Prévention et dépistage se traduisent par de meilleurs résultats pour les patients. Les dépistages précoces du cancer du sein et du col de l'utérus ont ainsi permis de réduire considérablement ces maladies. “La prévention est la meilleure arme contre le cancer. Nous avons pris énormément de retard dans le domaine de la lutte contre le cancer. Nous avons pendant longtemps baissé les bras face à ce fléau, mettant tout sur le compte de la fatalité, du «mektoub». Or il est aujourd'hui scientifiquement prouvé que de très nombreux cancers peuvent être évités en limitant certaines agressions résultant de notre environnement et de nos comportements. Aujourd'hui, on dispose de connaissances étendues sur les causes du cancer, les interventions pour sa prévention et la prise en charge de la maladie”, a-t-elle martelé. “Nous pouvons. Je peux.”


Chabane BOUARISSA

 


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