L’Algérie profonde / Est

Après l'effondrement d'une maison à Beida Bordj (Sétif)

La qualité du ciment mise en cause

De nombreuses bâtisses se sont effondrées.© D. R.

Cette situation remet sur la table le problème du ciment qui serait frelaté et qui a été utilisé pour la construction de plusieurs projets privés et publics dans la wilaya.

L’effondrement d’une construction individuelle dans la commune de Beïda Bordj, au sud de la wilaya de Sétif, a remis sur la table le problème du ciment qui serait frelaté et qui a été utilisé pour la construction de plusieurs projets privés et publics dans la wilaya de Sétif. En effet, alerté par cet état de fait, un habitant dont la dalle de sa maison s’est effondrée dernièrement et qui s’est retrouvé à la rue, a indiqué qu’il n’y a aucun doute que la qualité du ciment est derrière ce drame. 
Les déclarations de la victime sont confirmées par un bureau d’études spécialisé qui a effectué l’expertise et l’analyse du ciment utilisé pour la réalisation des grands ouvrages du chantier, notamment les longrines, les poteaux et la dalle ainsi que l’auscultation dynamique des structures de la bâtisse. Ces dernières ont révélé que le ciment est d’une très mauvaise qualité. Selon un ingénieur en génie civil, même s’il est difficile de connaître avec précision la marque qui est mise en cause, car généralement les entreprisses utilisent différentes qualités de ciment, il n’est pas écarté que la qualité de toutes les marques produites depuis deux ans environ est mise en cause, à cause des différents intrants importés par le même fournisseur qui seraient incriminés. Il est signalé aussi que plusieurs citoyens propriétaires de constructions individuelles réalisées durant cette période se plaignent de la friabilité du béton et ciment utilisés dans la réalisation de leurs maisons. Ils ont tiré la sonnette d’alarme quant au danger qui les guette et qui met leur vie en danger. De son côté, un responsable au service technique de l’APC de Beïda Bordj a indiqué que les citoyens doivent se rapprocher du bureau d’études pour effectuer les expertises nécessaires et, du coup, essayer de trouver une solution ou, le cas échéant, évacuer leurs maisons. Par ailleurs, outre une quarantaine de constructions à Beïda Bordj et la bourgade de Zraia qui menaceraient ruine, nous avons appris de sources concordantes que même des bordures des trottoirs de la ville de Beïda Bordj commencent à s’effriter. 
Il est noté aussi que l’absence de recours des réalisateurs de maisons individuelles au contrôle technique de leurs constructions respectives rendrait difficile, voire impossible le recours aux pouvoirs publics pour faire valoir leurs droits, d’autant plus que plusieurs marques sont pointées du doigt.
 

Faouzi Senoussaoui