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L’Algérie profonde / Est

Bordj Bou-ArrÉridj

La ville croule sous les ordures

La ramassage des ordures ne se fait qu’une fois par semaine. ©D. R.

La ville de Bordj Bou-Arréridj ressemble de plus en plus à une poubelle géante.

Mobilisation de tous les secteurs étatiques et privés, changements de poubelles, de nombreux numéros verts, nouveaux arrêtés municipal et de wilaya concernant l’hygiène… autant de mesures visant à nettoyer la capitale des Biban qui semble attachée à sa saleté. Mais pourquoi rien ne semble marcher ? Où sont les élus communaux devant l'amoncellement des détritus ?
Autant de questions que le citoyen se pose, sans trouver de réponse devant l’ampleur et la pérennité de ce phénomène. En effet, la ville de Bordj Bou-Arréridj ressemble de plus en plus à une poubelle géante. Dans certains quartiers, le camion passe tous les jours, dans d’autres ça varie entre 2 et 3 jours. Malgré tous ces efforts, on voit qu’il y a un certain nombre de personnes qui préfèrent jeter leurs poubelles au bord de la rue, dans un endroit isolé, les jardins publics et même dans les champs.  Certains vont même jusqu’à brûler leurs déchets pour éviter de sentir les mauvaises odeurs, mais les conséquences sont bien plus graves qu’on ne le pense. Autre phénomène qui accroche le regard du passant mais malheureusement pas celui des élus et des responsables, c'est la saleté des trottoirs et des façades des constructions qui semble ineffaçable. “J'aimerais qu'on m'explique pourquoi sont-ils délaissés au point de devenir noirs ou ocres ?”, se demande un citoyen soucieux de la qualité de vie dans la ville. “Avant, les trottoirs étaient refaits au bout de plusieurs années et le coup de balai quotidien suffisait à leur garder la propreté. Est-ce une histoire de matériaux défectueux, est-ce que la qualité actuelle des trottoirs reflète le choix des élus pour ce qui est communément appelé des économies de bouts de chandelle et qui est une facette de la mauvaise gestion ?”, s’interroge le citoyen lambda. Pour cerner ce fléau qui perdure, nous avons interrogé quelques habitants de la ville. Hamid, médecin généraliste, dira que “dans notre société, le problème d’hygiène commence tôt. À la maison, par exemple, on ne lave pas son assiette après avoir mangé, c’est maman qui s’en occupe. On met son chewing-gum dans la bouche et on jette son enveloppe, car de toute façon quelqu’un d’autre est payé pour le ramassage. Quand ce n’est pas un agent de nettoyage, c’est quelqu’un qu’on pense être plus propre que nous.”  Pour Salem, un agent d’entretien : “Un balayeur a beau passer une journée à décrasser une rue, les trous dans les trottoirs où se mêlent sable, mégots de cigarettes et crottes séchées nous rappelleront que la capitale des Biban a besoin de plus qu’un coup de balai.”
Pour Sofiane, étudiant à l’université Bachir-Ibrahimi : “Si autant de démunis fouillent dans les poubelles à la recherche d’objets vendables, c’est qu’ils ont l’habitude d’en trouver. Au lieu de jeter ses vieux vêtements avec les restes de son couscous, pourquoi ne pas les donner directement à ceux qui en ont besoin ? Quant au tri sélectif, en parler ici relèverait de la science-fiction…” Aldjiya, cadre dans une administration ajoute : “Tant que nos rues ne disposeront pas de vespasiennes payantes et religieusement nettoyés, nous serons condamnés à fermer nos narines le temps de traverser les ruelles sombres. Et il ne s’agit pas là que d’un crime masculin pour des raisons anatomiques évidentes. Nous avons vu, de nos propres yeux vu une vieille femme en pleine défécation dans une ruelle sans issue. Tous ces cris de colère ont pour but de pousser les responsables à y répondre ou du moins à écouter. Ce qui pourrait ébranler la forteresse de leur impunité car la saleté n’est pas une fatalité dans nos villes et nos villages.”

Chaabane Bouarissa


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