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L’Algérie profonde / Est

Malgré les interventions des agents de l’ordre à Annaba

Le commerce informel envahit la Coquette

Les habitants d’Annaba renouent avec le commerce illicite et les étalages anarchiques de marchandises. © D.R

L’occupation de tous les coins et recoins et même d’une grande partie de la chaussée des rues et ruelles du centre-ville par ces centaines de camelots pourrait susciter l’attention d’une clientèle, mais elle n’en est pas moins invivable pour les riverains, qui n’arrivent même plus à rentrer ou à sortir de chez eux.

Débarrassés, pendant des mois, du phénomène du commerce illicite, les habitants d’Annaba renouent avec les étalages anarchiques de marchandises et le spectacle désolant de ces trottoirs inaccessibles aux piétons. L’occupation de tous les coins et recoins et même d’une grande partie de la chaussée des rues et ruelles du centre-ville par ces centaines de camelots pourrait susciter l’attention d’une clientèle, mais elle n’en est pas moins invivable pour les riverains, qui n’arrivent même plus à rentrer ou à sortir de chez eux sans risquer d’être pris à partie par les squatteurs. 


Des témoins rapportent des scènes absurdes d’altercation entre ces derniers et les locataires des immeubles, qui tentaient de se frayer un chemin avec toutes les peines du monde entre les étals de fortune. Des sources affirment que les prises de bec ont dégénéré à de nombreuses reprises en échanges de propos injurieux et même en bagarres, sous le regard blasé des policiers en faction dans les quartiers cités, notamment au niveau de la rue Gambetta et du rond-point d’El-Hattab.

On se doit de signaler que les agents de l’ordre public ont su se montrer efficaces, quand il s’est agi de chasser, sur injonction expresse du wali et du chef de sûreté de wilaya d’Annaba, les marchands ambulants et les vendeurs à la sauvette. Des interventions énergiques, qui n’étaient que conjoncturelles, en fait, puisqu’à chaque fois les camelots revenaient à la charge et occupaient de nouveau l’espace public pour en faire un bazar à ciel ouvert, que l’on voit aujourd’hui, jusqu’autour du Cours de la révolution.

Les parties de cache-cache qui s’ensuivent s’accompagnent souvent de la saisie des marchandises exposées sur les caisses empilées les unes sur les autres en guise de tables ou étalées à même le sol. Les plus téméraires d’entre les vendeurs à la sauvette, des jeunes désœuvrés venus pour la plupart des communes avoisinantes, tentent de résister à cor et à cri aux policiers, qui leur confisquent sans ménagement leurs produits.

Certains d’entre ceux-ci, plus agiles ou mieux expérimentés, réussissent parfois à se soustraire à l’intervention des services de l’ordre et à prendre la fuite, emportant avec eux les vêtements et accessoires qu’ils proposaient à la vente. Les marchands ambulants de fruits et légumes n’ont, quant à eux, aucune chance d’échapper au quadrillage des agents de police, le cas échéant.

Et on en est là à constater que les chaussées, les trottoirs et les squares de la ville côtière sont toujours livrés à la merci du commerce de rue, au grand dam des vrais commerçants, qui sont les premiers à dénoncer cette situation désolante. “Il n’empêche pourtant pas de reconnaître que les marchands ambulants qui squattent les rues et occupent le domaine public peuvent être considérés comme de véritables acteurs de la vie économique de la ville.

À ce titre et au lieu de les réprimer et de tenter de les évincer, il faudra étudier la meilleure manière possible de les intégrer dans le circuit commercial légal, en les canalisant et en leur aménageant des espaces dynamiques où ils pourront activer en contrepartie des redevances de location”, suggère l’un des chefs de service de la direction du commerce de wilaya.

Ce responsable objecte, toutefois, que la faiblesse de l’engagement des autorités dans ce domaine et les habitudes de consommation fortement attachées à l’achat dans la rue pourraient faire échouer l’expérience.

 


A. Allia   


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