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L’Algérie profonde / Est

Port de Annaba

Mouvement de grève illimité des transitaires

Les transitaires dénoncent l’insécurité, la corruption et les agissements d’une horde sauvage qui impose une sorte d’omerta. ©Liberté

Depuis mardi et à l’exception des mouvements des voyageurs par car-ferry, l’activité portuaire est totalement paralysée en raison d’un mouvement de grève lancé par les transitaires.

Depuis le mois de janvier dernier, le port de Annaba est l’objet de scandales aussi retentissants les uns que les autres. En effet, en l’espace de deux mois, cette infrastructure a été éclaboussée par cinq affaires sordides, allant de l’importation frauduleuse de rond à béton, de sucre, de munitions et de vulgaires chiffons jusqu’au pillage de conteneurs.
Ceci avant de sombrer dans un mouvement de protestation des transitaires contre l’insécurité et la corruption. Ainsi, depuis mardi et à l’exception des mouvements des voyageurs par car-ferry, a-t-on constaté sur place, l’activité portuaire est totalement paralysée en raison d’un mouvement de grève lancé par les transitaires. Les transitaires dénoncent l’absence d’une prise en charge sécuritaire au port depuis plusieurs mois, et évoquent les agissements d’une horde sauvage, digne de la Camorra, qui impose une sorte d’omerta.
De fait, ces déclarants en douane assurent qu’ils ne reprendront pas le service, tant que les responsables du service de manutention continueront de fermer les yeux sur la situation de déliquescence avancée qui caractérise le port de la Grenouillère tout particulièrement. “Nous avons lancé un mouvement de grève illimitée avec pour principal objectif : mettre un terme à l’impunité et briser la loi de l’omerta imposée par une nouvelle race de manutentionnaires, originaires de la vieille ville (place d’Armes) et du quartier Seybouse (ex- Joannonville), dont certains sont des repris de justice notoires”, a annoncé le représentant de quelque 300 médiateurs, en grève depuis quatre jours déjà. Notre interlocuteur n’y va pas de main morte à l’endroit des responsables de l’Entreprise portuaire de Annaba (EPA), qui demeurent à ses yeux la principale source de tous les problèmes qui entravent le bon fonctionnement des activités portuaires. “À l’intérieur du port, c’est la pagaille totale, et rares sont ceux qui échappent aux griffes des manutentionnaires corrompus. Beaucoup d’entre nous sont invités, chaque fois, à payer obligatoirement, cash et à l’avance, la dîme au profit des manutentionnaires, pour espérer voir notre marchandise chargée à bord des camions. Si tu oses protester ou ne pas casquer, le clarck sera déclaré automatiquement en panne. La seule chose qui te permettra d’éviter les tracasseries et les lenteurs administratives, tu dois débourser, de gré ou de force, sinon tu n’obtiens rien”, ont tenu à témoigner de nombreux transitaires, rencontrés lors du mouvement de protestation contre l’insécurité. Un mouvement qui a été déclenché à la suite d’une bagarre qui a opposé un “clarckiste” à un transitaire. Ce dernier a déposé plainte après avoir refusé, selon ses collègues, de se soumettre aux exigences dudit manutentionnaire.
Grave, cette affaire l’est à plus d’un titre, s’il s’avère que ces accusations sont vraies, et mérite une enquête en profondeur pour mettre un terme à une situation qui, au fil des jours, devient incontrôlable. Approchés à ce sujet, les responsables de l’EPA ont refusé de répondre à nos interrogations. Le directeur de l’EPA, seul responsable en mesure de nous répondre, n’était pas disponible ; en réunion, dit-on, avec les travailleurs de l’entreprise, lesquels eux aussi ont protesté en exigeant, entre autres, l’augmentation des salaires et une nouvelle réglementation concernant le mouvement des transitaires à l’intérieur du port. Nous apprenons de sources sécuritaires, par ailleurs, que tous les manutentionnaires, auxquels l’accès de l’enceinte portuaire a été interdit, ont été invités à restituer leurs badges. Une affaire à suivre.

B. B.


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